LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2301010

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2301010

mercredi 26 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2301010
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantKAMDEM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée, le 21 mars 2023 et un mémoire complémentaire reçu le 23 mars 2023, M. F E A demande au tribunal :

- d'annuler l'arrêté n° 23130947M du 20 mars 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'oblige à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, lui interdit d'y circuler pour une durée de deux ans et fixe son pays de renvoi ;

- de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros, sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil, qui s'engage dans ce cas à renoncer à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire :

- la motivation est insuffisante ;

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;

- la décision est prise en violation de l'article L.251-1 1° du CESEDA ; il a droit au séjour en application des articles L .233-1, L. 233-2, L. 234-1, L. 241-2 et R. 234-dès lors qu'i se trouve régulièrement sur le territoire français depuis plus de 5 ans et qu'il y travaille de façon continue ;

- s'il a été impliqué dans un refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter alors qu'il conduisait, il ne présente pas une menace pour l'ordre public ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article 8 de la CESDH ;

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- l'urgence prévue par l'article L. 251-3 n'est pas caractérisée ;

Sur la décision portant interdiction de circulation :

- la décision porte une atteinte illégale au droit de libre circulation.

Par un mémoire reçu le 23 mars 2023 le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné M. Abauzit, président honoraire, pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions des L. 614-5, L. 614-6 et L. 614-9, L. 352-4, L. 754-4 et L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

A été entendu au cours de l'audience publique du 26 avril 2022 le rapport de M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. F E A, ressortissant espagnol, né le 21 août 1988 à Santa Cruz de Tenerife, est entré en France en 2011 selon ses déclarations, dans le but de suivre sa compagne, de nationalité française. Il a été condamné le 22 septembre 2022 par le Tribunal correctionnel de Marseille à une peine de 12 mois d'emprisonnement pour des faits de refus d'obtempérer et conduite sans permis, écroué le 21 septembre 2022 et libéré le 20 mars 2023. Par l'arrêté attaqué du 20 mars 2023 le préfet des Bouches-du-Rhône a obligé M. E A à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, lui a interdit d'y circuler pour une durée de deux ans et a fixé son pays de renvoi.

2. Par un arrêté du 7 février 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture des Bouches-du-Rhône, Mme D C, cheffe du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile (BECA) à la Direction des migrations, de l'intégration et de la nationalité (DMIN), a reçu délégation à l'effet de signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.

3. L'arrêté contesté comporte dans ses visas et motifs les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde et qui permettent de vérifier que l'administration préfectorale a procédé à un examen complet de la situation particulière de M. E A au regard des stipulations et des dispositions législatives et réglementaires applicables à un ressortissant communautaire. Le préfet a pris en compte notamment le fait que l'intéressé ne pouvait pas se prévaloir du droit de séjour prévu à l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'eu égard à la nature des faits commis et au risque de récidive il y avait urgence à éloigner l'intéressé sans délai, qu'il ne justifiait pas d'une ancienneté de présence en France suffisante ni d'une intégration sociale et culturelle, ni de l'ancienneté de sa situation maritale. Les moyens tirés d'un défaut de motivation et d'examen complet de la situation du requérant ne peuvent être qu'écartés.

Sur l'obligation de quitter le territoire :

4. Aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour ce qui concerne la situation de M. E A : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes :

1° Ils exercent une activité professionnelle en France ;

2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ;" et aux termes de l'article L.234-1 du même code " Les citoyens de l'Union européenne mentionnés à l'article L. 233-1 qui ont résidé de manière légale et ininterrompue en France pendant les cinq années précédentes acquièrent un droit au séjour permanent sur l'ensemble du territoire français. ".

5. Il ressort des photocopies de bulletins de salaire produites que l'intéressé aurait travaillé du 25 août 2020 jusqu'au 24 février 2021 comme ouvrier du bâtiment, sans être déclaré à la Caisse des congés payés du bâtiment. Il ne justifie pour la période suivante, jusqu'à son incarcération, de l'exercice d'aucune activité professionnelle, ni de disposer de ressources. Dans ces conditions le préfet des Bouches-du-Rhône a pu légalement considérer que l'intéressé n'avait pas de droit au séjour au titre de l'article L. 233-1 précité. N'ayant pas droit au séjour, le requérant, alors même qu'il serait installé en France depuis 2011, ne bénéficiait pas de la protection prévue par l'article L. 251-2 du même code selon lequel : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 251-1 les citoyens de l'Union européenne ainsi que les membres de leur famille qui bénéficient du droit au séjour permanent prévu par l'article L. 234-1 ".

6. Aux terme de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / () 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société () L'autorité administrative compétente tient compte de l'ensemble des circonstances relatives à leur situation, notamment la durée du séjour des intéressés en France, leur âge, leur état de santé, leur situation familiale et économique, leur intégration sociale et culturelle en France, et l'intensité des liens avec leur pays d'origine. ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative d'un État membre qui envisage de prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un ressortissant d'un autre État membre de ne pas se fonder sur la seule existence d'une infraction à la loi, mais d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française. L'ensemble de ces conditions doivent être appréciées en fonction de la situation individuelle de la personne, notamment de la durée de son séjour en France, de sa situation familiale et économique ainsi que de son intégration.

7. En l'espèce le requérant a été condamné pour un délit de refus d'obtempérer après sommation de s'arrêter exposant directement autrui à un risque de mort ou d'infirmité permanente. Cette infraction, susceptible de récidive en l'absence notamment de détention d'un permis de conduire, révèle un comportement tel que visé au 2° précité. M. E A soutient qu'il est en France depuis 2011, qu'il y a toujours travaillé, et qu'il vit avec une ressortissante française. Il n'en justifie pas toutefois par les pièces produites, ni de son intégration dans la société française. Le préfet des Bouches-du-Rhône a pu dès lors, sans commettre d'erreur d'appréciation, estimer que la présence de M. E A était de nature à constituer une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour un intérêt fondamental de la société française et prendre à son encontre une mesure d'éloignement.

8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". M. E A, s'il fait valoir l'ancienneté de son séjour en France, et une liaison avec une ressortissante française, ne produit pas d'éléments permettant de confirmer le bien-fondé de ces allégations, et en tout état de cause il ne justifie pas d'une impossibilité de poursuivre sa vie privée et familiale en Espagne, ayant déclaré devant le juge des libertés et de la détention être d'accord pour y partir le plus vite possible. Le moyen tiré de la violation des stipulations précitées doit être écarté.

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

9. Aux termes de l'article L. 251-3 du même code : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision.

L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. ". En l'espèce le préfet a motivé la décision portant refus de délai de départ par l'urgence eu égard à la nature des faits commis et au risque de récidive. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision soit entachée d'une erreur d'appréciation.

Sur l'interdiction de circulation :

10. Aux termes de l'article L. 251-4 du même code : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. ". En l'espèce le préfet a motivé la décision fixant à deux ans l'interdiction de circulation par la circonstance que l'intéressé ne justifie ni de d'une ancienneté de présence suffisante en France ni d'une intégration sociale et culturelle eu égard à la nature et à la gravité des faits pour lesquels il a été pénalement condamné, étant précisé qu'il ne justifie ni de l'effectivité et de l'ancienneté de sa situation maritale ni d'être dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision soit entachée d'une erreur d'appréciation, compte tenu des circonstances qui ont été analysées aux point 7 et 8 du présent jugement.

11. Il résulte de tout ce qui précède que M. E A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 20 mars 2023 du préfet des Bouches-du-Rhône. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F E A et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 avril 2023.

Le magistrat désigné,

F. B

La greffière,

M-E. KREMER

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions