vendredi 6 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2301415 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GUILLEMAT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée 19 avril 2023, Grand Delta habitat venant aux droits de Vallis Habitat, représenté par Me Pilone, demande au tribunal :
Au regard des conclusions de la première expertise :
1°) de condamner solidairement les sociétés Selmac, Ingeflux ainsi que leurs assureurs à lui verser la somme totale de 201 200 euros HT au titre des désordres par eux causés et reconnus comme leur étant imputables ;
2°) de condamner solidairement la société Massilia Etanchéité ainsi que son assureur à lui verser une somme de 12 189 euros HT à titre de provision pour les désordres causés et reconnus comme lui étant imputables ;
3°) de condamner solidairement les sociétés Selmac, Ingeflux, Massilia Etanchéité ainsi que leurs assureurs à verser la somme de 34 642, 80 euros, des frais d'expertise judiciaire, des frais d'avocat et de la commande du rapport d'audit Process, subis par Grand Delta Habitat ;
Au regard des conclusions de la 2ème expertise :
4°) de condamner solidairement les sociétés Selmac et Ingeflux, ainsi que leurs assureurs à lui verser la somme de 69 700 euros HT au titre des désordres subis ;
Au regard de tous les désordres subis :
5°) de condamner solidairement les sociétés Selmac, Ingeflux, Massilia Etanchéité ainsi que leurs assureurs à lui verser la somme de 50 000 euros au titre du préjudice d'image ;
6 °) de mettre à la charge des sociétés Selmac, Massilia Etanchéité, du bureau d'études Ingeflux ainsi que leurs assureurs le paiement de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-les lots n°13 Climatisation, ventilation, chauffage et n°14 plomberie, sanitaires ont été confiés à la société Selmac. Les travaux ont été réceptionnés avec réserves le 28 octobre 2015 et les réserves ont été levées le 18 novembre 2015 ;
-le lot n°4 étanchéité, isolation toiture terrasse a été confié à l'entreprise Massilia étanchéité ; le procès-verbal de levée des réserves du 18 novembre 2015 a maintenu la réserve liée aux fuites dans le hall d'accueil et le maître d'ouvrage a refusé de valider le décompte général définitif de l'entreprise ;
-à compter du 29 juin 2017, une fuite sur le réseau d'eau chaude est signalée, l'importance et la fréquence des fuites va s'accroitre à compter de l'année 2017 ; les problèmes de fuites apparaissent en chaufferie sur les réseaux en cuivre ; hors chaufferie, sur les équipements métalliques présents sur le réseau d'eau chaude sanitaire qui sont corrodés ; sur tout le réseau d'adduction d'eau froide et d'eau chaude sanitaire en PVC pression sur lesquels les collages de raccordement cèdent les uns après les autres ; une déclaration de sinistre dommage ouvrage est effectuée le 26 avril 2018 ; Au cours de l'expertise judiciaire diligentée par ordonnance du 22 janvier 2019, des désordres affectant les chaudières de production d'eau chaude sont constatés ;
-les désordres affectant les réseaux d'eau chaude et d'eau froide de l'EHPAD sont de nature décennale et entrent dans le champ d'application de la garantie décennale ; ils rendent le circuit d'eau chaude impropre à sa destination dès lors que la température minimale pour éviter toute contamination ne peut être atteinte ;
-ils sont apparus après la réception de l'ouvrage ;
-selon l'expert ils trouvent leur origine dans un défaut de conception lors de la réalisation des notes de calcul (circuit sous-dimensionné) par la société Selmac ;
-les désordres sont imputables à la société Selmac et au bureau d'études Ingéflux chargé du contrôle de conformité et des missions Visa, Det et Aor ;
-des travaux importants de reprise des réseaux cuivre d'eau chaude doivent être effectués et sont chiffrés par l'expert à un montant de 168 500 euros HT ;
-la condamnation solidaire des sociétés Selmac et Ingéflux n'est pas sérieusement contestable ni dans son principe ni dans son montant ;
