vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300442 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | DESCHAMPS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 février 2023 sous le n° 2300442, M. E G, retenu au centre de rétention administrative de Nîmes, ayant pour avocat Me Deschamps, demande au Tribunal :
1°) l'annulation de l'arrêté n° 83-2023-219 du 4 février 2023 par lequel le préfet du Var l'oblige à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et fixe son pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfecture du Var de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, avec une astreinte de 150 euros par jour de retard, conformément aux dispositions de l'article L.614-16 du CESEDA et de procéder à un nouvel examen de sa situation;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil, qui s'engage dans ce cas à renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
M. G soutient que :
*en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
-elle est entachée d'incompétence ;
-elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en étant entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
*en ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
-elle est entachée d'une insuffisante motivation en droit et en fait ;
-elle est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
Par un mémoire enregistré le 10 février 2023, dont une photocopie a été remise à Me Deschamps avant l'audience, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Le préfet du Var soutient que les moyens de M. G ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-la convention relative au statut des réfugiés, faite à Genève le 28 juillet 1951 ;
-la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code des relations entre le public et l'administration ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 29 décembre 2020 ;
-le code de justice administrative.
Le président du tribunal a délégué à M. Brossier, vice-président, les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 février 2023 :
*le rapport de M. D ;
*les observations de Me Deschamps, avocat commis d'office, pour et en présence de M. G assisté de Mm C interprète en langue italienne, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures, par les mêmes moyens, en précisant que :
-sa requête introductive d'instance contient une erreur de plume, dès lors qu'il n'a pas de fille en France ;
-il est né en Italie mais est apatride.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
1.M. A se disant Dragoslav G demande au tribunal d'annuler la décision en date du 4 février 2023 par laquelle le préfet du Var lui a fait obligation de quitter le territoire français, ainsi que la décision prise par la même autorité le même jour fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées tiré du vice de compétence :
2. Les décisions attaquées en date du 4 février 2023 ont été signées par Mme B F, sous-préfète, qui a reçu délégation à cet effet par arrêté règlementaire du préfet du Var du 26 décembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 27 décembre 2022. Il s'ensuit que le vice de compétence soulevé doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".
4. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. G, né en août 1993, est entré en France à une date indéterminée. Il reconnaît qu'il vit en Italie où réside une partie de sa famille nucléaire. Il ne démontre en France, ni vie privée et familiale ancrée dans la durée, ni insertion sociale ou professionnelle particulière, étant au contraire défavorablement connu des services de police. Dans ces circonstances, M. G n'est fondé à soutenir, ni que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. G tendant à l'annulation de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision n'accordant aucun délai de départ volontaire :
7. M. G ne développe aucun moyen spécifiquement dirigé contre cette décision.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
8. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination vise l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit que la décision portant obligation de quitter le territoire français " fixe le pays à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". Elle vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle indique que M. A se disant Dragoslav G est de nationalité macédonienne ou italienne, fait état de la fiche de signalement dite fiche Schengen émise à son encontre par les autorités suisses portant interdiction d'entrée sur le territoire suisse jusqu'au 13 août 2026, et précise que M. G ne justifie pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans le pays dont il a la nationalité, sans révéler à cet égard un défaut d'examen particulier du dossier. La décision fixant le pays de destination est dans ces conditions suffisamment motivée en droit et en fait.
9. En deuxième lieu, M. G n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, son moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.
10. En troisième lieu, si M. G, né en Italie de parents macédoniens, soutient désormais qu'il est apatride, alors qu'il a déclaré devant l'autorité judiciaire avoir la nationalité macédonienne en produisant au surplus un permis de conduire macédonien, il n'établit pas avoir obtenu une telle qualité auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, ni même avoir engagé une démarche de reconnaissance en ce sens.
11. Il résulte de ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous d'astreinte :
13. Les conclusions à fin d'annulation de M. G étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
14. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
15. M. G a bénéficié de l'assistance d'un avocat commis d'office. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête visées ci-dessus formées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans le présent litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E G, au préfet du Var et à Me Deschamps.
Lu en audience publique le 10 février 2023.
Le magistrat désigné,
J.B. D
La greffière,
M.E. KREMER
La République mande et ordonne au préfet du Var, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026