mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203270 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | PROIX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 octobre et le 2 novembre 2022, M. E D, représenté par Me Proix, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel la préfète du Gard lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et prononcé une interdiction de retour d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel la préfète du Gard l'a assigné à résidence pendant une durée de 45 jours renouvelable ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Gard de réexaminer sa situation dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre à préfète du Gard de prendre tout mesure propre à mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen procédant à son interdiction de retour sur le territoire, dans le délai de 2 mois à compter du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision a été prise par une autorité non habilitée ;
- elle est insuffisamment motivée, ce qui révèle une absence d'examen individuel de sa situation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'absence de délai de départ volontaire :
- la décision a été prise par une autorité non habilitée ;
- elle est insuffisamment motivée, ce qui révèle une absence d'examen individuel de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en méconnaissance des articles L. 612-2 et L.612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision a été prise par une autorité non habilitée ;
- elle est insuffisamment motivée, ce qui révèle une absence d'examen individuel de sa situation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
- la décision a été prise par une autorité non habilitée ;
- elle est insuffisamment motivée, ce qui révèle une absence d'examen individuel de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en méconnaissance des articles L. 612-6, L. 612-7 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'assignation à résidence :
- la décision a été prise par une autorité non habilitée ;
- elle est insuffisamment motivée, ce qui révèle une absence d'examen individuel de sa situation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
La requête a été communiquée à la préfète du Gard.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Chevillard, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 décembre 2021 :
- le rapport de M. F,
- les observations de Me Proix, représentant M. D qui reprend les moyens de la requête, et de M. D.
- la préfète du Gard n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant Algérien né le 29 mai 1989 en Algérie, est entré en France en janvier 2022, selon ses déclarations. M. D a fait l'objet, par un arrêté de la préfète du Gard en date du 27 octobre 2022, d'une obligation de quitter sans délai le territoire et d'une interdiction de retour d'un an. Par un arrêté du même jour, la préfète du Gard l'a assigné à résidence sur le territoire du département du Gard pour une durée de 45 jours renouvelable. M. D demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués :
2. L'arrêté attaqué portant obligation de quitter le territoire et interdiction de retour a été signé par Mme C G, attachée principale d'administration de l'Etat, cadre d'appui chargée des questions migratoires auprès de la directrice de l'accueil, des migrations et de l'intégration de la préfecture du Gard. L'arrêté attaqué portant assignation à résidence a également été signé par Mme C G. A la date de ces arrêtés, Mme G disposait, en vertu de l'article 2 de l'arrêté du préfet du Gard n° 30-2019-02-04-005 en date du 4 février 2019, régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de l'Etat dans ce département n°30-2019-026 du même jour, aisément accessible tant au juge qu'au requérant, d'une délégation de signature lui permettant de signer au nom du préfet les décisions portant éloignement des étrangers en situation irrégulière, interdiction de retour sur le territoire français et assignation à résidence, en cas d'absence ou d'empêchement de délégataires dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'ils n'auraient pas, à cette même date, été absents ou empêchés. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des arrêtés précités doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens de la requête :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que, d'une part, elle vise les textes utiles, notamment l'article L. 611-1-1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sur lesquels s'est fondée la préfète du Gard et, d'autre part, elle comporte les motifs de fait relatifs à la situation de M. D, la préfète n'étant pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la vie privée et familiale en France de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En deuxième lieu, et contrairement à ce que soutient le requérant, il résulte de cette motivation que la préfète du Gard a procédé à un examen personnalisé de la situation de M. D préalablement à l'édiction de cette décision.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. M. D soutient être entré en France en 2022 et vivre en France avec une ressortissante algérienne avec qui il s'est marié religieusement sur le territoire français. Toutefois, le contrat de bail, la quittance de loyer pour le mois de juin 2022, les factures d'un fournisseur d'énergie pour le mois de juillet 2022, le document de la caisse d'allocation familiale, les attestations et les photographies produites par le requérant sont insuffisantes pour démontrer une présence en France suffisamment longue ainsi qu'une communauté de vie. Tel est également le cas du contrat de travail de l'épouse, des bulletins de salaires pour l'année 2022 et de la promesse d'embauche produits par le requérant. Dans ces conditions, en l'obligeant à quitter le territoire français, la préfète du Gard n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni entaché son refus d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Pour les mêmes motifs, la préfète du Gard n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de l'intéressé.
