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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2203251

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2203251

mardi 27 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2203251
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème Chambre
Avocat requérantLAURENT-NEYRAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 octobre 2022, Mme D B, représenté par Me Laurent-Neyrat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2022 par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Gard de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail en vue du réexamen de son dossier, sous astreinte de 100 euros par jour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

S'agissant de la décision de refus de séjour :

- la décision attaquée est signée par une autorité incompétente ;

- la décision attaquée méconnaît le principe du contradictoire ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit ; le préfet a fait abstraction du droit acquis par l'ancienneté de la vie commune et de la naissance d'un enfant de cet union en application des dispositions des articles L. 423-3 et L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 423-3, L. 423-6 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle aurait dû se voir délivrer une carte de résident et non un titre de séjour pour une validité de deux ans le 8 juillet 2019 dès lors qu'elle résidait en France avec son époux français depuis plus de trois années ; elle est restée mariée avec son époux d'août 2014 au 30 juin 2021, date de cessation de la vie commune ;

- la décision attaquée méconnait son droit au respect de la vie privée et familiale et les intérêts supérieurs de son enfant ;

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée n'est pas spécialement motivée ; le préfet n'a pas procédé à un examen personnalisé de sa situation ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.

La préfète du Gard soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées le 6 décembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi, dès lors qu'en application des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français l'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention du 1er août 1995 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal sur la circulation et le séjour des personnes ;

- l'accord du 23 septembre 2006 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoires et l'avenant à cet accord signé le 25 février 2008 ;

- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante sénégalaise, née le 28 février 1988, est entrée en France le 26 janvier 2016 munie d'un visa D " conjoint de français " valable du 19 janvier 2016 au 19 janvier 2017. Son visa long séjour valant titre de séjour lui a été renouvelé par deux fois pour une durée de deux années en 2017 et 2019. Elle demande l'annulation de l'arrêté du 15 juin 2022 par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. Frédéric Loiseau, secrétaire général de la préfecture, qui disposait, aux termes de l'arrêté réglementaire du 3 janvier 2022, publié au recueil des actes administratifs du même jour et consultable sur le site internet de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer notamment tous arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département du Gard, en toutes matières, à l'exception des réquisitions prises en application du code de la défense, de la réquisition des comptables publics régie par le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, et des arrêtés de conflit. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

4. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles.

5. Dès lors que la décision attaquée portant refus de séjour intervient en réponse à la demande de titre de séjour présentée par la requérante, cette dernière ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration à l'appui de ses conclusions dirigées contre cette décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration soulevé par la requérante ne peut qu'être écarté comme inopérant.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. ". Aux termes de l'article L. 423-3 du même code : " Lorsque la rupture du lien conjugal ou la rupture de la vie commune est constatée au cours de la durée de validité de la carte de séjour prévue aux articles L. 423-1 ou L. 423-2, cette dernière peut être retirée. Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française ".

7. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de son mariage le 25 août 2014 au Sénégal avec un ressortissant français, Mme B est entrée sur le territoire français le 26 janvier 2016 et a obtenu un visa de conjoint de français d'une durée d'un an valable pour la période du 19 janvier 2016 au 19 janvier 2017, renouvelée deux fois pour une durée de deux années jusqu'au 9 juillet 2021. Elle a sollicité, le 16 juin 2021, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-1 du code des relations entre le public et l'administration. Pour lui refuser la délivrance de ce titre de séjour, la préfète soutient que l'époux de Mme B a déposé plainte à son encontre le 11 juin 2021 pour violences conjugales auprès du commissariat de Nîmes, que la requérante est connue des services de police pour des faits de violence sur mineur de 15 ans sans incapacité survenus le 9 juin 2021 et que le couple est officiellement séparé depuis le 30 juin 2021, M. C entreprenant une procédure de divorce. Par suite, Mme B, qui a effectivement indiqué lors de sa demande de titre de séjour être séparée de son époux et qui n'établit pas avoir elle-même été victime de violences conjugales, n'est pas fondée à soutenir que la préfète aurait méconnu les dispositions précitées en lui opposant l'absence de communauté de vie effective, ou aurait commis à cet égard une erreur manifeste d'appréciation.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un ressortissant français se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans à condition qu'il séjourne régulièrement en France depuis trois ans et que la communauté de vie entre les époux n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français. La délivrance de cette carte est subordonnée au respect des conditions d'intégration républicaine prévues à l'article L. 413-7. Elle peut être retirée en raison de la rupture de la vie commune dans un délai maximal de quatre années à compter de la célébration du mariage. Toutefois, lorsque la communauté de vie a été rompue par le décès de l'un des conjoints ou en raison de violences familiales ou conjugales, l'autorité administrative ne peut pas procéder au retrait pour ce motif. En outre, lorsqu'un ou des enfants sont nés de cette union et sous réserve que l'étranger titulaire de la carte de résident établisse contribuer effectivement, depuis la naissance, à l'entretien et à l'éducation du ou des enfants dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, l'autorité administrative ne peut pas procéder au retrait au motif de la rupture de la vie commune. ".

9. D'une part, si Mme B soutient que la carte de séjour qui lui a été délivrée le 8 juillet 2019 pour une durée de deux ans méconnaît les dispositions précitées, et qu'elle aurait ainsi alors dû bénéficier d'une carte de résident, ce moyen est inopérant à l'encontre de la décision du 15 juin 2022 attaquée dans le présent litige.

10. D'autre part, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la communauté de vie entre les époux a cessé depuis le mariage. En outre, Mme B, qui a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'établit pas que son mariage, célébré à l'étranger, aurait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français.

11. Par conséquent, elle ne pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit également être écarté.

12. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. D'abord, s'il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée en France régulièrement au cours de l'année 2016, comme il a été dit, elle confirme la rupture de la vie commune avec son époux français. Elle ne démontre pas une insertion sociale et professionnelle particulière et ne sera pas isolée au Sénégal, son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge d'au moins vingt-huit ans. Par suite, eu égard à la durée et aux conditions de séjour de Mme B, la décision attaquée n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales précité.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination :

15. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français :/ () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ;/ () ". L'article 371-2 du code civil dispose : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. () ".

16. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est mère d'une enfant de nationalité française née le 9 décembre 2016 et qu'elle contribue à son éducation et à son entretien, alors que l'implication du père dans l'entretien ou l'éducation de cet enfant n'est pas démontrée. Dès lors, Mme B entre dans le champ d'application des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'opposant à ce qu'une décision portant obligation de quitter le territoire français soit prise à l'encontre du parent d'un enfant français mineur résidant en France qui établit participer à son entretien et à son éducation. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, Mme B est fondée à en demander l'annulation.

17. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 15 juin 2022 par laquelle la préfète du Gard lui a fait obligation de quitter le territoire français, ainsi que, par suite, l'annulation des décisions subséquentes fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination de la mesure d'éloignement .

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

18. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à la date du jugement : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

19. Eu égard au motif d'annulation retenu et après examen de tous les autres moyens, le présent jugement implique seulement que la préfète du Gard procède au réexamen de la situation de Mme B et lui délivre dans l'attente de ce réexamen, l'autorisation provisoire de séjour prévue par les dispositions susmentionnées de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre à la préfète d'y procéder dans un délai de trois mois.

Sur les frais liés au litige :

20. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Mme B formées sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions attaquées du 15 juin 2022 de la préfète du Gard, obligeant Mme B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Gard de réexaminer la situation de Mme B dans le délai de trois mois à compter de la date de notification du présent jugement et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à Me Barbara Laurent-Neyrat et à la préfète du Gard.

Délibéré après l'audience du 13 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,

Mme Bala, première conseillère,

M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2022.

La rapporteure,

K. A

Le président,

J. B. BROSSIER

La greffière,

E. NIVARD

La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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