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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2203730

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2203730

mardi 7 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2203730
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDE PALMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 décembre 2022 et 2 mars 2023 sous le n° 2203730, M. et Mme D et A E, représentés par Me De Palma, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 juin 2022 par laquelle le maire d'Orange a délivré à la SAS Primosud un permis de construire un ensemble immobilier de trente-trois logements, ensemble la décision du 27 septembre 2022 rejetant leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Orange la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente, faute pour le maire de justifier d'une délégation de signature ;

- le maire a méconnu les dispositions de l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune compte tenu du nombre insuffisant de places de stationnement pour les véhicules légers et pour les deux-roues par logement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, la commune d'Orange conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 280 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés les 31 janvier 2023 et 30 mars 2023, la société Primosud, et la société Orange Passerelle, représentées par Me Cros, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la requête est irrecevable ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

II°) Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 décembre 2022 et 2 mars 2023 sous le n° 2203914, M. et Mme D et A E, représentés par Me De Palma, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 octobre 2022 par lequel le maire d'Orange a transféré à la société Orange Passerelle le permis délivré à la SAS Primosud pour la réalisation d'un ensemble immobilier de trente-trois logements ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Orange la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente, faute pour le maire de justifier d'une délégation de signature ;

- le permis transféré méconnait les dispositions de l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune compte tenu du nombre insuffisant de places de stationnement pour les véhicules léger et pour les deux-roues par logement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2023, la commune d'Orange conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 1 010 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés les 31 janvier 2023 et 30 mars 2023, la société Primosud, et la société Orange Passerelle, représentées par Me Cros, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la requête est irrecevable ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées, ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Roux,

- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 21 juin 2022, le maire d'Orange a délivré à la SAS Primosud un permis de construire en vue de la réalisation d'un ensemble immobilier de trente-trois logements sur une parcelle cadastrée section AC n° 119. Par un courrier du 14 septembre 2022, M. et Mme E ont présenté un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté, lequel a été rejeté par une décision du 27 septembre 2022. Par un second arrêté du 17 octobre 2022, le maire d'Orange a transféré ce permis de construire au bénéfice de la société Orange Passerelle. Par les deux requêtes distinctes susvisées, M. et Mme E demandent l'annulation du permis de construire, de la décision ayant rejeté leur recours gracieux et de l'arrêté de transfert.

Sur la jonction des requêtes :

2. Les requêtes susvisées n° 2203730 et n° 2203914, ont été présentées par les mêmes requérants, se rapportent à des décisions d'urbanisme relatives au même projet de construction et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". Il résulte de ces dispositions combinées que le maire peut déléguer sa compétence pour délivrer les permis de construire au nom de la commune à l'un de ses adjoints à condition que les limites de cette délégation soient définies avec une précision suffisante.

4. Il résulte des dispositions des articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales que les actes réglementaires du maire, au nombre desquels figurent les arrêtés de délégation, sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé, d'une part, à leur publication ou à leur affichage et, d'autre part, à leur transmission au représentant de l'Etat.

5. Les arrêtés attaqués du 21 juin 2022 et du 17 octobre 2022 ont été signés, pour le maire d'Orange, par M. B C, troisième adjoint au maire délégué à l'urbanisme, qui bénéficiait, par arrêté n° 65-2020 du 6 juillet 2020, transmis au contrôle de légalité le 7 juillet 2020 et publié au recueil des actes administratifs de la commune de juillet 2020, d'une délégation de fonction et de signature concernant les autorisations d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.

6. Aux termes de l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les modalités de calcul, d'accès, de superficie et les caractéristiques opposables sont mentionnées à l'article DG19 du présent règlement d'urbanisme. / 1. Normes de stationnement pour les véhicules légers : Habitation : Norme imposée : 1 place pour 60 m2 de surface de plancher () / Pour toute opération de plus de 10 logements, 1 place visiteur pour 3 logements devra être prévue. / Dispositions particulières : Pour les constructions de logements locatifs financés avec un prêt aidé de l'Etat, il n'est exigé qu'une place maximum de stationnement par logement () / 2. Normes de stationnement pour les deux roues motorisées et les vélos / Habitation pour les autorisations d'urbanisme de plus de 3 logements : 1 place deux-roues par logement, dont 50% à destination des vélos ". Aux termes des dispositions de l'article DG 19 relatives aux modalités d'application des normes de stationnement : " une place deux roues est équivalente à 2 m2 au minimum ".

7. S'agissant du stationnement pour les véhicules légers, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice architecturale, que le projet autorisé par le permis en litige prévoit, d'une part, la réalisation de vingt-trois places de stationnement pour les 1 400 mètres carrés de surface de plancher totale des vingt-trois logements créés, auxquelles s'ajoutent huit places visiteurs et, d'autre part, dix places de stationnement pour les dix logements sociaux à réaliser, conformément aux dispositions précitées de l'article UD 7.

8. S'agissant du stationnement pour les deux-roues et les cycles, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice architecturale que le projet autorisé par le permis en litige prévoit, pour les trente-trois logements à réaliser, la création de dix-sept places de stationnement deux roues motorisées ainsi que dix-sept autres places destinées au stationnement des vélos, dans le respect des dispositions précitées de l'article UD 7.

9. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 7 par le permis de construire du 21 juin 2022 manquent en fait et ne peuvent, dès lors et en tout état de cause qu'être écartés en tant qu'ils sont dirigés contre cette autorisation et contre l'arrêté du 17 octobre 2022 accordant son transfert.

10. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme E ne sont pas fondés à demander l'annulation du permis du 21 juin 2021 et de l'arrêté autorisant son transfert, en date du 17 octobre 2022. Les conclusions qu'ils ont présentées à cette fin doivent, dès lors, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, être rejetées, de même, par voie de conséquence, que celles dirigées contre la décision du 27 septembre 2022 portant rejet de leur recours gracieux.

Sur les frais liés aux litiges :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la commune d'Orange qui n'est pas la partie perdant dans les présentes instances. Il y a lieu, en revanche, sur leur fondement, de mettre à la charge de M. et Mme E deux sommes de 1 000 euros au titre des frais respectivement exposés par la commune d'Orange d'une part, et les sociétés Primosud et Orange Passerelle d'autre part, et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2203730 et n° 2203914 présentées par M. et Mme E sont rejetées.

Article 2 : M. et Mme E verseront la somme de 1 000 euros à la commune d'Orange et la somme de 1 000 euros à la société Primosud et à la société Orange Passerelle en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme D et A E, à la commune d'Orange, à la société Primosud et à la société Orange passerelle.

Délibéré après l'audience du 24 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Roux, président,

M. Mouret, premier conseiller,

Mme Lahmar, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.

Le président-rapporteur,

G. ROUX Le conseiller le plus ancien,

R. MOURET

La greffière,

A. OLSZEWSKI

La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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