mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203406 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GARDERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 novembre 2022, le syndicat des copropriétaires de la résidence Les Mélèzes, représenté par Me Franc, demande au juge des référés :
1°) de désigner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, un expert chargé de se prononcer sur les travaux opérés par les entreprises sur les parties communes de la résidence privée Les Mélèzes, de chiffrer les coûts de remise en état de ces parties dans leur état antérieur à l'occupation et à la dégradation desdites parties et de chiffrer le préjudice de jouissance de cette occupation sans autorisation ;
2°) condamner la communauté d'agglomération du Grand Avignon au paiement de la somme de 1 600 euros en application de l'article L. 161-1 du code de la justice administrative ;
3°) condamner la communauté d'agglomération du Grand Avignon aux entiers dépens.
Il soutient que :
- sous la direction du Grand Avignon des travaux ont été réalisés par l'entreprise EHTP ENG sur les réseaux d'eaux potables, usées et pluvial de l'avenue Monclar à Avignon ont été réalisés au cours de l'année 2021 ;
- dans le cadre de ces travaux, les entrepreneurs ont utilisé sans autorisation l'esplanade sise devant la résidence du 77-79 avenue Monclar, afin d'entreposer les engins de chantier et du matériel pendant plus de trois mois et demi ;
- les membres du conseil syndical de la résidence les Mélèzes ont constaté à l'issue du chantier la dégradation de l'enrobé rouge situé sur les parties communes privées de la résidence ;
- le 29 novembre 2021, Me Levy, commissaire de justice a établi un procès-verbal établissant les dégradations résultant de l'entreposage sus indiqué ;
- les entrepreneurs à l'issue des travaux ont déposé de la clapicette pour maquer les dommages, ce qui peut causer des chutes notamment pour les utilisateur de trottinette ;
- le 15 mars 2022, un devis a été établi, les travaux de réfection pour mettre fin aux désordres commis par les prestataires s'élèvent à la somme de 21 753,60 € TTC ;
- les 29 novembre 2021 et 7 janvier 2022, le syndicat a mis en demeure le cabinet d'études Merlin et la société EHTP ENG, en précisant que la société EHTP ENG n'avait pas remis à sa place le gros bloc de béton et le poteau de stationnement qui ont été retiré ;
- le 15 février 2022, la société EHTP ENG a répondu en disant qu'elle avait réalisé les travaux sous la direction de la communauté d'agglomération et qu'il fallait prendre contact avec eux ;
- le 18 mai 2022, le syndicat a mis en demeure la communauté d'agglomération afin qu'ils exécutent les travaux de reprise selon le devis du 15 mars 2022 ;
- la communauté d'agglomération n'a pas répondu à cette mise en demeure.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2023, la communauté d'agglomération du grand Avignon, représenté par Me Gardère, conclut :
1°) de prendre acte de ses protestations et réserves d'usage ;
2°) d'attraire à la cause le cabinet Merlin et l'entreprise EHTP ;
3°) d'ajouter aux missions de l'expert la mission de se faire communiquer tous documents et pièces utiles par les parties à l'expertise, s'agissant de la délimitation entre la voie publique et la propriété privée, au droit de la copropriété les Mélèzes, 77-79 avenue Monclar à Avignon ;
4°) rejeter, dans tous les cas, la demande à l'encontre du grand Avignon d'avoir à verser la somme de 1 600 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la mise dans la cause du cabinet Merlin et de l'entreprise EHTP est nécessaire car les travaux ont été réalisés sous la maîtrise d'œuvre du cabinet Merlin par l'entreprise EHTP ;
- il est utile d'ajouter un chef de mission compte tenu de la configuration des lieux ;
- le grand Avignon, le cabinet Merlin et l'entreprise EHTP ont agi de bonne foi dans ce dossier et ne doivent pas être condamner à payer les frais de justice.
La présente procédure a été communiquée à Merlin ingénieurs conseils et l'entreprise EHTP Provence Alpes le 30 mars 2023, qui n'ont pas produit d'observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
2. La prescription d'une mesure d'expertise en application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise dans le cadre d'une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d'un acte médical, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier, et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée.
3. En l'espèce, l'expertise demandée par le syndicat des copropriétaires de la résidence les Mélèzes est utile et entre dans le champ d'application des dispositions citées au point 1. Par conséquent, il y a lieu d'y faire droit et de fixer les missions de l'expert comme à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les dépens :
4. Aux termes de l'article R.761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 761-1 du code de justice administrative qu'il appartient au seul président de la juridiction de désigner la ou les parties qui assumeront la charge des frais et honoraires d'expertise, après l'accomplissement de celle-ci. Dès lors, en l'état de l'instruction, les conclusions présentées à ce titre par le syndicat des copropriétaires de la résidence les Mélèzes doit être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative :
6. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
7. Il n'y a pas lieu, à ce stade de la procédure, de faire droit aux conclusions du syndicat des copropriétaires de la résidence Les Mélèzes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A B, domicilié 1019 chemin de Ventabren, 30000 Nîmes est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se faire communiquer et prendre connaissance de toutes les pièces utiles à l'accomplissement de sa mission, notamment le procès-verbal du 29 novembre 2021, le devis du 15 mars 2022 ainsi que tout document relatif à la propriété des espaces en cause ;
2°) se rendre sur place, en présence de l'ensemble des parties ;
3°) décrire la nature et l'étendue des désordres affectant la propriété du syndicat des copropriétaires de la résidence les Mélèzes, en précisent la date de leur apparition et leur fréquence ;
4°) indiquer s'il existe un doute ou une contestation sur la propriété des espaces en cause ;
5°) donner tous les éléments utiles d'appréciation, accompagné d'un avis motivé, sur la ou les causes des désordres constatés et, en cas de causes multiples, indiquer la part d'imputabilité à chacune d'entre elles ;
6°) fournir au juge tous les éléments lui permettant d'apprécier l'étendue des préjudices subis par les copropriétaires de la résidence les Mélèzes et, notamment, l'évaluation du coût et de la durée des travaux nécessaires à réparer les désordres ;
7°) préconiser les travaux nécessaires pour prévenir de nouveaux dommages ;
8°) donner tous les éléments permettant de déterminer les responsabilités encourues et les préjudices de toute nature subis par les copropriétaires de la résidence les Mélèzes.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : L'expertise aura lieu en présence du syndicat des copropriétaires de la résidence les Mélèzes et de la communauté d'agglomération du grand Avignon.
Article 4 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires avant le 30 novembre 2023 dont un exemplaire sous format numérique. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 6 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de la résidence les Mélèzes et à la communauté d'agglomération du grand Avignon et à M. A B, expert.
Fait à Nîmes, le 20 juin 2023.
Le juge des référés,
P. PERETTI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026