-les désordres affectant les réseaux d'adduction d'eau froide et chaude sanitaire en matière synthétique ont été constatés par l'expert ; leur constat sur le faux plafond de la salle de restaurant, le faux plafond du couloir, la laverie, la gaine palière du deuxième étage et le faux plafond du local cuisine ont permis à l'expert d'en déduire que des désordres existent en d'autres endroits du réseaux et le mettent en danger notamment s'agissant du maintien de la température règlementaire et rendent le réseau d'adduction d'eau froide et chaude sanitaire en matière synthétique impropre à sa destination ;
-pour ces désordres un partage de responsabilité de 60% pour la société Selmac et 40% pour Ingéflux est retenue par l'expert ;
-le montant des travaux au titre de la reprise des désordres constatés sur le réseau d'adduction d'eau froide et chaude sanitaire en matière synthétique est évalué à 168 500 euros HT et devra être mis à la charge solidaire de Selmac et Ingéflux ;
- en ce qui concerne le désordre relatif à la fuite au niveau du raccord du détendeur sur le réseau d'arrivée générale d'eau froide en chaufferie, l'expert retient que ce désordre était lié à un défaut de mise en œuvre par la société Selmac, en ce que le tube n'a pas été positionné dans l'axe du détendeur :
- en ce qui concerne les désordres touchant les réseaux d'eau chaude et d'eau froide sanitaire de la partie cuisine, l'expert préconise des travaux de reprise de ces réseaux également selon l'hypothèse n°5 du rapport Audit Process produit durant l'expertise, pour un montant de 8 500 euros HT ;
-l'expert met en évidence un risque de brûlure et préconise des travaux de contrôle et de réglage permettant d'éviter à l'avenir des brûlures d'un montant de 2 200 euros HT ;
- En ce qui concerne les frais relatifs aux études et à la maitrise d'œuvre pour ces travaux, l'expert retient la somme de 22 000 euros HT, correspondant à 10% des travaux préconisés ;
-ces sommes seront mises à la charge solidaire de Selmac et Ingéflux ;
-s'agissant des désordres provenant des infiltrations d'eau en toiture (Lot n°4) ; Les infiltrations d'eau en provenance de la toiture sont localisées dans le hall d'accueil où les résidents circulent quotidiennement afin de se rendre dans leurs logements, à la cafétéria ou sortir du foyer, elles sont ainsi de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination ;
-en l'absence de levée des réserves concernant les infiltrations sur ce lot, les relations contractuelles entre Grand Delta Habitat et la société Massilia Etanchéité ne sont ainsi toujours pas terminées, ce qui autorise l'exposant à engager la responsabilité contractuelle du constructeur en l'espèce ;
-selon l'expert, les désordres sont imputables à un défaut de mise en œuvre de l'isolant puis de la membrane d'étanchéité qui devait être posée sur une surface plane, ce désordre est imputable à l'entreprise Massilia étanchéité ;
-l'expert chiffre le montant des travaux propres à remédier aux désordres à un montant de 12 189 euros HT soit 13 622,10 euros TTC ; montant qu'il y a lieu de mettre à la charge de l'entreprise Massilia étanchéité ;
-s'agissant des désordres affectant les préparateurs ECS relativement à leur maintenance, ils entrent dans le champ d'application de la garantie décennale dès lors que les désordres affectant l'installation de chauffage rendent les chaudières impropres à leur destination, la température de l'eau pouvant s'évérer insuffisante ;
-l'expert fixe l'imputabilité du désordre à 80% à 90% pour Selmac et 10%à 20% pour ingélux ;
-il chiffre le montant des travaux pour remédier aux désordres à 69 700 euros HT qui doivent être supportés par Selmac et Ingéflux et leurs assureurs de manière solidaire ;
-les frais de réalisation de l'étude d'Audit Process dans le cadre de la première expertise d'un montant de 3 800 euros HT (4 560 euros TTC) et dans la seconde expertise d'un montant de 2 800 euros HT (3 360 euros TTC) seront mis à la charge solidaire de Selmac et Ingéflux ;
