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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2203525

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2203525

jeudi 15 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2203525
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantSCP GOUTAL ALIBERT & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2022, Mme B A, représentée par Me Leturcq, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 30 septembre 2022 par laquelle le conseil département du Gard a prononcé une sanction du 3ème groupe d'exclusion temporaire de fonction de deux ans à son encontre, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au conseil départemental du Gard de la réintégrer dans ses fonctions dans l'attente du jugement au fond à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du département du Gard une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est recevable ;

- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu des effets de la mesure contestée sur sa situation personnelle et financière ;

- sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige les moyens tirés de :

* la décision a été signée par une autorité incompétente ;

* la décision attaquée ainsi que l'avis du conseil de discipline sont insuffisamment motivés ;

* la décision est entachée de vice de procédure, dès lors, d'une part, qu'en l'absence de signature et de date de celle-ci, il est impossible d'établir la régularité de la procédure disciplinaire notamment de la date de réunion du conseil de discipline dans la durée de deux mois à compter de la saisine par la collectivité, d'autre part, l'absence de communication de l'intégralité des documents composant l'enquête administrative ainsi que des faits reprochés ne permettent pas de garantir une procédure contradictoire à la requérante ;

* la décision est entachée d'erreur de droit, compte tenu de la prescription de certains faits reprochés ;

* la décision est entachée d'erreur de fait, dès lors que la matérialité des faits reprochés à Mme A n'est pas établie ;

* la décision est entachée d'erreur de qualification juridique des faits, d'une part, les faits reprochés ne sont pas constitutifs d'une faute disciplinaire, d'autre part, la sanction prononcée est disproportionnée au regard notamment de la personnalité de l'agent.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 décembre 2022 le département du Gard, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme A de la somme de 2 500 euros au titre des frais d'instances.

Il soutient que :

-la condition d'urgence n'est pas satisfaite ;

- aucun moyen de la requête n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige ;

* la décision a été signée par une autorité compétente ;

* la décision attaquée ainsi que l'avis du conseil de discipline sont suffisamment motivés ;

* la requérante a été informée de la procédure disciplinaire menée à son encontre ;

* les faits reprochés ne sont pas couverts par la prescription disciplinaire ;

* la sanction n'est pas disproportionnée, notamment au regard des faits reprochés ;

* la décision n'est pas entachée d'erreur de fait.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 10 novembre 2022 sous le numéro 2203411 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code pénal ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 9 décembre 2022 à 10 h tenue en présence des parties :

- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés ;

- les observations de Me Michel pour Mme A, qui maintient ses écritures ;

- les observations de Me Kaczmarczyk pour le département du Gard, qui maintient ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " ;

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Mme A est fonctionnaire territoriale titulaire depuis 2007 au grade de conservatrice en cheffe du patrimoine affectée au Conseil départemental du Gard. Par une décision du 30 septembre 2022, le conseil département du Gard a prononcé une sanction du 3ème groupe d'exclusion temporaire de fonction de deux ans à son encontre.

4. En l'état de l'instruction les moyens soulevés par Mme A tirés de ce que la décision du 30 septembre 2022 par laquelle le conseil département du Gard a prononcé une sanction du 3ème groupe d'exclusion temporaire de fonction de deux ans à son encontre a été prise par une autorité incompétente, qu'elle est entaché d'un vice de forme et d'une vice de procédure, d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur de qualification juridique des faits ne sont pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision et les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner si les conditions tenant à l'urgence d'une telle mesure sont réunies.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département du Gard qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme sollicitée par le département du Gard au titre de ces mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n°2203525 de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le département du Gard en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au département du Gard.

Fait à Nîmes, le 15 décembre 2022.

Le juge des référés,

F. C

La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2203525

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