vendredi 13 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300090 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BELAÏCHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 et 12 janvier 2023, M. B A, placé au centre de rétention administrative de Nîmes, représenté par Me Belaïche, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions en date du 10 janvier 2023 par lesquelles la préfète de Vaucluse lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire à destination du pays dont il a la nationalité ou dans lequel il établit être légalement admissible ;
2°) la communication de l'ensemble des pièces sur lesquelles la préfète s'est fondée pour prendre sa décision ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale dès lors que :
- l'administration doit justifier que le signataire de l'acte bénéficiait d'une délégation régulièrement publiée au registre des actes administratifs ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il vit en France depuis trois ans avec l'ensemble des membres de sa famille et n'a plus de lien avec le Maroc.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2023, la préfète de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Belaïche, représentant M. A, qui indique que le requérant est de nationalité italienne et pourra donc être reconduit en Italie.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant italien né le 30 octobre 2001 à Lahlaf dar Ouldz au Maroc, en possession d'une carte d'identité italienne à son nom en cours de validité, déclare vivre en France depuis trois ans. Le 9 janvier 2023, il a été placé en garde à vue pour des faits de " violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité ". Par les décisions contestées du 10 janvier 2023, la préfète de Vaucluse l'a obligé à quitter le territoire sans délai dans le pays dans lequel il a la nationalité, ou dans lequel il établit être légalement admissible. M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions tendant à la communication du dossier préfectoral :
2. L'affaire est en état d'être jugée et le principe du contradictoire a été respecté. Il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication du dossier détenu par l'administration.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, la décision contestée a été signée par M. E C, directeur de cabinet dans le département de Vaucluse, qui bénéficie, en vertu d'un arrêté préfectoral du 9 décembre 2022 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs n°84-2022-127 du 14 décembre 2022, d'une délégation consentie à l'effet de signer les décisions attaquées. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte en litige manque donc en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Si le requérant soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il vit en France depuis trois ans avec l'ensemble des membres de sa famille et n'a plus de lien avec le Maroc, il ne produit aucune pièce permettant d'apprécier le bien-fondé de ces allégations. Il ressort seulement des motivations de l'arrêté contesté, qu'il a eu affaire avec les services de gendarmerie en avril septembre et octobre 2021 et décembre 2022. Dans ces conditions, M. A, célibataire, sans charge de famille, sans insertion professionnelle, n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. En dernier lieu, si le requérant produit à l'audience une carte nationale d'identité italienne à son nom et soutient pouvoir ainsi retourner dans ce pays, rien ne s'y oppose dès lors que par la décision contestée, la préfète n'a pas fixé le pays de destination, mais a obligé le requérant à quitter le territoire français à destination du pays dans lequel il a la nationalité ou dans lequel il établit être légalement admissible.
En ce qui concerne la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire :
7. Si M. A demande l'annulation de la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, aucun moyen n'est soulevé à l'encontre d'une telle décision. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions tendant au remboursement de frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète de Vaucluse et à Me Belaïche.
Délibéré après l'audience du 13 janvier 2023.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
P. D
La greffière,
M-E. KREMER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026