vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203586 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DUCROUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 novembre 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 16 décembre 2022, la société Free mobile, représentée par le Cabinet Pamlaw, demande au juge des référés :
1°) de prononcer, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 21 avril 2022 par laquelle le maire de la commune d'Aigues Mortes s'est opposé aux travaux qu'elle a déclarés en vue de l'installation d'une antenne de téléphonie mobile ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune d'Aigues Mortes de lui délivrer l'autorisation sollicité dans un délai d'un mois et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à défaut, de ré instruire sa demande dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Aigues Mortes la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'antenne de téléphonie mobile en cause a pour objet de combler une insuffisance de couverture des réseaux sur le territoire communal et que la décision en litige porte de ce fait atteinte à la continuité du service public et aux intérêts qu'elle a pour mission de défendre ;
- sont propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige les moyens tirés de :
* la méconnaissance des articles 1 et 2 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme (PLU) dès lors que les antennes de téléphonie mobiles y sont autorisées ;
* l'erreur de droit dès lors qu'il n'appartient pas au maire de se prononcer sur le choix d'implantation d'une antenne de téléphonie ;
* le maire ne pouvait en tout état de cause légalement lui opposer de justifier de la nécessité de l'antenne dans le dossier de la déclaration préalable ;
* l'erreur de fait dès lors qu'aucune autre antenne relais n'a été installée chemin de la Draille ;
* l'erreur d'appréciation dès lors que l'antenne relais ne porte pas atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants ;
* la demande de substitution de motif présentée en défense par la commune est vouée au rejet dès lors que la parcelle d'assiette du projet est déjà bâtie.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2022, la commune d'Aigues Mortes, représentée par Me Ducroux, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête au fond est tardive, dès lors que faute d'être signé, le recours gracieux n'a pas prorogé les délais de recours au profit de Free Mobile ; le présent référé est par suite irrecevable ;
- l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige n'est pas démontrée dès lors que les besoins de la société Free Mobile sont couverts par une antenne implantée à 1 Km de là ;
- les moyens invoqués par la société Free Mobile ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ;
- le projet méconnait en outre l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme dès lors que l'antenne en cause ne respecte pas le principe de continuité prévu au dit article.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné M. Antolini, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés ;
- la requête, enregistrée le 14 octobre 2022 sous le n° 2203106, tendant à l'annulation de la décision susvisée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune d'Aigues Mortes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 décembre 2022 à 10 heures 50 :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Me Candelier, représentant la société Free mobile, et celles de Me Nouakil, pour la commune d'Aigues Mortes.
La clôture de l'instruction a été prononcée, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.
Sur la recevabilité de la requête :
2. La commune d'Aigues Mortes soutient que le recours gracieux non signé que produit la société Free Mobile n'a pu avoir pour effet de proroger le délai de recours contentieux qui a couru à compter de la date de notification de l'arrêté contesté, soit le 22 avril 2022. Il ressort toutefois du courrier en cause, intitulé " recours gracieux contre votre arrêté d'opposition à déclaration préalable du 30 mars 2022 ", qu'il était rédigé au logo de la société Free Mobile par M. A C, en sa qualité de responsable des relations auprès des collectivités territoriales, comme le confirme la société requérante par les pièces qu'elle verse au débat. Ce courrier qui explicitait sans ambiguïté les fondements juridiques de la contestation du refus opposé à la société Free Mobile doit ainsi s'analyser comme un recours gracieux adressé en temps utile par cette société. La seule circonstance que ce recours gracieux était dépourvu de la signature de M. C n'est pas de nature à le priver de sa portée utile, et notamment de proroger les délais de recours au profit de la société Free Mobile. Dans ces conditions, la commune d'Aigues Mortes n'est pas fondée à soutenir que le recours au fond enregistré le 14 octobre 2022 sous le n° 2203106 serait tardif et que la présente requête serait en conséquence irrecevable.
Sur l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. En ce qui concerne une décision de refus d'autorisation d'urbanisme, il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi d'une demande de suspension, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets du refus de permis litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. À cette fin, l'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, en tenant compte, notamment, des conséquences qui seraient susceptibles de résulter, pour les divers intérêts en présence, de la délivrance d'un permis de construire provisoire à l'issue d'un réexamen de la demande ordonné par le juge des référés.
4. La demande de la société Free Mobile tend, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution de la décision du 21 avril 2022 par laquelle le maire de la commune d'Aigues Mortes s'est opposé aux travaux qu'elle a déclarés en vue de l'installation d'une antenne de téléphonie mobile. Eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile, quelle que soit la longueur d'onde des émetteurs, et compte tenu des besoins en couverture de la société requérante dans le secteur d'Aigues Mortes révélés par les cartes versées au débat, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie. La seule circonstance que la société Free Mobile pouvait implanter une antenne relais à un kilomètre du lieu d'implantation de son projet actuel, suite à une précédente autorisation d'urbanisme qu'elle n'a jamais mise en œuvre, n'est pas de nature à minorer l'urgence qui s'attache à son projet.
Sur le bien-fondé de la demande :
5. Il ressort des pièces du dossier que l'antenne en cause sera implantée sur une parcelle déjà bâtie, située dans un espace mité à vocation agricole où la réglementation applicable autorise notamment les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de l'erreur de droit dans l'application des dispositions combinées des articles A1 et A2 du PLU et de l'erreur d'appréciation dans l'atteinte portée aux lieux avoisinants sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. La demande de substitution de motif sollicitée en défense par la commune n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, de nature à lever ce doute sérieux. Ainsi, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision en litige jusqu'à l'intervention du jugement de la requête enregistrée le 14 octobre 2022 sous le n° 2203106.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. En application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". L'article L. 911-2 dudit code permet en outre : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ". Eu égard aux motifs qui fondent la présente ordonnance et à la portée des travaux, la suspension de la décision en litige implique que le maire de la commune d'Aigues Mortes délivre à la société Free Mobile une autorisation provisoire, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, jusqu'au prononcé du jugement au fond.
Sur les frais liés au litige :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Ces dispositions font obstacle à ce que la société Free mobile, qui n'est pas la partie perdante, verse une quelconque somme à la commune d'Aigues Mortes au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a dû exposer dans cette instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de condamner la commune d'Aigues Mortes à verser à la société Free Mobile la somme qu'elle demande sur le fondement de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E
Article 1er : L'exécution de la décision du maire de la commune d'Aigues Mortes en date du 21 avril 2022 est suspendue jusqu'à l'intervention du jugement de la requête enregistrée le 14 octobre 2022 sous le n° 2203106.
Article 2 : Il est enjoint au maire d'Aigues Mortes de délivrer une décision provisoire de non opposition aux travaux déclarés par la société Free Mobile, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile et à la commune d'Aigues Mortes.
Fait à Nîmes, le 19 décembre 2022.
Le juge des référés,
J. B
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026