mercredi 14 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2301796 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BEN HASSINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée, le 17 mai 2023, M. D A, représenté par Me Ben Hassine, demande au tribunal :
- d'annuler l'arrêté n°83-2023-0738 du 16 mai 2023 par lequel le préfet du Var l'oblige à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et lui interdit d'y retourner pour une durée d'un an et fixe son pays de renvoi ;
- d'enjoindre à la préfecture du Var de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, avec une astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de 15 jours suivant la notification de la décision à intervenir ;
- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- sa demande de titre de séjour est en cours d'instruction et de ce fait le préfet a commis une erreur de droit en violation de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ; il est parent d'un enfant français, exerce l'autorité parentale et s'occupe de sa fille.
- la décision est prise en violation de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Sur la décision portant interdiction de retour :
- la motivation est insuffisante ;
- il est fondé à exciper de l'illégalité de l'OQTF ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait concernant sa qualité de célibataire et la nationalité de sa fille ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux conséquences humanitaires ; sa demande de titre de séjour est en cours d'instruction et il a un enfant français
- la décision est prise en violation de l'article 8 de la CEDH et l'article 3-1 de la CIDE ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de la durée ;
Par un mémoire reçu le 14 juin 2023 le préfet du Var conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Abauzit, président honoraire, pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions des L. 614-5, L. 614-6 et L. 614-9, L. 352-4, L. 754-4 et L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
A été entendu au cours de l'audience publique du 14 juin 2023 le rapport de M. Abauzit.
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La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, né le 4 novembre 1988 à Mahares (Tunisie), de nationalité tunisienne, demande d'annulation de l'arrêté du 16 mai 2023 par lequel le préfet du Var l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a pris une interdiction de retour d'une durée d'un an et a fixé le pays de destination.
2. Par arrêté n° 2022/13/MCI du 31 mars 2022, régulièrement publié au Recueil des actes administratifs du même jour, M. B C, chef de bureau, a reçu délégation à l'effet de signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ;/ 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ;". Il ne ressort pas des pièces du dossier que le fondement légal de la mesure d'éloignement, sur le 1° précité, de M. A, qui est entré illégalement en France et qui ne peut produire de titre de séjour, soit erroné. Pour les motifs reproduits dans le premier considérant de l'arrêté attaqué, qui révèlent un comportement menaçant pour l'ordre public, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit en se fondant également sur le 5° précité.
4. La circonstance que M. A a présenté le 14 décembre 2022, dont il a été accusé réception le 19 suivant, une demande de titre de séjour qui reste en cours d'instruction est sans incidence sur la légalité de la mesure d'éloignement attaquée.
5. Si M. A fait valoir qu'il est marié à une ressortissante tunisienne, alors que l'arrêté le désigne comme célibataire, il résulte de l'instruction que le préfet du Var aurait pris la même décision s'il avait pris en compte l'existence de cette union.
6. Aux termes de l'article L. 611-3 du même code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () ; 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans (). ". M. A ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éduction de sa fille de nationalité française dans les conditions précitées, et ne peut bénéficier de plein droit d'un titre de séjour qui ferait obstacle à son éloignement.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". M. A, qui résidait jusqu'en 2022 en Tunisie avec sa fille, dont il a la charge, ne justifie pas d'une impossibilité d'y poursuivre à nouveau sa vie privée et familiale. Le moyen tiré d'une violation des stipulations précitées ne peut être qu'écarté. Pour les mêmes motifs doit être écarté le moyen tiré d'une erreur manifeste commise dans l'appréciation de sa situation personnelle.
8. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". L'enfant Ammina, de nationalité française, née le 29 novembre 2014, a toujours, selon M. A, vécu avec son père. La décision d'éloignement ne porte dès lors pas atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant, qui est de vivre avec son père et qui pourra être scolarisée en Tunisie.
Sur l'interdiction de retour :
9. L'illégalité de l'obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de l'interdiction de retour, ne peut être qu'écarté.
10. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français " et aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
11. La décision portant interdiction de retour fait mention des textes applicables et, s'agissant des faits, de l'entrée irrégulière malgré des précédentes mesures d'éloignement, des démarches administratives afin de régulariser sa situation en France, qu'il est connu à plusieurs reprises du fichier des empreintes digitales et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public, qu'il est célibataire et a une fille née en 2014 de nationalité française, , que l'intéressé et son enfant ont vécu la majorité de leur vie en Tunisie et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches en Tunisie, qu'il est connu pour des faits de vols et d''agression sexuelle en réunion. La décision est ainsi suffisamment motivée, tant en droit qu'en faits.
12. D'une part M. A ne justifie pas de l'existence de circonstances exceptionnelles de nature à faire obstacle à la prise d'une interdiction de retour, qui n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. D'autre part le préfet du Var a pris en compte, ainsi qu'il est dit au point 10, la situation de M. A. Dans ces conditions le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en fixant à un an la durée d'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à l'encontre du requérant.
13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 8 les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 mai 2023. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1ERer : La requête de M. D A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au préfet du Var et à Me Ben Hassine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2023.
Le magistrat désigné,
F. ABAUZIT
La greffière,
E. PAQUIER
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2301796
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026