vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2300810 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LAURENT-NEYRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 28 février et 11 avril 2023, M. D B, représenté par Me Laurent-Neyrat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner la communication de la procédure de police complète ;
2°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
3°) d'annuler l'arrêté du 20 février 2023 de la préfète du Gard portant retrait de titre de séjour, obligation de quitter le territoire national sans délai et interdiction de retour pour une durée de deux ans ;
4°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer un titre de séjour portant mention "vie privée et familiale" sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient, outre que la procédure de police complète doit lui être communiquée, que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a pas commis une grave atteinte à l'ordre public ; la préfète n'a pas exercé sa compétence et son pouvoir d'appréciation ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions du 6° de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; si son discernement a été aboli au moment de sa décompensation psychotique dans un bus le 22 décembre 2022, les psychiatres ont attesté qu'il ne représente pas une menace pour l'ordre public ; son hospitalisation sous contrainte n'a d'ailleurs pas été prolongée ;
- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision refusant un délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision portant interdiction de retour de deux années sur le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- par exception d'illégalité, la décision refusant un délai de départ volontaire doit être annulée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2023, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 29 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- et les observations de Me Laurent-Neyrat, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant guinéen né le 2 octobre 2001, déclare être entré en France en 2017. Le 26 mars 2018, il a été pris en charge provisoirement par les services de l'aide sociale à l'enfance. Par un jugement en assistance éducative du tribunal pour enfants de C du 13 avril 2018, il a été confié auxdits services. Le 2 octobre 2019, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11, 2° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicables. Il s'est vu délivrer un titre de séjour valable du 15 septembre 2022 au 14 septembre 2023. Par un arrêté du 20 février 2023, la préfète du Gard a procédé au retrait de ce titre de séjour, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par sa requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé ou en cas d'exécution forcée emportant saisie de biens ou expulsion. Elle est accordée de plein droit au demandeur et au défendeur lorsque la procédure concerne la délivrance d'une ordonnance de protection. /L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui n'a pas donné suite au courrier du 13 mars 2023 réceptionné le 28 avril 2023 par lequel le greffier du tribunal a sollicité l'attestation correspondant au dépôt auprès du bureau d'aide juridictionnelle d'un dossier de demande d'aide juridictionnelle, ne justifie pas d'une situation d'urgence au sens de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 précité. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Les conclusions présentées à ce titre doivent donc être rejetées.
Sur la demande de communication de la procédure de police complète :
4. L'affaire est en état d'être jugée et le principe du contradictoire a été respecté. Il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'intégralité de la procédure de police concernant M. B dont la préfète a entendu se prévaloir.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, la décision attaquée, qui rappelle que M. B a été bénéficiaire d'un titre de séjour valable du 15 septembre 2022 au 14 septembre 2023, mentionne la circonstance qu'il a agressé violemment une personne âgée au sein d'un bus, s'est rebellé lors de son interpellation par la police municipale et lors de sa garde à vue à deux reprises, mordant deux fonctionnaires de police et leur occasionnant respectivement deux jours et trois jours d'ITT, indique qu'une procédure contradictoire a été menée le 30 janvier 2023 l'informant du possible retrait de son titre, et considère que les faits survenus le 21 décembre 2022 peuvent être considérés comme une grave atteinte à l'ordre public justifiant le retrait du titre de séjour dont il bénéficiait. Cette décision qui vise l'ensemble des articles des textes dont la préfète a entendu faire application, se trouve, contrairement à ce que soutient le requérant, suffisamment motivée, tant au regard des éléments de droit que de fait.
6. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète du Gard n'aurait pas exercé sa compétence.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être retirée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ". Et aux termes de l'article R. 432-4 du même code : " Sans préjudice des dispositions des articles R. 421-41, R. 422-7, R. 423-2 et R. 426-1, le titre de séjour peut être retiré dans les cas suivants : () / 6° L'étranger titulaire d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
8. Le requérant fait valoir qu'au regard des dispositions précitées de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sa présence en France ne constituerait pas une menace pour l'ordre public, compte tenu de ce que le préfet fait référence au seul incident du 21 décembre 2022 sans tenir compte des circonstances que ledit incident est la conséquence d'une décompensation psychotique dans un bus public de C, qu'il n'avait jamais fait montre de violence ou d'agressivité auparavant, qu'il n'a agressé personne et que s'il a été hospitalisé sous contrainte du 22 décembre 2022 au 30 janvier 2023 au centre hospitalier de C, il est sorti avec un protocole de soins ne présentant pas de danger pour lui ou pour les autres.
9. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B a agressé, le 21 décembre 2022, deux personnes, dont une personne âgée de 80 ans dans un bus de ville à C, en frappant notamment volontairement à la tête l'une des deux personnes. Il s'est ensuite violemment débattu lors de son interpellation par les agents de la police municipale, leur causant des blessures corporelles par morsures occasionnant respectivement deux jours et trois jours d'ITT. Dans ces conditions, eu égard à la gravité des faits dont il s'agit, la préfète n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que le requérant présentait une menace à l'ordre public.
10. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. Si M. B fait valoir qu'il vit en France depuis 2017 soit depuis 6 ans, il est constant qu'il est célibataire sans enfant, et il ne se prévaut d'aucune attache familiale ou personnelle en France, ne contestant par ailleurs pas l'existence d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen soulevé, tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant retrait du titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, dès lors que le refus de titre de séjour est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent de l'assortir d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, la motivation de cette obligation, qui se confond avec celle de la décision portant refus de droit au séjour, n'implique pas de mention spécifique. En l'espèce, la décision portant refus de titre de séjour comporte les énoncés de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire serait entachée d'un défaut de motivation doit être écarté.
14. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
15. Il résulte des éléments qui précèdent que les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
16. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles la préfète du Gard s'est fondée pour décider de ne pas accorder de délai de départ volontaire à M. B. Elle vise notamment les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que M. B a agressé violemment une personne âgée au sein d'un bus, qu'il s'est rebellé lors de son interpellation par la police municipale et qu'il s'est rebellé de nouveau lors de sa garde à vue, mordant deux fonctionnaires de police et leur occasionnant respectivement deux jours et trois jours d'ITT. La préfète, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments de la situation du requérant, a ainsi suffisamment motivé cette décision.
17. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ".
18. Il résulte de l'instruction que le refus par la préfète d'accorder au requérant un délai de départ volontaire est fondé sur le risque que représente son comportement pour l'ordre public au regard des faits survenus le 21 décembre 2022. Le refus d'accorder un délai de départ volontaire peut ainsi avoir pour fondement le 2° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard du comportement du requérant. Les moyens tirés de ce que la préfète du Gard aurait méconnu les dispositions précitées ou commis une erreur d'appréciation de sa situation au regard des textes précités doivent, par suite, être écartés.
19. Il résulte des éléments qui précèdent que les conclusions tendant à l'annulation de la décision refusant à M. B un délai de départ volontaire doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour de deux années sur le territoire français :
20. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
21. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi. Il ressort de la lecture de la décision attaquée que l'examen de l'ensemble de la situation M. B a été effectué selon ces critères. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
22. En second lieu, pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, la préfète du Gard s'est fondée sur la durée de la présence de M. B en France, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France et la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que le requérant est célibataire et sans enfant, qu'il est isolé en France et qu'il ne justifie pas d'une intégration professionnelle stable et particulièrement réussie alors qu'il est sans emploi à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, et compte tenu de la menace pour l'ordre public retenue au point 9, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
23. Il résulte des éléments qui précèdent que les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français durant deux ans doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
24. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. B ne peut exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français au soutien de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
25. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.
26. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
27. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure particulière d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions du requérant aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
28. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie, des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige. Les conclusions présentées par M. B sur le fondement de ces dispositions doivent, dès lors, être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Laurent-Neyrat et à la préfète du Gard.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Brossier, président,
Mme Bala, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La rapporteure,
K. A
Le président,
J. B. BROSSIER
Le greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026