- Grand Delta Habitat a ainsi exposé au titre des frais d'avocat lors des opérations d'expertise les sommes globales de 6 211, 80 euros et 7 483 euros qui devront faire l'objet d'un remboursement solidaire par les sociétés Selmac, Massilia Etanchéité et le bureau d'études Ingeflux ;
-les frais d'expertise d'un montant de 23 929,20 euros TTC et 8 528 euros TTC seront mis à la charge solidaire des sociétés Selmac, Massilia Etanchéité et du bureau d'études Ingeflux ;
- les désordres subis par l'EHPAD causent irrémédiablement atteinte à l'image de Grand Delta Habitat à l'égard des communes qui désireraient implanter sur leur territoire un EHPAD, qui doit être évalué à une somme de 50 000 euros au paiement de laquelle les sociétés Selmac, Massilia et le bureau d'études Ingeflux ainsi que leurs assureurs seront condamnés solidairement.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 mai 2023, la Société Veolia Energie France, représentée par Me Cabanes conclut à l'irrecevabilité de la requête ;
Elle fait valoir que :
-aucune demande de condamnation est dirigée à son encontre ;
- étant en charge de la maintenance de l'ouvrage, elle a été logiquement mise hors de cause par l'expert puisque les désordres concernaient exclusivement les entreprises de construction ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 mai 2023, le 10 juillet 2023 et le 12 juillet 2023, l'Auxiliaire, en qualité d'assureur de responsabilité de la société Ingeflux depuis 2015, représentée par Me Gasq conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire condamner in solidum la Compagnie Aviva Assurances, le Bet Fluides Ingeflux Sa Axa France Iard la société Selmac La société Massilia Etanchéité à la relever et garantir de toute condamnation qui seraient prononcées à son encontre et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de tout succombant au titre de l'article L-761 -1 du code de procédure administrative.
Il fait valoir que :
-le juge administratif est incompétent pour connaître de l'action de la personne publique à l'égard de l'assureur même si l'appréciation de la responsabilité de l'assuré relève de sa compétence ;
-n'étant pas assureur de la société Ingeflux au moment de la déclaration d'ouverture du chantier, elle ne peut avoir à mobiliser ses garanties concernant les désordres matériels qui relèvent de la garantie des articles 1792 et suivants ;
-aucune des garanties dont bénéficie Ingéflux au titre de sa police d'assurance ne peut être mobilisée concernant un prétendu préjudice d'image qui correspond peu ou prou au préjudice moral pour une personne morale et, en tout état de cause, le préjudice d'image est contestable tant dans son principe que dans le chiffrage alors qu'aucun élément probatoire n'est apporté par Grand Delta Habitat qui se contente de faire état d'une image potentiellement négative pour de futurs projets.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2023, la SAS Sud-Est prévention et la société QBE Europe SA/NV, représentées par Me Tertian concluent au rejet de toute demande de condamnation formée à leur encontre et à ce que le versement à leur profit d'une somme de 3000 euros soit mis à la charge de Grand Delta Habitat et de tout succombant sur le fondement des dispositions de l'Article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Elles soutiennent :
-qu'aucune demande n'est formulée à leur encontre ;
- que toute demande provisionnelle qui serait formée à l'encontre de la société Sud Est Prevention et de son assureur se heurterait à l'existence de multiples contestations sérieuses dès lors qu'ainsi que l'a retenu l'expert judiciaire, le contrôleur technique Sud est prévention auquel aucune note de calcul ou choix de matériels relatif au réseau ECS n'a été soumise ne peut engager aucune responsabilité et que son intervention a été conforme à la norme NF P 03-100 régissant l'activité de contrôle technique ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2023, la SA AXA France Iard et la SARL Ingeflux, représentées par Me Levetti concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Grand Delta Habitat au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
