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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2301878

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2301878

mardi 19 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2301878
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP BREUILLOT - VARO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 mai 2023 et le 3 juillet 2023, M. B... A..., représenté par la SELARL Breuillot et Avocats, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 12 avril 2023 par lequel la préfète de Vaucluse a rejeté sa demande de titre de séjour « salarié », l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d’enjoindre à la préfète de Vaucluse de lui délivrer, dans le délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir, un titre de séjour « salarié » ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
l’arrêté attaqué est signé par une autorité qui n’est pas habilitée ;
l’arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de son droit à être entendu ;
l’arrêté attaqué est entaché d’un défaut d’examen sérieux et personnalisé ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour « salarié » :
-
elle est entachée d’une erreur de droit dès lors que la préfète n’a pas fait application des stipulations du paragraphe 42 de l’article 4 de l’accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, que la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « salarié » n’est pas réservée aux seuls ressortissants sénégalais bénéficiant d’un visa long séjour, et qu’il a droit, en application de ces stipulations, à la délivrance d’un titre de séjour « salarié » car il fait partie de la liste des métiers énumérés à l’annexe IV de cet accord ;
-
elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation dès lors que la préfète n’a pas retenu l’existence de motifs exceptionnels ou humanitaires ;
-
elle méconnaît la circulaire du 26 novembre 2012 ;
-
elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
elle doit être annulée par voie de conséquence de l’illégalité entachant la décision portant refus de titre de séjour « salarié » ;
elle est contraire au récépissé valable jusqu’au 23 juin 2023 dont il est titulaire ;
elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elle ne tient pas compte de son état de santé ;
elle méconnaît les dispositions du 9° de l’article L. 611-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2023, la préfète de Vaucluse conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 5 septembre 2023.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
la convention du 1er août 1995 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal sur la circulation et le séjour des personnes ;
l’accord du 23 septembre 2006 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Sénégal relatif à la gestion concertée des flux migratoires et l’avenant à cet accord signé le 25 février 2008 ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de M. Aymard,
les observations de Me Breuillot représentant M. A....


Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant sénégalais né le 10 janvier 1992, est entré en France le 13 août 2019 sous couvert d’un visa D « étudiant » valant titre de séjour « étudiant » valable du 26 juillet 2019 au 25 juillet 2020. L’intéressé ayant sollicité un changement de statut en vue de la délivrance d’un titre de séjour « salarié », il a fait l’objet le 10 septembre 2021 d’une décision portant refus de titre de séjour « salarié » assorti d’une obligation de quitter le territoire français dans un délai de 60 jours. Par un jugement du 19 avril 2022, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté la requête dirigée contre cet arrêté du 10 septembre 2021. M. A... ayant présenté en juin 2022 une demande d’admission exceptionnelle au séjour au titre du travail, la préfète de Vaucluse a pris le 12 avril 2023 un arrêté par lequel elle a rejeté sa demande de titre de séjour « salarié », l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi. Par la présente requête, l’intéressé demande au tribunal d’annuler cet arrêté du 12 avril 2023.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne les moyens dirigés contre l’arrêté pris dans son ensemble :

En premier lieu, l’arrêté attaqué a été signé par M. Christian Guyard, secrétaire général de la préfecture de Vaucluse, qui disposait, aux termes d’un arrêté de la préfète de Vaucluse du 9 décembre 2022, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du 14 décembre 2022, d’une délégation à l’effet de signer notamment tous arrêtés ou décisions relevant des attributions de l’Etat dans le département de Vaucluse, à l’exception des arrêtés et décisions de désaffectation des lieux cultuels et des arrêtés de conflit. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence du signataire de l’arrêté contesté doit être écarté.

En deuxième lieu, le droit d’être entendu implique que l’autorité préfectorale, avant de prendre à l’encontre d’un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l’intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu’il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu’elle n’intervienne. Toutefois, dans le cas prévu au 3° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d’un titre de séjour, l’obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d’être entendu n’implique alors pas que l’administration ait l’obligation de mettre l’intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l’obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu’il a pu être entendu avant que n’intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour.

Lorsqu’il sollicite la délivrance ou le renouvellement d’un titre de séjour, l’étranger, en raison même de l’accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu’en cas de refus, il pourra faire l’objet d’une mesure d’éloignement. A l’occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l’administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l’objet d’une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d’apporter à l’administration toutes les précisions qu’il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l’instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l’administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d’éléments nouveaux. Le droit de l’intéressé d’être entendu, ainsi satisfait avant que n’intervienne le refus de titre de séjour, n’impose pas à l’autorité administrative de mettre l’intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l’obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.

Eu égard à ce qui précède, et dès lors que M. A... a pu présenter ses observations à l’occasion du dépôt de sa demande de titre de séjour et au cours de son instruction, le requérant n’est pas fondé à soutenir que son droit à être entendu aurait été méconnu par la préfète de Vaucluse.

En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de l’arrêté en litige que la préfète de Vaucluse a procédé à un examen complet et personnalisé du dossier de M. A.... Par suite, le moyen tiré du défaut d’examen sérieux et personnalisé doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour « salarié » :

En premier lieu, aux termes du paragraphe 42 de l’article 4 de l’accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 susvisé, dans sa rédaction issue du point 31 de l’article 3 de l’avenant signé le 25 février 2008 : « Un ressortissant sénégalais en situation irrégulière en France peut bénéficier, en application de la législation française, d’une admission exceptionnelle au séjour se traduisant par la délivrance d’une carte de séjour temporaire portant : - soit la mention « salarié » s’il exerce l’un des métiers mentionnés dans la liste figurant en annexe IV de l’Accord et dispose d’une proposition de contrat de travail ; / - soit la mention « vie privée et familiale » s’il justifie de motifs humanitaires ou exceptionnels ». Aux termes de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L’étranger dont l’admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu’il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié », « travailleur temporaire » ou « vie privée et familiale », sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1. (…) ». Les stipulations du paragraphe 42 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 relatif à la gestion concertée des flux migratoires, dans sa rédaction issue de l’avenant signé le 25 février 2008, renvoyant à la législation française en matière d’admission exceptionnelle au séjour des ressortissants sénégalais en situation irrégulière rendent applicables à ces ressortissants les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Dès lors, le préfet, saisi d’une demande d’admission exceptionnelle au séjour par un ressortissant sénégalais en situation irrégulière, est conduit, par l’effet de l’accord du 23 septembre 2006 modifié, à faire application des dispositions de cet article L. 435-1.

Le requérant reproche à la préfète de Vaucluse d’avoir commis une erreur de droit en ne faisant pas application des stipulations du paragraphe 42 de l’article 4 de l’accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 et en lui opposant le défaut de visa de long séjour, et soutient que la préfète a méconnu les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

De première part, il ressort de l’arrêté que la préfète de Vaucluse a, conformément à ce qu’il a été dit au point précédent, fait application des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et a ainsi implicitement examiné la situation de M. A... au regard des stipulations du paragraphe 42 de l’article 4 de l’accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006. En outre, alors que le requérant fait valoir qu’il occupe l’un des métiers énumérés à l’annexe IV à l’accord franco-sénégalais, une telle circonstance est toutefois insuffisante, à elle seule, pour relever de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

De deuxième part, le requérant se prévaut de son état de santé et de son intégration professionnelle au sein de la société U Proximité France pour laquelle il travaille depuis 2020. Toutefois, si M. A... est atteint de diabète de type II nécessitant une surveillance biologique trimestrielle, un régime hypocalorique et l’application de règles hygio-diabétiques adaptées, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette maladie présenterait une gravité particulière, ni que la prise en charge de l’état de santé de l’intéressé ne pourrait pas être assurée au Sénégal, de sorte que l’état de santé de M. A... ne saurait relever de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par ailleurs, l’intégration professionnelle de M. A..., bien que réelle quoique récente, ne revêt toutefois pas de caractère notable et ne relève pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées, étant rappelé que la circonstance que M. A... occupe l’un des métiers énumérés à l’annexe IV à l’accord franco-sénégalais est insuffisante à cet égard. Il résulte de ce qui précède que le requérant n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que la préfète de Vaucluse a considéré que la situation de M. A... ne présentait ni motif exceptionnel ni considérations humanitaires au titre de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ni que la préfète aurait, au regard de ces dispositions, commis une erreur manifeste d’appréciation.

De troisième part, il ressort de l’arrêté attaqué que, pour rejeter la demande d’admission au séjour présentée par M. A..., la préfète de Vaucluse a notamment relevé que l’intéressé ne bénéficie pas d’un visa long séjour. