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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2301319

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2301319

mercredi 12 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2301319
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSCP BRUN CHABADEL EXPERT PITON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 avril 2023, M. A B représenté par Me Tartanson, demande au juge des référés, d'ordonner une expertise médicale sur le fondement de l'article R.532-1 du code de justice administrative, en vue de :

- L'examiner ;

- Prendre connaissance de son dossier médical ;

- Préciser et analyser la maladie professionnelle du 18 novembre 2018 ;

- Donner tous les éléments permettant d'éclairer le tribunal pour apprécier objectivement le taux d'incapacité, en ce compris l'incidence psychologique affectant l'épaule droite et le taux d'incapacité, en ce compris l'incidence psychologique affectant l'épaule gauche, notamment en précisant s'il y a ou non un état d'antériorité médicalement séparable.

Il soutient que les parties sont confrontées à des appréciations différentes sur son état de santé et que la mesure d'expertise présente ainsi un caractère d'utilité.

Par un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés le 9 et 16 mai 2023, le département de Vaucluse représenté par Me Callens, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative,

2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il lui soit donné acte de ses réserves et protestations d'usage et de limiter la mission confiée à l'expert aux conséquences psychologiques ou à l'état antérieur de M. B.

Il soutient que :

- l'expertise sollicitée est dépourvue d'utilité dès lors :

- qu'un recours au fond a été engagé par le requérant ;

- les délais de recours sont expirés ;

- la détermination des conséquences psychologiques d'une maladie professionnelle ne rentre pas dans le champ d'application d'une allocation temporaire d'invalidité dès lors le requérant ne pourrait pas s'en voir octroyer une ;

- l'état anxio-dépressif du requérant est lié à l'ensemble de son passé médical et indépendant de sa maladie professionnelle reconnue en 2018 ;

- l'état antérieur est médicalement constaté et justifié.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 12 avril 2023, sous le numéro 2301309 par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté du 16 mars 2023.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, présidente de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B est titulaire du grade d'adjoint technique territorial de 1ère classe des établissements d'enseignement au département de Vaucluse. Par une décision du 16 mars 2023, il a été placé en congé maladie professionnelle du 18 novembre 2018 au 14 février 2023 avec un taux d'incapacité de 15% pour limitation de tous mouvements de l'épaule droite dominante dont 2% d'état antérieur non imputable et médicalement séparable et de 12% pour limitation de tous mouvement de l'épaule gauche non dominante dont 2% d'état antérieur non imputable et médicalement séparable. Par sa requête, M. B, demande au juge des référés la désignation d'un expert rhumatologue et un expert psychiatre.

Sur l'utilité de l'expertise :

2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".

3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l'appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription. De même, il ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste de lien de causalité entre le préjudice à évaluer et la faute alléguée de cette personne.

4. Il résulte de l'instruction que M. B a formé un recours devant le juge du fond, enregistré au greffe du tribunal sous le n°2301309, en cours d'instruction, pour contester l'arrêté n°2023-2693 du 16 mars 2023. Or, M. B ne justifie d'aucune circonstance particulière conférant à la mesure du juge des référés un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le juge du fond, pourra ordonner, s'il l'estime nécessaire, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction en vue de statuer sur sa demande d'annulation de l'acte administratif attaqué.

5. Il résulte de ce qui précède que faute pour M. B de démontrer l'utilité de la mesure demandée, au sens des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, sa requête aux fins d'expertise doit être rejetée.

Sur les conclusions du département de Vaucluse tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme de 1 000 euros que demande le département de Vaucluse au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du département de Vaucluse au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au département de Vaucluse.

Fait à Nîmes, le 12 juillet 2023.

La juge des référés,

F. CORNELOUP

La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pouvoir à l'exécution du présent jugement.

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