Elles soutiennent que :
-les demandes se heurtent à une contestation sérieuse, dès lors que s'agissant de la première expertise, le montant des travaux n'ayant fait l'objet que d'une estimation réalisée par l'expert en 2018 et la répartition des responsabilités entre Selmac et Ingeflux devra être discutée dans le cadre de la procédure au fond ;
-les demandes effectuées sur la base de la deuxième expertise sont infondées dès lors que s'il est reproché à la société de ne pas avoir laissé une distance minimale de 30 cm au-dessus de la chaudière pour le démontage du brûleur, non seulement une telle distance n'était pas imposée mais elle est insuffisante pour permettre un démontage vertical du brûleur au demeurant non imposé par la notice d'utilisation ;
-l'évaluation du préjudice est discutable dès lors que la solution la plus onéreuse est retenue, qu'elle prend en compte sans la chiffrer une amélioration du système qui ne doit pas être à la charge des constructeurs et que dès lors qu'il n'est pas contesté que les chaudières fonctionnent, l'intervention de deux personnes pour réaliser l'entretien dans de bonnes conditions pour un coût annuel de 1 181,50 euros HT à 2 363 euros HT sur dix ans serait moins onéreux, en outre le préjudice doit être évaluée sur la période décennale et non sur la durée de vie du matériel ; le remplacement systématique de l'isolant (endommagé par la maintenance du brûleur par basculement) jusqu'à la fin de délai décennal aboutirait à une dispense de 1 180 euros HT ; la solution ainsi préconisée aboutirait à un montant de 21 550 euros HT bien inférieur au montant des travaux retenu par l'expert de 68 000 euros ; la vétusté des préparateurs d'eau chaude sanitaire doit être prise en compte à hauteur de 35% à 46% à la date d'assignation de janvier 2021 ;
-la répartition des responsabilités entre Selmac et Ingeflux retenue par l'expert n'est pas justifiée en raison de l'incomplétude des documents transmis par Selmac à Ingeflux ;
-le fabricant qui a lui-même procédé à la mise en service des installations n'a pas été attrait aux opérations d'expertise ;
-s'agissant du coût de la mission d'Audit Process, aucune facture n'est produite ;
-l'atteinte à l'image n'est étayée d'aucun justificatif ;
-l'absence de préjudice de jouissance est retenue par l'expert en l'absence de tout arrêt de fonctionnement du système ;
- le contrat s'assurance avec AXA de la société INGEFLUX était en vigueur au moment de la déclaration d'ouverture du chantier mais il a été résilié en 2015, ainsi et dans le cas où le désordre ou le vice ne serait pas de nature décennale, la police de la Compagnie AXA ne pourra être mobilisée ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, la SMABTP, assureur de la société Massilia Etanchéité, représentée par Me Oosterlynck, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de grand delta Habitat au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-l'étendue de sa garantie constitue une contestation sérieuse à la demande ; en raison de la résiliation du contrat d'assurance avec effet au 1er janvier 2016, la garantie de la SMABTP est susceptible d'être mobilisée, uniquement pour la prise en charge des travaux de réparation des désordres d'ordre décennal, à l'exception des dommages matériels consécutifs et des dommages immatériels, ses garanties étant déclenchées par la réclamation, conformément aux dispositions d'ordre public de l'article L.124-5, alinéa 4 du Code des assurances ;
-s'agissant du préjudice d'image, il n'est pas justifié et ne relève pas des garanties mobilisables auprès de la SMABTP ;
-dès lors que les désordres provenant des infiltrations d'eau en toiture, ont été constatés lors de la réception des travaux la garantie décennale n'est pas mobilisable ;
