mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203559 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHABBERT-MASSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 novembre 2022, M. B C, représenté par Me Chabbert Masson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2021 par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Gard de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure dès lors que la préfète n'a pas saisi la commission du titre de séjour en violation des dispositions de l'article L. 435-1 alinéa 2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français doit être annulée en conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 décembre 2022, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 9 octobre 1987 modifié entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Chabbert-Masson, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant marocain, déclare être entré en France en 2012 sous couvert d'un titre de séjour espagnol. Le 23 avril 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 2 novembre 2021, la préfète du Gard a rejeté cette demande, a assorti son refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé pour la préfète du Gard par M. Frédéric Loiseau, secrétaire général de la préfecture qui disposait, en vertu d'un arrêté du 8 mars 2021, publié le même jour au recueil des actes administratifs n° 14 de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer, en toutes matières, tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département du Gard, à l'exception de certaines matières au nombre desquelles ne figurent pas les décisions attaquées. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".
4. D'une part, M. C soutient que la préfète du Gard a méconnu les dispositions précitées en rejetant sa demande d'admission exceptionnelle au séjour sans saisir la commission de titre de séjour. Cependant, M. C déclare être entré sur le territoire français en 2012, sans donner plus de détails sur la date exacte de cette entrée, et y avoir établi sa résidence habituelle depuis cette date. Toutefois, quand bien même cette circonstance serait établie, dès lors que sa demande d'admission exceptionnelle au séjour a été enregistrée le 23 avril 2021, elle a nécessairement été formée moins de dix ans après que le requérant ne se soit installé en France, selon ses propres déclarations, tout comme la décision attaquée qui date du 2 novembre 2021. Le moyen tiré du vice de procédure doit donc être écarté.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. C bénéficiait d'un titre de séjour espagnol qui a expiré le 30 novembre 2020. Il a fait l'objet de trois arrêtés de réadmission vers l'Espagne les 19 octobre 2015, 24 octobre 2016 et 16 mars 2017, suite à différentes arrestations par les services de police pour des faits de travail irrégulier. Il résulte des procès-verbaux d'audition dressés à la suite de ces arrestations que M. C a indiqué différentes dates d'entrée sur le territoire français en 2015, 2016, et 2017. S'il produit des preuves de sa présence en France depuis l'année 2012, à savoir principalement des factures de gaz, d'électricité, d'abonnement internet et d'eau, et un bail de location d'appartement, il n'est pas démontré qu'il se serait installé de manière définitive et continue sur le territoire français depuis cette date. Par ailleurs, M. C se prévaut de la présence en France des différents membres de sa famille et établit que son père, depuis décédé, était de nationalité française, de même que sa mère et ses deux frères. Son épouse et ses quatre enfants bénéficient enfin de titres de séjour de durées variant d'un à quatre ans. Cependant, ainsi que le fait valoir la préfète du Gard en défense, M. C ne démontre pas la réalité de sa communauté de vie avec son épouse, alors qu'il a formulé des déclarations contradictoires sur sa situation familiale dans les procès-verbaux d'audition susmentionnés. Cette dernière bénéficiant actuellement d'un titre de séjour de seulement un an valable jusqu'au 9 octobre 2023, il n'est pas certain qu'elle demeurera définitivement sur le territoire français. Par ailleurs, M. C ne démontre pas entretenir des relations avec ses quatre enfants et que sa présence auprès d'eux serait nécessaire, alors qu'ils sont majeurs et que les deux premiers ne résident plus au domicile familial. De la même manière, s'il est établi que M. C a été victime d'un infarctus en février 2021, il ne ressort pas des pièces médicales produites au dossier qu'il aurait besoin d'une assistance de la part de ses proches. Enfin, M. C n'établit pas être dépourvu d'attaches avec son pays d'origine, ou avec l'Espagne, pays pour lequel il bénéficiait d'un titre de séjour jusqu'au 30 novembre 2020. Dans ces conditions, quand bien même plusieurs membres de sa famille sont installés en France de manière régulière, M. C ne justifie pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour. Il n'est donc pas fondé à soutenir que la préfète du Gard a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
7. Ainsi qu'il l'a été dit au point 5, M. C se prévaut de la présence régulière en France des membres de sa famille sans démontrer la réalité et l'actualité de leurs relations. Il n'établit pas davantage être dépourvu de liens avec son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 32 ans au moins, ni avec l'Espagne où il bénéficiait d'un droit au séjour jusqu'au 30 novembre 2020. De la même manière, s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été victime d'un infarctus en février 2021, il n'est pas établi que, suite à cet incident, son état de santé nécessiterait qu'il soit pris en charge par ses proches, ainsi qu'il le fait valoir. Enfin, M. C ne démontre aucune insertion en France, aussi bien professionnellement que socialement. Au regard de ces éléments, le requérant ne démontre pas que la décision de la préfète du Gard de refuser de l'admettre au séjour méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
8. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'exposés au point 7 s'agissant de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1 er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète du Gard.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Antolini, président,
M. Lagarde, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La rapporteure,
L. A
Le président,
J. ANTOLINILa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026