vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2301148 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GUIN |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré enregistré le 30 mars 2023, la préfète de Vaucluse demande au tribunal d'annuler la décision tacite, née le 7 juillet 2022, par laquelle le maire de Cairanne ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par M. B A.
Elle soutient que :
- le maire était tenu de s'opposer à la déclaration préalable dès lors que celle-ci ne porte pas sur la régularisation de l'ensemble des éléments de construction indissociables du projet litigieux, alors que l'existence légale du bâtiment implanté sur le terrain d'assiette n'est pas établie ;
- les dispositions de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme ont été méconnues ;
- le projet litigieux était soumis à permis de construire en application des dispositions du a) de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme ;
- il ne respecte pas le I.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il contrevient au III.2 du même titre IV.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 février 2024, M. B A, représenté par Me Guin, conclut au rejet du déféré et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le déféré est irrecevable en l'absence de justification de la réalité et de l'opposabilité de la délégation accordée au secrétaire général de la préfecture de Vaucluse ;
- les moyens invoqués par la préfète de Vaucluse sont inopérants ou infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- et les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé, le 21 mars 2022, un dossier de déclaration préalable, complété le
7 juin suivant à la suite d'une demande de pièces manquantes datée du 5 avril 2022, en vue de la régularisation de l'édification d'un mur de clôture et de la création d'un accès sur un terrain, cadastré section AN nos 138 et 185, situé sur le territoire de la commune de Cairanne et classé en zone A du plan local d'urbanisme communal. Le 7 décembre 2022, le maire de Cairanne a délivré à M. A un certificat de non-opposition tacite à cette déclaration préalable. La préfète de Vaucluse demande au tribunal d'annuler la décision tacite, née le 7 juillet 2022, par laquelle le maire de Cairanne ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de M. A.
2. En premier lieu, lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment. De même, lorsqu'une construction a été édifiée sans respecter la déclaration préalable déposée ou le permis de construire obtenu ou a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation. En revanche, une telle exigence ne trouve pas à s'appliquer dans le cas où les travaux effectués sans autorisation concernent d'autres éléments bâtis sur le terrain d'assiette du projet si la demande d'autorisation d'urbanisme ne porte pas sur ces éléments distincts du projet, sauf si ces derniers forment avec le projet, en raison de liens physiques ou fonctionnels entre eux, un ensemble immobilier unique.
3. Il ressort des pièces du dossier que le mur de clôture dont le projet litigieux prévoit la régularisation ne présente pas de liens physiques ou fonctionnels avec le bâtiment implanté sur le terrain d'assiette du projet. Dans ces conditions, et eu égard à ce qui a été dit au point précédent, la préfète de Vaucluse n'est pas fondée à soutenir que M. A aurait dû déposer une déclaration préalable portant, outre sur les éléments évoqués au point 1, sur la régularisation de ce bâtiment.
4. En deuxième lieu, si la préfète de Vaucluse soutient que la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable en litige méconnaît l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme, elle n'assortit pas ses allégations sur ce point de précisions suffisantes, alors au demeurant que le projet litigieux ne porte pas sur une construction et que le pétitionnaire ne s'est pas prévalu de la prescription prévue par ces dispositions. Par suite, ce moyen ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : / a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés () ".
6. Le projet litigieux, qui consiste uniquement en la régularisation d'un mur de clôture et d'un accès, ne prévoit pas l'exécution de travaux sur une construction existante. Dans ces conditions, la préfète de Vaucluse n'est pas fondée à soutenir que le projet litigieux génèrerait une emprise au sol supérieure à quatre-vingt mètres carrés et qu'il serait, pour cette raison, soumis à permis de construire en application des dispositions du a) de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme.
7. En quatrième et dernier lieu, le titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Cairanne fixe les règles applicables dans les zones agricoles (A) et naturelles (N). Le 1 du I.2 de ce titre IV prévoit notamment que peuvent être autorisées, dans la zone A, les " constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole ". Le III.2 du même titre IV dispose notamment que : " En l'absence de réseau public d'assainissement, toutes les eaux usées doivent être dirigées par des canalisations souterraines sur des dispositifs de traitement non collectifs conformément aux règles sanitaires en vigueur () ".
8. Le projet litigieux ne portant pas sur une construction, ainsi qu'il a été dit, la préfète de Vaucluse ne peut utilement invoquer, à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision tacite de non-opposition à déclaration préalable en litige, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions citées ci-dessus du I.2 et du III.2 du titre IV du règlement du plan local d'urbanisme de Cairanne.
9. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par M. A, le déféré de la préfète de Vaucluse doit être rejeté.
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Le déféré de la préfète de Vaucluse est rejeté.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de Vaucluse, à la commune de Cairanne et à M. B A.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
Le rapporteur,
R. MOURETLa présidente,
C. BOYER
La greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026