vendredi 24 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300047 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BOUZID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 janvier 2023, M. D A B, représenté par Me Bouzid, demande au tribunal :
1)°d'annuler la décision de la préfète de Vaucluse du 3 décembre 2022 portant refus de renouvellement de son titre de séjour pluriannuel " travailleur saisonnier " et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2)°d'enjoindre à l'administration de lui délivrer un de titre de séjour " travailleur saisonnier " dans un délai de huit jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de lui délivrer un titre de séjour :
- la décision de refus de renouvellement de séjour est entachée d'incompétence et de défaut de motivation ;
- il remplit les conditions visées à l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la préfète de Vaucluse a commis une erreur de droit en ce qui concerne la comptabilisation de sa durée de séjour sur le territoire français ; à la date de la décision contestée, il a respecté ses engagements en ce qui concerne le maintien de sa résidence habituelle au Maroc et un délai de séjour cumulé ne dépassant pas 6 mois par an.
-
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- dès lors qu'il remplit les conditions visées à l'article L. 421-34 du CESEDA, aucune obligation de quitter le territoire ne pouvait lui être notifiée.
M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A B, ressortissant marocain né le 6 février 1993, est titulaire d'un titre de séjour saisonnier valable du 12 octobre 2021 jusqu'au 11 décembre 2022. Le 15 novembre 2022, M. A B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour saisonnier, le 3 décembre 2022 la préfète de Vaucluse a rejeté sa demande. M. A B demande l'annulation de l'arrêté du 3 décembre 2022 par lequel la préfète de Vaucluse a rejeté sa demande et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. Par arrêté du 1er septembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de l'Etat dans ce département n° 84-2022-083 du même jour, la préfète de Vaucluse a donné à M. Christian Guyard, secrétaire général de la préfète de Vaucluse, délégation à l'effet de signer tous arrêtés, requêtes et mémoires présentés dans le cadre de recours contentieux, décisions, circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de Vaucluse, à l'exception de certaines catégories d'actes au nombre desquelles ne figure pas l'arrêté en litige. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit donc être écarté.
3. La décision attaquée mentionne de façon suffisamment précise et non stéréotypée les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement, en observant notamment que l'intéressé est entré pour la dernière fois sur le territoire le 19 septembre 2022 et que sur les 12 derniers mois qui précèdent la date d'expiration de son titre de séjour actuel, le11 décembre 2022, il a séjourné sur le territoire au moins 295 jours contre une durée maximale autorisée de 183 jours alors que durant cette période, il était bénéficiaire d'un titre de séjour ou d'un visa portant la mention " travailleur saisonnier ". L'obligation de motivation n'impose par ailleurs pas à la préfète de mentionner l'ensemble des éléments qu'elle a pris en compte mais seulement ceux sur lesquels elle fonde sa décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne le refus de délivrance d'un titre de séjour :
4. Aux termes de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce un emploi à caractère saisonnier, tel que défini au 3° de l'article L. 1242-2 du code du travail, et qui s'engage à maintenir sa résidence habituelle hors de France, se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " d'une durée maximale de trois ans. / Cette carte peut être délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger. / Elle autorise l'exercice d'une activité professionnelle et donne à son titulaire le droit de séjourner et de travailler en France pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peuvent dépasser une durée cumulée de six mois par an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail ". Selon l'article L. 432-2 du même code : " Le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à l'étranger qui cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de cette carte dont il est titulaire, fait obstacle aux contrôles ou ne défère pas aux convocations. / N'est pas regardé comme ayant cessé de remplir la condition d'activité prévue aux articles L. 421-1, L. 421-9 à L. 421-11 et L. 421-13 à L. 421-21 l'étranger involontairement privé d'emploi au sens de ces mêmes articles ".
5. Pour refuser de renouveler le titre de séjour " travailleur saisonnier " de M. A B, la préfète de Vaucluse a relevé que l'intéressé est entré pour la dernière fois sur le territoire le 19 septembre 2022 et que sur les 12 derniers mois qui précèdent la date d'expiration de son titre de séjour actuel, le11 décembre 2022, il a séjourné sur le territoire au moins 295 jours contre une durée maximale autorisée de 183 jours, soit 6 mois, alors que durant cette période il était bénéficiaire d'un titre de séjour ou d'un visa portant la mention " travailleur saisonnier ". De son côté, M. A B soutient qu'il n'aurait séjourné en France que 168 jours, soit du 1er janvier 2022 au 4 mars 2022, puis du 12 mars 2022 au 14 mars 2022, puis du 25 aout 2022 au 4 septembre 2022 et enfin du 19 septembre 2022 au 31 décembre 2022. Il fait notamment valoir que sur la période du 14 mars au 25 août 2022, il n'était pas présent sur le territoire français. Toutefois, les seules attestations produites à l'appui de ses allégations n'établissent pas la durée de son séjour sur le territoire espagnol. Par conséquent, quel que soit le point de départ de la durée de référence retenue par la préfète de Vaucluse, c'est sans commettre ni erreur de droit, ni erreur d'appréciation, que l'administration a estimé que M. A B ne justifiait pas en 2022 d'une résidence habituelle hors de France, au sens de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré du défaut de base légale de l'obligation de quitter le territoire français en raison de l'illégalité prétendue du refus de titre de séjour doit être écarté.
8. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, les moyens tirés de l'erreur de droit commise par le préfet doivent être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions présentées à ce titre doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A B et à la préfète de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 10 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ciréfice, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2023.
Le rapporteur,
P. C
Le président,
C. CIREFICE
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300047
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026