-la demande en garantie formulée par l'Auxiliaire à l'égard de Massilia Etanchéité doit être rejetée en raison de la mise en liquidation judiciaire de la société ;
-la demande en garantie formulée à son égard par l'Auxiliaire concernent des désordres sur chaudières sans lien avec les désordres affectant les ouvrages réalisés par la société Massilia Etanchéité provenant d'infiltrations d'eau en toiture et devra être également rejetée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2023, la Mutuelle des architectes français, en qualité d'assureur de la société architecture environnement et de la société A C, représentée par Me Fliniaux conclut à l'irrecevabilité de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Grand delta habitat au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
-le tribunal est incompétent pour statuer sur sa mise en cause ;
-Grand delta habitat ne présentant aucune demande à son encontre, la requête est irrecevable ;
-ses garanties sont mobilisables dans les limites et conditions de la police qui contient une franchise opposable aux tiers lésés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 septembre 2023, la SA Abeille Iard et Santé, assureur de la société Selmac, anciennement dénommée Aviva Assurances, représentée par Me Guillemat conclut à l'irrecevabilité de la requête, à sa mise hors de cause, à titre subsidiaire à son rejet, à titre infiniment subsidiaire à la condamnation in solidum des sociétés Selmac, Ingeflux, Sud Est Prevention et leurs assureurs respectifs à supporter les condamnations susceptibles d'être mises à leur charge à parts égales et en tout état de cause à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Grand delta habitat au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- sa mise en cause relève de la compétence des tribunaux judiciaires ;
- les demandes sont sérieusement contestables :
*s'agissant de la première expertise, Grand Delta Habitat sollicite la somme de 201.200 € sans aucun lien avec l'estimation retenu par l'expert judiciaire et sans justifier d'un quelconque devis faisant naître une contestation sérieuse sur la demande ;
*s'agissant des désordres affectant les réseaux cuivre dans la chaufferie, aucune fuite n'a été constatée depuis 2017, il n'est pas tenu compte des modifications apportées après réception de l'ouvrage par la société en charge de la maintenance et Grand Delta habitat sollicite une somme de 168 500 euros HT pour remédiés aux désordres chiffrés par l'expert à 40 300 euros HT +/- 15% ;
*s'agissant des désordres affectant les réseaux synthétiques d'eau chaude et d'eau froide sanitaire dans la partie hébergement et dans la cuisine, les six fuites alléguées sont purement ponctuelles et extrêmement localisées de sorte qu'à ce jour il n'est nullement démontré une quelconque impropriété à destination des installations nécessitant leur reprise totale ;
*s'agissant des dispositifs anti-brûlure, la recommandation pour lutter contre ce risque est postérieure à la date des travaux et constitue une amélioration de l'ouvrage qui doit rester à la charge de maître de l'ouvrage ;
*s'agissant des demandes au titre de la deuxième expertise, les conclusions de l'expert sont en contradiction avec ses constats d'absence de de désordre sur les chaudières dont le fonctionnement n'a jamais été interrompu ;
- l'imputabilité de responsabilité retenue à l'issue de la première expertise, 60% pour Selmac et 40% pour le bureau d'étude Ingeflux fait fî de la responsabilité de Sud Est prévention eu égard à ses missions et à la faute commise dans l'accomplissement de ses missions ;
- l'imputabilité de responsabilité reconnue à l'issue de la 2ème expertise omet la responsabilité de la société Sud Est Prévention.
-le préjudice d'image n'est pas établi ;
-la société Abeille IARD IET Sanet est fondée à opposer à son assuré, le montant de sa franchise au titre de la garantie décennale, et à l'ensemble des parties les plafonds de garanties et franchises contractuelles au titre des autres garanties.