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
7. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que, d'une part, elle vise les textes utiles, notamment les article L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sur lesquels s'est fondée la préfète du Gard et, d'autre part, elle comporte les motifs de fait relatifs à la situation de M. D, la préfète n'étant pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la vie privée et familiale en France de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
8. En deuxième lieu, et contrairement à ce que soutient le requérant, il résulte de cette motivation que la préfète du Gard a procédé à un examen personnalisé de la situation de M. D préalablement à l'édiction de cette décision.
9. En dernier lieu, termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet () ". Aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que M. D est entré irrégulièrement en France en 2022 et s'y est maintenu sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour. Par ailleurs, le requérant ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. En se bornant à se prévaloir de ce qu'il vit en France avec une ressortissante algérienne avec laquelle il n'est pas civilement marié à la date de la décision attaquée, le requérant ne fait part d'aucune circonstance particulière au sens des dispositions mentionnées au point précédent et n'est donc pas fondé à soutenir qu'aucun risque de fuite n'est caractérisé en ce qui le concerne. Pour les mêmes motifs, la préfète du Gard n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de l'intéressé.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
11. En premier lieu, l'arrêté en litige fait mention des motifs utiles de droit et de fait qui constituent le fondement de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. D. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que cette décision serait insuffisamment motivée.
12. En deuxième lieu, et contrairement à ce que soutient le requérant, il résulte de cette motivation que la préfète du Gard a procédé à un examen personnalisé de la situation de M. D préalablement à l'édiction de la décision attaquée.
13. En dernier lieu, compte-tenu de ce qui a été dit au point 6, la préfète du Gard n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni entaché son refus d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ". Enfin, aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
15. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
16. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
17. L'arrêté en litige fait mention des motifs utiles de droit et de fait qui constituent le fondement de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. D. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que cette décision serait insuffisamment motivée.
18. En deuxième lieu, et contrairement à ce que soutient le requérant, il résulte de cette motivation que la préfète du Gard a procédé à un examen personnalisé de la situation de M. D préalablement à l'édiction de cette décision.
19. En troisième lieu, les circonstances dont le requérant fait état ne présentent aucun caractère humanitaire et ne font ainsi pas obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Dans ces conditions, en fixant à un an la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. D, la préfète du Gard n'a pas entaché sa décision attaquée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation.
20. Compte-tenu de ce qui a été dit au point 6, la préfète du Gard n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni entaché son refus d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête, tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel la préfète du Gard a fait obligation à M. D de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et prononcé une interdiction de retour d'un an, doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
22. Aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction issue de l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020 entrée en vigueur le 1er mai 2021: " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". L'article L. 732-4 du même code dispose que : " Lorsque l'assignation à résidence a été édictée en application des 1°, 2°, 3°, 4° ou 5° de l'article L. 731-3, elle ne peut excéder une durée de six mois ".
23. En l'espèce, par les pièces qu'il produit, M. D justifie, à la date de la décision attaquée, résider chez Mme A B, 1 rue Albert Samain à Nîmes. Ainsi, en fondant exclusivement la décision attaquée sur une telle absence de justification, la préfète du Gard a entaché l'arrêté attaqué assignant l'intéressé à résidence pour une durée 45 jours renouvelables, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
24. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que M. D est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel la préfète du Gard l'a assigné à résidence pour une durée 45 jours renouvelables.
Sur les autres conclusions :
25. En premier lieu, ce qui précède n'implique pas qu'une injonction soit faite à la préfète du Gard. Par suite, les conclusions de la requête présentées à ce titre doivent être rejetées.
26. En dernier lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une quelconque somme au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E
Article 1 er : L'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel la préfète du Gard a assigné M. D à résidence pour une durée 45 jours renouvelables est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E D, à la préfète du Gard et à Me Proix.
Lu en audience publique le 8 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
F. F
La greffière,
M-E. KREMER
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026