mercredi 8 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300732 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | DENIZHAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mars 2023, M. B A, représenté par Me Denizhan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2023 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
- la décision attaquée a été prise par une autorité non habilitée ;
- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il n'a jamais précisé être célibataire lors de son audition, qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française depuis presque trois ans, qu'il n'a pas volontairement décidé de ne pas reconnaitre son enfant avec lequel il vit et sur lequel il veille et qu'il a bien effectué des démarches en vue de sa régularisation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il vit depuis 17 ans sur le territoire national et depuis 3 ans en concubinage avec une ressortissante française avec laquelle il a un enfant de 14 mois, qu'il travaille en France où il est intégré ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
- la décision attaquée a été prise par une autorité non habilitée ;
- elle est illégale par voie d'exception en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnait l'article L. 612-6 du de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 mars 2023, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a délégué à M. C les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 mars 2023, à 14h30 :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Denizhan représentant M. A, en présence de ce dernier, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soulève plusieurs moyens complémentaires tirés de l'insuffisance de motivation de la décision l'obligeant à quitter le territoire, et de l'erreur de droit entachant la décision fixant le pays de destination dès lors qu'il n'est pas reconnu par les autorités tunisiennes.
- le préfet du Var n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 11 août 1990, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er mars 2023 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
2. L'arrêté attaqué a été signé, pour le préfet du Var, par M. Lucien Giudicelli, secrétaire général de la préfecture du Var, qui disposait, en vertu d'un arrêté n° 2022/65/MCI du 26 décembre 2022 du préfet du Var, régulièrement publié le 27 décembre 2022 au recueil n° 239 des actes administratifs de la préfecture du Var et accessible tant au juge qu'aux parties, d'une délégation à l'effet de signer tous actes et décisions notamment en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
3. En premier lieu, le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur de fait dès lors qu'il n'a jamais précisé être célibataire lors de son audition, qu'il vit en concubinage avec une ressortissante française depuis presque trois ans, qu'il n'a pas volontairement décidé de ne pas reconnaitre son enfant avec lequel il vit et sur lequel il veille et qu'il a bien effectué des démarches en vue de sa régularisation. Toutefois d'une part, il ressort du procès-verbal de son audition menée le vingt-huit février 2023 au commissariat de police de Draguignan, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire et qui n'est pas démenti par les pièces du dossier, que M. A a bien déclaré être célibataire. D'autre part, la décision attaquée ne mentionne pas que l'intéressé a volontairement décidé de ne pas reconnaitre son enfant. En outre, il ne ressort pas de l'enquête effectuée par les services préfectoraux que le requérant, qui réside de manière irrégulière en France, ait effectué des démarches en vue de la régularisation de sa situation ou ait été empêché d'effectuer de telles démarches. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que, d'une part, elle vise les textes utiles, et notamment l'article L. 611-1-1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sur lesquels s'est fondée le préfet du Var et, d'autre part, elle comporte les motifs de fait relatifs à la situation de M. A, le préfet n'étant pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments caractérisant la vie privée et familiale en France de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. (). Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. Il ressort des pièces du dossier que si M. A soutient être entré en France en 2006, les quelques bulletins du salaire, concernant certains mois des années 2015, 2016 et 2017, les deux documents de l'assurance maladie ainsi que le bail d'habitation qu'il produit sont insuffisants pour le démontrer. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant vive en concubinage avec une ressortissante française depuis 3 ans comme il l'allègue, la seule production de la première page du passeport d'une personne ne correspondant pas à l'identité de celle mentionnée lors de son audition par les forces de police étant insuffisante pour le démontrer. En outre, si M. A soutient être le père d'un enfant de 14 mois, il ne démontre ni cette paternité, ni sa contribution à l'entretien et à l'éducation de cet enfant. Enfin, si M. A soutient que son père, sa tante et certains de ses cousins et cousines résident en France, il ne démontre aucunement ses allégations en ce sens ou qu'il serait dépourvu de tous liens en Tunisie. Dans ces circonstances, M. A n'est fondé à soutenir, ni que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la décision fixant les pays de destination :
7. Si le requérant soutient que la décision en litige est entachée d'erreur de droit dès lors qu'il n'est pas reconnu par les autorités tunisiennes, il n'assortit ce moyen d'aucun élément permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
8. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ". Enfin, aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " () les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
9. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
10. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
11. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France à une date indéterminée et qu'il s'y maintenu de manière irrégulière sans démontrer avoir effectué des démarches en vue de la régularisation de sa situation. Par ailleurs, l'intéressé s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 16 juin 2017 et ne démontre l'existence d'aucun lien effectif et ancien en France. Dans ces conditions, en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. A, le préfet du Var n'a pas entaché la décision attaquée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation.
12. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 6 que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'illégalité par voie d'exception en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter de territoire dont il fait l'objet.
13. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que M. A n'est pas fondé à soutenir, que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
15. En l'espèce, il n'est pas établi par les pièces du dossier que la décision en litige serait intervenue en méconnaissance de l'intérêt supérieur de l'enfant du requérant, au sens des stipulations précitées, dès lors que le requérant, ainsi qu'il a été dit, ne démontre pas la paternité et la contribution à l'entretien et à l'éducation d'un enfant dont il se prévaut. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à invoquer la méconnaissance des stipulations précitées.
16. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet du Var et à Me Denizhan.
Fait à Nîmes le 8 mars 2023.
Le magistrat désigné,
F. C
La greffière,
M.E. KREMERLa République mande et ordonne au préfet au Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2300732
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026