Le président du tribunal a désigné Mme Boyer, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code des assurances ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Pour réaliser la construction d'un établissement d'hébergement des personnes âgées dépendantes (EHPAD) à l'Ile-sur-la-Sorgue, grand Avignon résidence devenu Grand Delta habitat a confié la maîtrise d'œuvre à Architecture environnement selon une mission complète. Les lots n° 13 Climatisation Ventilation Chauffage n°14 - Plomberie Sanitaires- ont été confiés à la société Selmac et le lot n° 4 Etanchéité Isolation Toiture terrasse a été confié à l'entreprise Massilia Etanchéité. A la suite du constat de diverses fuites apparues à compter de 2017 sur le réseau de production d'eau chaude et d'eau froide sanitaire, une expertise est diligentée par ordonnance du 22 janvier 2022 désignant M. B en qualité d'expert portant également sur divers désordres dont les désordres constatés sur l'étanchéité de l'isolation de la toiture terrasse. Le rapport est rendu le 23 janvier 2021. Au cours de l'expertise au sein de l'EHPAD relative aux désordres touchant les installations d'eau chaude sanitaire et d'eau froide, l'expert constate les désordres objet de l'expertise au niveau de la chaufferie et demande à Grand Avignon Résidences, devenu Mistral Habitat puis Grand Delta Habitat de lui fournir une étude et les devis lui permettant de déterminer les travaux à mener pour y remédier. Le cabinet Audit Process réalise l'étude demandée et fournit plusieurs hypothèses de travaux et d'estimation de coûts afin de remédier aux désordres, notamment en ce qui concerne les chaudières. Par ordonnance du 1er avril 2021 M. B est désigné pour constater les désordres touchant les chaudières, il rend son rapport le 1er août 2022. Sur la base de ces deux expertises, Grand delta Habitat demande au juge des référés sur le fondement de l'article R.541-1 du code de justice administrative de condamner sociétés Selmac, Ingeflux et leurs assureurs à lui verser une provision de 201.200 € HT au titre de la réparation des désordres liés à la première expertise, 34.642,80 € au titre des frais d'expertise judiciaire, frais d'avocats et frais d'expert amiable et 69.700,00 € HT au titre des désordres liés à la seconde expertise et 50.000,00 € au titre d'un préjudice d'image.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 124-3 du code des assurances : " Le tiers lésé dispose d'un droit d'action directe à l'encontre de l'assureur garantissant la responsabilité civile de la personne responsable ". Si l'action directe ouverte par l'article L.124-3 du code des assurances à la victime d'un dommage ou à l'assureur de celle-ci subrogé dans ses droits, contre l'assureur de l'auteur responsable du sinistre, tend à la réparation du préjudice subi par la victime, elle se distingue de l'action en responsabilité contre l'auteur du dommage en ce qu'elle poursuit l'exécution de l'obligation de réparer qui pèse sur l'assureur en vertu du contrat d'assurance. Il s'ensuit qu'il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative. Par suite, les conclusions présentées par Grand Delta Habitat à l'encontre des assureurs des sociétés Selmac, Ingeflux et Massilia Etanchéité, à savoir les sociétés Auxiliaire, SA AXA France Iard, SMABTP et Aviva assurance devenu Abeille Iard et santé, sont irrecevables en tant qu'elles sont portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître et doivent être rejetées.
3. Par suite, les conclusions de l'Auxiliaire tendant à la condamnation in solidum de la Compagnie Aviva Assurances, du Bet Fluides Ingeflux, de Axa France Iard, de la société Selmac et de la société Massilia Etanchéité à la relever et garantir de toute condamnation qui seraient prononcées à son encontre sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur l'étendue du litige :
4. S'il est constant que Grand Delta Habitat a formellement inscrit en défendeurs les sociétés Architecture Environnement, Mutuelle des architectes français, SARL TPK, Sud-Est Prévention SA, QBE Insurance Europe Limited, Veolia Energie France, SOMEGEC, Aeras Dommages, M. A C et l'association le Clos des Lavandes, il résulte de ses écritures qu'aucune demande n'est dirigée à leur encontre. Par suite, ces sociétés, M. C, architecte, et l'Association le Clos des Lavandes doivent être mis hors de cause.
Sur les conclusions tendant au versement d'une provision :
5.Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle qui résulte du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
En ce qui concerne la mise en œuvre de la responsabilité décennale :
6. Il résulte des écritures de Grand Delta habitat, que ce dernier entend se prévaloir de la garantie décennale des constructeurs à l'égard des sociétés Selmac et Ingeflux s'agissant des désordres affectant les réseaux d'eau chaude et d'eau froide sanitaires ainsi que la maintenance des chaudières.
7. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables. Il incombe au juge administratif, lorsqu'est recherchée devant lui la responsabilité décennale des constructeurs, d'apprécier, au vu de l'argumentation que lui soumettent les parties sur ce point, si les conditions d'engagement de cette responsabilité sont ou non réunies et d'en tirer les conséquences, le cas échéant d'office, pour l'ensemble des constructeurs. La responsabilité décennale du constructeur peut être recherchée pour des dommages survenus sur des éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage s'ils rendent celui-ci impropre à sa destination. La circonstance que les désordres affectant un élément d'équipement fassent obstacle au fonctionnement normal de cet élément n'est pas de nature à engager la responsabilité décennale du constructeur si ces désordres ne rendent pas l'ouvrage lui-même impropre à sa destination.
8. Le caractère décennal de ces désordres n'est pas contesté par les sociétés Selmac et Ingéflux. Toutefois il résulte de l'expertise du 1er août 2022 que l'expert a estimé que le désordre dû au positionnement des chaudières rendant difficile leur maintenance n'est pas de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage. Même si cette réponse n'est pas satisfaisante elle est la seule donnée à la question du tribunal sur le fait de savoir si les désordres sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou à le rendre impropre à sa destination dans l'immédiat ou à terme. L'expert précise au demeurant qu'aucun arrêt des chaudières ne lui a été signalé depuis leur mise en service et s'il estime qu'un risque de ne pas délivrer la température règlementaire existe, aucun constat ni relevé de température n'a été fait. Il résulte ainsi des pièces produites que le caractère décennal de ce désordre n'étant pas établi en l'état de l'instruction, la demande de Grand Delta Habitat ne peut être regardée pour ce qui le concerne comme non sérieusement contestable.
9. Grand Delta Habitat demande au titre des désordres constatés sur le réseau d'eau chaude et d'eau froide sanitaire une provision d'un montant global de 201 200 euros HT. La société Ingéflux fait valoir que le montant des travaux à réaliser pour pallier les désordres constatés repose sur une simple évaluation réalisée en 2018, que la solution retenue par l'expert comprend une amélioration du réseau d'eau qui n'est pas chiffrée et doit demeurer à la charge du maître de l'ouvrage et ne tient pas compte de la vétusté de l'installation. Il résulte de l'expertise du 23 janvier 2021 que l'expert a repris les diverses hypothèses de travaux émises dans le rapport d'Audit process sans les exposer et semble en choisir une pour chaque poste de dépenses en des termes au demeurant dénués de clarté et de précision. Outre que le montant demandé ne correspond ni au chiffrage des différents désordres listés dans la requête ni à celui effectué par l'expert, Grand Delta Habitat ne justifie pas des sommes qu'il entend engager pour remédier aux désordres constatés. Par suite, le montant de la créance qu'il revendique au titre de ce préjudice n'apparaît pas comme non sérieusement contestable.
10. Il résulte de ce qui précède que les demandes de provision de 201 200 euros HT et 69 700 euros HT afférentes à ces désordres doivent être rejetées.
