lundi 24 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2301363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BLONDELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mars 2023 au tribunal administratif de Toulouse et reçue au tribunal administratif de Nîmes le 17 avril 2023 après une ordonnance de renvoi du 14 avril 2023 et des mémoires, enregistrés le 13 mars 2023, 16 mars 2023 et 17 mars 2023, Mme A B, actuellement assignée à résidence, représentée par Me Brondelle, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
*En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
* En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit ; le préfet s'est estimé lié par les critères posés par les articles L. 612-2 et L. 613-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
* En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :
- la décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, le préfet de l'Hérault conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a délégué à Mme Corneloup, présidente de la 2ème chambre, les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 avril 2023, à 14 heures :
- le rapport de Mme E, qui a en outre informé les parties que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 mars 2023 en tant qu'il rejette la demande de titre de séjour sont renvoyées en formation collégiale,
- Me Toniazzo substituant Me Blondelle, représentant Mme B, qui s'en remet aux écritures produites,
- le préfet de l'Hérault n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, Ghali, ressortissante marocaine née le 9 janvier 1996, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 mars 2023 par lequel le préfet de l'Hérault l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de un an.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".
3. En raison de l'urgence à statuer sur la présente requête, résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre provisoirement Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur l'étendue du litige soumis au magistrat désigné :
4. Il résulte des dispositions des articles L. 614-1, L. 614-8 et L. 732-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence d'un étranger en situation irrégulière, les requêtes dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire, fixant le délai de départ volontaire et le pays de renvoi, et interdisant le retour sur le territoire français, prises à son encontre, ainsi que les décisions d'assignation à résidence en procédant, doivent être instruites et jugées selon les dispositions de l'article L. 614-9 du même code. Toutefois, ces dispositions et celles de l'article R. 776-17 du code de justice administrative font obstacle à ce que le magistrat désigné en application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, saisi de la situation d'un étranger placé en centre de rétention administrative ou assigné à résidence à la suite d'une décision de refus de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français, examine la décision de refus de séjour qui relève de la compétence d'une formation collégiale.
5. Mme B a été assignée à résidence par une décision du préfet de l'Hérault du 31 mars 2023. Dès lors, il appartient au magistrat désigné de statuer sur la légalité des décisions du même jour par lesquelles cette autorité l'a obligée à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de un an. En revanche, il appartient seulement à une formation collégiale du tribunal administratif de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 30 mars 2023 par laquelle le préfet de l'Hérault a refusé à la requérante la délivrance d'un titre de séjour. Il y a lieu, par suite, de renvoyer en formation collégiale les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de cette décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, ainsi que les conclusions accessoires afférentes à cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant d'accorder un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination :
6. Par un arrêté n° 2023-02-60 du 28 février 2023, régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture n° 25 du même jour, le préfet de l'Hérault a accordé à Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration, une délégation de signature " pour les matières relevant des attributions du ministère de l'intérieur () ", parmi lesquelles figurent la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que la préfète du Gard a procédé à un examen particulier de la demande présentée par Mme B et a motivé sa décision.
En ce qui concerne la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :
8. Contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort pas de la lecture de la décision attaquée que le préfet s'est estimé lié par les critères posés par les articles L. 612-2 et L. 613-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français pour contester la décision portant refus d'un délai de départ volontaire.
10. Pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire à Mme B, le préfet de l'Hérault s'est fondé sur les dispositions précitées des 2° et 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si Mme B dispose d'une adresse stable et permanente au domicile de sa sœur a Alès, elle a présenté une fausse carte d'identité italienne pour obtenir un titre de séjour et exercer une activité professionnelle et a indiqué aux services de police qu'elle ne se conformerait pas à son obligation de quitter le territoire français. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
11. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français pour contester la décision portant fixant le pays de destination.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :
12. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français pour contester la décision portant interdiction de retour.
13. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français.". Selon l'article L. 612-10 dudit code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
14. L'ensemble des circonstances propres à la situation de Mme B, célibataire sans enfant, qui ne justifie pas de la durée de son séjour, et a fait usage d'un faux document italien pour se voir reconnaître un droit au séjour et exercer une activité professionnelle, est de nature à justifier légalement dans son principe et sa durée la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, qui n'est pas disproportionnée.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions prises par le préfet de l'Hérault le 30 mars 2023 portant obligation de quitter le territoire français, refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an sont rejetées. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter également ses conclusions présentées au titre des frais du présent litige.
DECIDE :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 mars 2023 du préfet de l'Hérault en tant qu'il porte refus de séjour et les conclusions accessoires à cette décision sont renvoyées à la formation collégiale.
Article 3: Le surplus de la requête est rejetée.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de l'Hérault et à la préfète du Gard.
Fait à Nîmes le 24 avril 2023.
La magistrate désignée,
F. E
La greffière,
A. NOGUEROLa République mande et ordonne au préfet de l'Hérault en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2301363
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026