vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2203983 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CARMIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 décembre 2022, M. B D, représenté par Me Carmier, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite née le 20 mai 2022 par laquelle la préfète du Vaucluse a rejeté sa demande de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet acte ;
2°) d'ordonner à la préfète du Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi de 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite ; son épouse, qui est titulaire d'un certificat de résidence de 10 ans, est destinée à vivre en France ; il ne peut pas travailler de manière déclarée et il risque de faire l'objet à tout moment d'une mesure d'éloignement qui aurait pour conséquence de faire éclater la cellule familiale ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision les moyens tirés de ce que :
* les motifs de la décision implicite de refus de titre de séjour ne lui ont pas été communiqués malgré sa demande le 6 juillet 2022 ;
* la décision méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
* la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée à la préfète de Vaucluse qui n'a pas produit d'observations.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, présidente de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 23 décembre 2022 sous le numéro n°2203983 par laquelle M. D demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique 16 janvier 2023 à 14h30 :
- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés,
- M. D n'étant ni présent ni représenté.
- la préfète de Vaucluse n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission de M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. M. B D, ressortissant marocain né le 4 septembre 1985, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet du 20 mai 2022 par laquelle la préfète de Vaucluse a rejeté sa demande de titre de séjour.
5. Pour justifier l'urgence d'une suspension de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète de Vaucluse sur sa demande de titre de séjour, M. D soutient que son épouse titulaire d'une carte de résident de dix ans est appelée à rester en France avec leurs deux enfants A et C nés respectivement les 6 octobre 2020 et 13 décembre 2021 et que la décision de refus l'empêche de travailler régulièrement et l'expose à devoir quitter sa famille. Toutefois, le requérant n'établit pas, par les pièces qu'il produit, d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation ou à celle de son épouse et de ses deux enfants mineurs. Dans ces conditions, les éléments dont il est fait état ne suffisent pas pour que la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative puisse être regardée comme remplie.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée est remplie, qu'il y a lieu rejeter la requête de M. D, y compris ses conclusions présentées aux fins d'injonction et d'astreinte et au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi de 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. D est admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. D est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D, à la préfète de Vaucluse et à Me Carmier.
Fait à Nîmes, le 20 janvier 2023.
Le juge des référés,
F. CORNELOUP
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2203983
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