mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203907 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2022, la société par action simplifiée (SAS) Tresavin, représentée par la SELARL Cabinet Giudicelli, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le maire de Tresques s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux, ensemble la décision du 18 octobre 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tresques la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- le projet respecte le règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme, il ne cause aucune nuisance pour le voisinage portant atteinte à la vie quotidienne ;
- il ne présente aucune nuisance sonore, visuelle ni risque d'accident au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, la commune de Tresques, représentée par la SELARL Blanc - Tardivel - Bocognano conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Tresavin la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi en ce que la déclaration de travaux de la société Tresavin relative au changement à l'identique des menuiseries extérieures et des volets, de la réfection à l'identique de la toiture et de la pose d'un grillage rigide ainsi que d'un portail coulissant ne sont pas des travaux de construction et portent sur une construction déjà existante de sorte que les article UB 1 et UB 2 du PLU ne trouvaient pas à s'appliquer.
Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que le tribunal est susceptible de prononcer une injonction d'office tendant à la délivrance, par la commune de Tresques, d'une décision de non-opposition à la déclaration préalable déposée par la société Tresavin et de leur octroyer un délai de trois jours pour présenter leurs observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hoenen,
- les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
- les observations de Me Giudicelli pour la société requérante et de Me Ortial pour la commune de Tresques.
Considérant ce qui suit :
1. Le 11 mai 2022, la société Tresavin, a déposé auprès des services de la commune de Tresques une déclaration préalable de travaux en vue de la réfection d'une toiture, du changement des menuiseries et volets d'un bâtiment existant ainsi que la pose d'une clôture et d'un portail coulissant, sur un terrain situé 58, chemin du Peyron, parcelle cadastrée AK n° 542. Par un arrêté du 29 juillet 2022, le maire de Tresques s'est opposé à cette déclaration préalable de travaux. La société Tresavin demande au tribunal l'annulation de cet arrêté, ensemble la décision du 18 octobre 2022 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour s'opposer à la déclaration préalable déposée par la société Tresavin, le maire de Tresques a estimé que le projet ne respectait pas les dispositions des articles UB1 et UB2 applicables à la zone UB, qu'il générait des nuisances pour le voisinage portant atteinte à la vie quotidienne des habitants et qu'il méconnaissait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
3. En premier lieu, aux termes de l'article UB1 du règlement du plan local d'urbanisme de Tresques relatif aux " occupations et utilisations des sols interdites " : " Sont interdites les occupations et utilisations du sol ci-après : / Les constructions destinées à l'exploitation agricole ou forestière / () Les installations classées soumises à déclaration ou autorisation à l'exception de celles visées à l'article UB2. () " Aux termes de l'article UB2 du même règlement relatif aux " occupations et utilisations des sols soumises à des conditions particulières " : " () / Sont autorisées sous conditions : / - Les nouvelles installations classées soumises à déclaration à condition qu'elles soient compatibles avec la vie quotidienne et qu'elles ne présentent pour le voisinage aucune nuisance sonore ou visuelle ni risque d'accident () ".
4. Il ressort des termes des articles UB1 et UB2 énoncés au point précédent qu'ils prévoient les occupations et utilisations du sol interdites et autorisées sur la zone UB et sont, par suite, inapplicables au projet en cause qui ne tend pas à obtenir la création d'une installation classée en zone urbaine mais à effectuer des travaux portant sur le changement des huisseries et des volets, la réfection de la toiture et la pose d'une clôture et d'un portail sur une cave coopérative existante. Il en résulte, ainsi que les parties en ont été averties par un courrier du 8 janvier 2024, qu'en se fondant sur les dispositions des articles UB1 et UB2 du règlement du PLU pour s'opposer à la déclaration préalable présentée par la société Tresavin, le maire de Tresques a méconnu le champ d'application de la loi.
5. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. " En vertu de ces dispositions, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
6. Il ressort des termes de la décision attaquée que pour motiver son refus, le maire de la commune a indiqué au visa de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme, que le bâtiment, désaffecté depuis quatorze ans, va générer du trafic routier en entrée de ville et ainsi augmenter les risques d'accident. D'une part, l'exercice d'une activité de vinification n'est pas soumis à autorisation d'urbanisme mais à déclaration au titre des installations classées pour la protection de l'environnement. Or la société requérante indique, sans être contredite par la commune, qu'elle a déposé une telle déclaration en préfecture le 13 septembre 2021. En outre, en l'absence de changement de destination, la suspension de l'activité de vinification entre 2019 et 2022 en raison de la fermeture temporaire de la cave coopérative, n'est pas par elle-même de nature à faire perdre au bâtiment sa destination. D'autre part, l'objet de la déclaration préalable vise, ainsi qu'il a déjà été dit, uniquement à des travaux de réfection du bâtiment existant ainsi qu'à la pose d'une clôture et d'un portail, et la commune ne justifie ni même n'allègue une quelconque atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de ces travaux. Dès lors, la société requérante est fondée à soutenir que le motif tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme est illégal.
7. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen de la requête n'est pas susceptible de fonder légalement l'annulation de l'arrêté attaqué.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la société Tresavin est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Tresques du 29 juillet 2022, ensemble la décision du 18 octobre 2022 portant rejet du recours gracieux qu'elle a formé à son encontre.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
10. Dès lors que le présent jugement censure l'ensemble des motifs énoncés dans la décision attaquée et que la commune ne fait état d'aucun autre motif qui aurait pu la fonder légalement, son exécution implique nécessairement qu'il soit enjoint au maire de Tresques de délivrer une décision de non-opposition à la déclaration préalable en cause. Il y a lieu, pour ce faire, de lui accorder un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Sur les frais liés au litige :
11. En l'absence de dépens dans la présente instance, les conclusions tendant à leur remboursement ne peuvent qu'être rejetées.
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Tresavin, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par la commune de Tresques, au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposé dans cette instance. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Tresques une somme de 1 200 euros à verser à la société Tresavin au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Tresques du 29 juillet 2022 et la décision du 18 octobre 2022 portant rejet du recours gracieux formé par la société requérante sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Tresques de délivrer à la société Tresavin une décision de non-opposition à la déclaration préalable dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 3 : La commune de Tresques versera à la société Tresavin une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Tresques présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Tresavin et à la commune de Tresques.
Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nîmes.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025 à laquelle siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
La rapporteure,
A-S. HOENEN
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026