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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2301094

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2301094

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2301094
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantFERAY-LAURENT AXELLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 mars 2023, Mme C D A demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a décidé son transfert aux autorités italiennes en vue de l'examen de sa demande d'asile ;

2°) de désigner un avocat commis d'office.

Elle ne présente aucun moyen au soutien de ses conclusions.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- les règlements n° 603/2013 et n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes relevant de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 31 mars 2023 à 10 heures :

- le rapport de Mme B,

- les observations de Me Feray-Laurent, avocat désigné d'office représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, et soutient, en outre, que l'intéressée dispose de liens familiaux en France et parle français et qu'il aurait été judicieux de faire application de l'article 17.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante ivoirienne née le 14 août 2001, demande l'annulation de l'arrêté du 16 mars 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a ordonné son transfert aux autorités italiennes, responsables de sa demande d'asile.

2. Aux termes de l'article 3 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Les Etats membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux () La demande est examinée par un seul Etat membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. ". L'article 13 du même règlement dispose que : " 1. Lorsqu'il est établi, sur la base de preuves ou d'indices tels qu'ils figurent dans les deux listes mentionnées à l'article 22, paragraphe 3, du présent règlement, notamment des données visées au règlement (UE) n° 603/2013, que le demandeur a franchi irrégulièrement, par voie terrestre, maritime ou aérienne, la frontière d'un État membre dans lequel il est entré en venant d'un État tiers, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale. Cette responsabilité prend fin douze mois après la date du franchissement irrégulier de la frontière. ". Enfin, aux termes de l'article 17 de ce règlement : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. ".

3. Il résulte de ces dispositions que, d'une part, la faculté laissée à chaque Etat membre, par ces dispositions, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés par ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile et que, d'autre part, le transfert d'un demandeur d'asile ne peut être opéré que dans des conditions excluant que ce transfert entraîne un risque réel et avéré que l'intéressé subisse des traitements inhumains ou dégradants.

4. Au soutien de son moyen fondé sur l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, la requérante se prévaut, à l'audience, de sa maîtrise de la langue française et de la présence en France de certains membres de sa famille. Au regard de ces circonstances, le préfet n'a toutefois pas commis une appréciation manifestement erronée de la situation de Mme A en s'abstenant de mettre en œuvre la clause discrétionnaire prévue à l'article 17 du règlement du 26 juin 2013. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.

D E C I D E

Article 1 er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D A, à Me Feray-Laurent et au préfet de la Haute-Garonne.

La magistrate désignée,

A. BLa greffière,

E. PAQUIER

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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