mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2301661 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ANEGAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mai 2023, Mme C B, représentée par Me Anegay, demande au tribunal
1°) d'annuler l'arrêté du 3 avril 2023 par lequel la préfète de Vaucluse l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de supprimer l'inscription de l'interdiction de circulation prononcée à son encontre au système d'information Schengen ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, révélant un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- il a été adopté au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'aucune procédure contradictoire n'a été mise en œuvre, en violation de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'une erreur de droit en ce qu'elle est présumée innocente des faits qui lui sont reprochés ;
- il méconnaît son droit au respect à sa vie privée et familiale dès lors qu'elle dispose d'attaches stables et intenses en France ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La procédure a été régulièrement communiquée à la préfète de Vaucluse qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées, a été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Lahmar.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante roumaine, est entrée en France à une date que les pièces du dossier ne permet pas de déterminer. Le 27 mars 2023, elle a été interpellée puis placée en centre de rétention administrative et a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de circulation d'une durée d'un an prononcée par arrêté de la préfète de Vaucluse du 28 mars 2023. Suite à l'annulation des décisions de refus de délai de départ volontaire et d'interdiction de circulation par jugement du 31 mars 2023 de la magistrate désignée du tribunal administratif de Toulouse, la préfète de Vaucluse a de nouveau obligé Mme B à quitter le territoire français, en lui accordant cette fois un délai volontaire de départ de trente jours, par arrêté du 3 avril 2023 dont Mme B demande l'annulation dans la présente instance.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne de façon suffisamment précise et non stéréotypée les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il indique notamment que la magistrate désignée du tribunal administratif de Toulouse a confirmé l'obligation de quitter le territoire français initialement prononcée à l'encontre de la requérante le 28 mars 2023, et annulé les décisions portant refus de délai de départ volontaire et interdiction de circulation, de telle sorte qu'il convenait désormais de lui accorder un délai de départ volontaire de trente jours. En outre, il ne résulte d'aucune des pièces du dossier que la préfète de Vaucluse n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme B. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation révélant un défaut d'examen particulier doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, il résulte de l'ensemble des dispositions du livre II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédures administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger citoyen de l'Union européenne l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, ainsi que les décisions par lesquelles l'administration octroie ou refuse un délai de départ volontaire, fixe le pays à destination duquel il sera reconduit et l'interdit de circuler sur le territoire français. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui fixent les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du même code et prévoient notamment la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable à leur édiction, de même que les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient que les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 de ce code n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations, ne peuvent être utilement invoquées par la requérante à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter de quitter le territoire français. Au surplus, si elle soutient qu'elle disposait d'éléments pertinents à faire valoir auprès des services préfectoraux, elle n'indique nullement quels seraient ces éléments, et ne démontre pas qu'elle aurait cherché à les faire connaître spontanément. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
4. En troisième lieu, si la requérante fait valoir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'elle est présumée innocente des faits qui lui sont reprochés, il ressort des pièces du dossier que la préfète de Vaucluse ne s'est pas seulement fondée sur la menace à l'ordre public que la requérante représenterait mais également sur la charge qu'elle constituerait pour le système d'assistance sociale, ce qu'elle ne conteste pas. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est arrivée en France dans des conditions qui demeurent inconnues, et qu'elle y réside avec ses deux fils et la compagne de l'un d'entre eux. La requérante produit uniquement des fiches de paie pour les mois de mai et juillet 2021, et celles de son fils A pour les mois de juillet 2021 à février 2022. Il n'est pas démontré que la famille disposerait, depuis février 2022, d'autres ressources que les allocations chômage versées à M. A B, la requérante ne produisant notamment pas le contrat de travail dont elle affirme bénéficier. En outre, Mme B et son fils A ont été interpellés par les services de police le 27 mars 2023 pour des faits de vol à l'étalage. La requérante ne produit pas davantage de preuve d'insertion au sein de la société française, tant d'un point de vue personnel que professionnel, alors qu'elle a vécu la majorité de son existence en-dehors du territoire français et que rien ne fait obstacle à ce qu'elle s'installe de nouveau avec sa famille en Roumanie, pays dont ils sont tous ressortissants. Dans ces conditions, elle ne démontre pas avoir fixé en France le centre de ses intérêts privés et familiaux et n'est pas fondée à soutenir que la préfète de Vaucluse a méconnu son droit au respect de leur vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles présentées à fin d'injonction et relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1 er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la préfète de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
M. Chevillard, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
La rapporteure,
L. LAHMAR
Le président,
G. ROUXLa greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026