jeudi 12 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL ANDREANI HUMBERT COLLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2022 sous le n° 2203956, M. C B, représenté par Me Venezia, avocat, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 21 octobre 2022, par laquelle La Poste a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de l'exclusion temporaire de fonctions d'une durée d'un an, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à La Poste de le réintégrer et de le rétablir dans ses droits, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 1000 euros par jour de retard
3°) de mettre à la charge de La Poste la somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient, outre que sa requête est recevable, que :
*titularisé en 2001, il est responsable opérationnel au grade de CAPRO affecté à Bollène ; à la suite d'un courrier du 21 juin 2022 de M. A et d'un entretien du 22 juin 2022, il a été suspendu le 23 juin 2022 et convoqué devant le conseil de discipline lequel, réuni le 11 octobre 2022, rend un avis favorable à la sanction en litige d'exclusion temporaire des fonctions pour une durée d'un an ;
*l'urgence est caractérisée, dès lors qu'il perd tout traitement, ce qui constitue un préjudice grave et immédiat ;
*des doutes sérieux quant la légalité de la décision attaquée sont à relever, en effet :
a) la décision attaquée est insuffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 532-5 du code général de la fonction publique ; s'il est reproché des faits datés des 9 et 16 juin 2022, la troisième série de faits reprochés, relative à un " comportement inapproprié à connotations sexuelles à des dates antérieures " n'est pas datée, ce qui ne permet pas de savoir si ces faits sont atteints par la prescription triennale prévue par le code général de la fonction publique ;
b) la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors que l'avis émis par le conseil de discipline ne lui a pas été notifié ;
c) la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, dès lors que les faits à connotation sexuelle du 9 juin 2022 ou " à des dates antérieures " ne sont pas qualifiables de faute de nature à justifier une sanction disciplinaire :
.en ce qui concerne les faits reprochés du 9 juin 2022, il n'a jamais tenu de propos ou geste à caractère sexuel, ce que reconnaît la décision attaquée qui ne retient pas la qualification d'agissements à connotation sexuelle ; si la décision attaquée se borne dans ces conditions à retenir à son encontre le fait d'avoir retiré un concombre d'un panier destiné à la mission locale et d'avoir déambulé avec celui-ci en main dans le hall d'exploitation, une telle attitude ne peut être qualifiée de faute, dès lors qu'il n'a pas porté atteinte au légume en cause ;
.en ce qui concerne le comportement inapproprié à connotation sexuelle " à des dates antérieures ", outre que les fautes reprochées à l'agent doivent être datées et explicitées de façon suffisamment précise, ce qui n'est pas le cas en l'espèce comme il a été dit s'agissant du vice de motivation, il ressort de la décision attaquée qu'elle écarte la prétendue dégradation suggestive d'un masque de protection et les prétendus propos déplacés qu'il aurait tenus quant à la silhouette d'un agent de sexe féminin ; si les faits finalement reprochés sont relatifs à des propos qu'il a tenus concernant la tenue d'un agent de sexe féminin, de tels propos, qui ne constituent pas une forme de pression et qui ne relèvent pas de la séduction, ne peuvent être qualifiés de harcèlement sexuel et de faute de nature à justifier une sanction ; quant aux faits qui ont été reconnus par d'autres agents, s'il lui est reproché, en sa qualité d'encadrant, de ne pas avoir mis un terme à des pratiques anormales et irrespectueuses qui ont perdurées, cela ne saurait constituer une faute disciplinaire, alors au demeurant qu'il est le seul encadrant pour 35 agents ;
d) la décision attaquée est disproportionnée, au regard notamment de la jurisprudence en la matière :
.la décision attaquée est entachée de disproportion eu égard à la gravité de la seule faute possiblement constituée relative aux faits reprochés du 16 juin 2022 ; s'il lui est reproché d'avoir apporté de la bière vers 15 heures à des agents en plein travail, il a effectivement acheté trois bières à la demande d'un agent, en plus de glaces, mais en fin de service et compte tenu de la chaleur extrême dans le centre, La Poste ayant d'ailleurs remboursé la facture d'achat ; lui-même n'a pas bu d'alcool et trois agents ont partagé les bières ; si la décision attaquée indique que le fait d'introduire de l'alcool dans les locaux de service constitue une entrave au règlement intérieur, il ne le savait pas, n'ayant pas mesuré l'importance de son acte en introduisant trois bières en fin de service, et en tout état de cause, l'introduction de trois bières en fin de service ne peut justifier sans disproportion une sanction d'exclusion des fonctions pour une durée d'une année ;
.la décision attaquée, qui fait état avec précision de faits mineurs et non démontrés pour l'essentiel comme il a été vu, n'évoque à aucun moment ses états de service ; il a toujours donné entière satisfaction, comme le montre son évaluation au titre de l'année 2021 ; il a toujours tenté de faire de son mieux, malgré l'absence de formation et les sous-effectifs dans son centre de tri ; une pétition a même été signée par douze agents de Bollène.
Par un mémoire enregistré le 10 janvier 2023, La Poste, représentée par Me Andréani, avocat, conclut au rejet de la requête et réclame la somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en soutenant que :
*l'urgence n'est pas caractérisée, en l'absence de présomption d'urgence en la matière ;
*aucun moyen soulevé par M. B n'est susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
-la décision attaquée est suffisamment motivée en droit et en fait ;
-le moyen tiré de l'absence de communication de l'avis du conseil de discipline est inopérant ;
-les faits reprochés matériellement établis, à savoir, d'une part, des gestes et propos à connotation sexuelle tenus le 9 juin 2022, d'autre part, l'introduction de boissons alcoolisées sur le lieu de travail le 16 juin 2022, sont qualifiables de faute disciplinaire au regard respectivement, pour les faits du 9 juin 2022, des articles L. 131-3, L. 133-1 et L. 133-3 du code général de la fonction publique et de l'article 22 du règlement intérieur de La Poste, pour les faits du 16 juin 2022, de l'article R. 4228-20 du code du travail et des articles 31 et 32 du règlement intérieur de La Poste ;
-la sanction prononcée n'est pas entachée de disproportion, compte tenu des exigences d'exemplarité et d'irréprochabilité qui incombent au personnel encadrant, le requérant ayant nécessairement connaissance de ses obligations déontologiques.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général de la fonction publique ;
-le code du travail ;
-le règlement intérieur de La Poste ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Brossier, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience publique du 10 janvier 2023.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
*le rapport de M. Brossier, juge des référés ;
*les observations de Me Venezia, représentant M. B, qui a développé oralement son argumentation écrite, en maintenant l'ensemble de ses conclusions et moyens, et en précisant que :
-le seul fait pour un fonctionnaire d'être privé de tout traitement pendant un an crée une présomption d'urgence ;
-la longue et obscure motivation de la décision attaquée, une fois " détricotée ", retient comme seuls faits reprochés, d'une part, la dégradation d'un légume, d'une part, le fait d'avoir apporté trois bières en fin de service pour remercier les agents, ce qui ne saurait justifier une exclusion temporaire d'un an sans disproportion manifeste ; en réalité, il a été dénoncé par un agent qu'il avait lui-même sanctionné ; son employeur, après avoir engagé trop vite la procédure disciplinaire, s'est retrouvé devant un dossier vide ;
*les observations de Me Tosi, représentant La Poste, qui a développé oralement son argumentation écrite, en maintenant l'ensemble de ses conclusions et moyens, et en précisant que :
-il n'y a pas de présomption d'urgence en la matière ;
-la direction de La Poste s'est saisie du dossier après avoir reçu des plaintes d'agents ; les faits reprochés, établis par la vidéo-surveillance et des attestations d'agents, ne sont pas tolérables de la part d'un cadre ; le conseil de discipline a donné un avis favorable à la sanction finalement retenue.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions formées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1.Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés invoqués par M. B, développés dans ses écritures et maintenus à l'audience, n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner si les conditions tenant à l'urgence d'une telle mesure sont réunies.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
3. Les conclusions à fin suspension de M. B étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction doivent l'être également, dès lors que la présente ordonnance ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les conclusions formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de La Poste, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par M. B. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens exposés par La Poste.
ORDONNE :
Article 1er : La requête n° 2203956 de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par La Poste sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à La Poste.
Fait à Nîmes le 12 janvier 2023.
Le juge des référés,
J.B. BROSSIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026