En ce qui concerne la mise en œuvre de la responsabilité contractuelle de la société Massilia Etanchéité :
11. La réception d'un ouvrage est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve. Elle vaut pour tous les participants à l'opération de travaux, même si elle n'est prononcée qu'à l'égard de l'entrepreneur, et met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage. Si elle interdit, par conséquent, au maître de l'ouvrage d'invoquer, après qu'elle a été prononcée, et sous réserve de la garantie de parfait achèvement, des désordres apparents causés à l'ouvrage ou des désordres causés aux tiers, dont il est alors réputé avoir renoncé à demander la réparation, elle ne met fin aux obligations contractuelles des constructeurs que dans cette seule mesure. Ainsi la réception demeure, par elle-même, sans effet sur les droits et obligations financiers nés de l'exécution du marché, à raison notamment de retards ou de travaux supplémentaires, dont la détermination intervient définitivement lors de l'établissement du solde du décompte définitif. Seule l'intervention du décompte général et définitif du marché a pour conséquence d'interdire au maître de l'ouvrage toute réclamation à cet égard.
12. Il ressort du procès-verbal de réception du lot n° 4 Etanchéité, en dates du 28 octobre 2015, que les réserves suivantes ont été émises : fuite jardinière volume de liaison, recollement grilles EP sur tropézienne, fuite sur hall d'accueil et fourniture DOE, que par procès-verbal de de levée des réserves du 18 novembre 2015, il a été constaté que les travaux avaient été réalisés à l'exception de la fourniture DOE et la bouche de ventilation du salon dans foyer logement. En se bornant à produire ces documents, Grand Delta Habitat ne démontre pas quand bien même se serait-il abstenu de valider le décompte général définitif de l'entreprise que des réserves auraient été maintenues lors de la réception du lot n°4 concernant les désordres constatés sur l'étanchéité de l'isolation de la toiture terrasse. Par suite, sa demande de provision fondée sur l'engagement de la responsabilité contractuelle de la société Massilia Etanchéité ne peut être regardée comme non sérieusement contestable.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la demande de provision de Delta Habitat présentée à l'égard de la société Massilia Etanchéité doit être rejetée.
En ce qui concerne le préjudice d'image :
14. Grand Delta Habitat soutient que les désordres subis par l'EHPAD causent irrémédiablement atteinte à l'image de Grand Delta Habitat à l'égard des communes qui désireraient implanter sur leur territoire un EHPAD, qui doit être évalué à une somme de 50 000 euros au paiement de laquelle les sociétés Selmac, Massilia et le bureau d'études Ingeflux seront condamnés solidairement. En l'absence de tout élément permettant d'établir l'existence d'un tel préjudice, la demande de provision porte sur une créance qui ne peut être regardée comme non sérieusement contestable. Elle doit par suite être rejetée.
Sur les dépens et les frais engagées aux cours des opérations d'expertise :
15. Il n'y a pas lieu de condamner solidairement à titre de provision les sociétés Selmac, Ingeflux, Massilia Etanchéité à verser la somme de 34 642, 80 euros au titre des frais d'expertise judiciaire, des frais d'avocat et de la commande du rapport d'audit Process.
Sur les frais liés à l'instance :
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions formulées par les autres parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Les sociétés Auxiliaire, Architecture Environnement, Mutuelle des architectes français, SARL TPK, Sud-Est Prévention SA, QBE Insurance Europe Limited, Veolia Energie France, SOMEGEC, Aeras Dommages, M. A C et l'association le Clos des Lavandes sont mis hors de cause.
Article 2 : : La requête de Grand Delta Habitat est rejetée.
Article 3 : Les conclusions reconventionnelles de la société Auxiliaire sont rejetées.
Article 4 : Les conclusions présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Grand Delta Habitat et aux sociétés Selmac, Ingeflux, Massilia Etanchéité, SA AXA France Iard, SMABTP, Aviva assurance devenu Abeille Iard et santé, Architecture Environnement, Mutuelle des architectes français, SARL TPK, Sud-Est Prévention SA, QBE Insurance Europe Limited, Veolia Energie France, SOMEGEC, L'Auxiliaire, Aeras Dommages, M. A C et l'association le Clos des Lavandes.
Fait à Nîmes, le 6 octobre 2023.
La juge des référés,
C. Boyer
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026