mercredi 1 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300332 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | GREFFIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 janvier 2023, M. B E, demande au tribunal :
1) d'annuler les décisions en date du 29 janvier 2023 par lesquelles le préfet du Var lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et lui a fait interdiction de retour sur le territoire national pour une durée de deux ans ;
2) d'enjoindre à l'administration de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ; elle est dépourvue de base légale ;
- la décision portant interdiction de retour est insuffisamment motivée ; elle est dépourvue de base légale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme C ;
-et les observations de Me Greffier, représentant M. E, et de M. E lui-même, assisté de Mme D interprète en langue géorgienne, qui maintient ses conclusions et moyens qu'il précise ; il soutient en outre que la décision portant interdiction de retour sur le territoire méconnaît le droit au respect de sa vie privée et familiale.
-le préfet du Var n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant géorgien né en 1983 demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 janvier 2023 par lequel le préfet du Var lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. La décision portant obligation de quitter le territoire français a été signée par M. A de Wispelaere, sous-préfet de l'arrondissement de Draguignan. Par arrêté du 26 décembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 239 de la préfecture du 27 décembre 2022, le préfet du Var lui a donné délégation pour signer la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. M. E déclare être entré irrégulièrement sur le territoire national au cours de l'année 2014 avec sa compagne. Sa demande d'asile a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 2 février 2016 et M. E se maintient irrégulièrement sur le territoire depuis cette date. Il est défavorablement connu des services de police, notamment pour des faits de vol à l'étalage commis le 23 janvier 2023 et ne justifie d'aucune intégration sociale ni professionnelle. Dans ces conditions, alors même que la compagne de M. E réside régulièrement en France avec leur fils né sur le territoire français en 2014, la décision par laquelle le préfet du Var fait obligation à M. E de quitter le territoire français n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels elle a été prise et n'est entachée d'aucune erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
5. L'arrêté en litige fait mention des motifs utiles de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays à destination duquel M. E peut être éloigné. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que cette mesure serait insuffisamment motivée.
6. Il résulte de ce qui a été exposé aux points 2 à 4 que M. E n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour pour une durée de deux ans :
7. Ainsi qu'il a été exposé au point 4, M. E est père d'un enfant né sur le territoire français en 2014, régulièrement scolarisé. La mère de cet enfant, qui accompagnait M. E lors de son entrée sur le territoire, dispose d'un titre de séjour pluriannuel et indique, par une attestation certes peu circonstanciée, être toujours sa compagne et qu'ils vivent ensemble dans leur domicile commun à Toulon, dont le requérant a indiqué l'adresse de manière constante dès le début de la procédure d'éloignement dont il fait l'objet. Dans ces conditions, au regard des liens entretenus par M. E avec son enfant, dont la réalité n'est pas sérieusement contestée en défense, la décision par laquelle le préfet du Var lui a fait interdiction de retour sur le territoire national pour une durée de deux ans porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, alors même que le comportement de M. E serait constitutif d'une menace pour l'ordre public en raison des faits de vol à l'étalage dont il s'est rendu coupable.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. E est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté litigieux en tant qu'il lui fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. La décision prononçant l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans n'implique pas la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour. Les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées à cette fin ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
10. Toutefois, il résulte des articles L. 613-5 et R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'annulation de la seule décision d'interdiction de retour sur le territoire français implique nécessairement l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen résultant de cette décision. Il incombera donc au préfet du Var de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non admission dont M. E fait l'objet.
Sur les frais d'instance :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. E sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Var en date du 29 janvier 2023 est annulé seulement en tant qu'il prononce à l'encontre de M. E une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et au préfet du Var.
Lu en audience publique le 1er février 2023
La magistrate désignée,
W. C
La greffière,
M.-E KREMER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°230033
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026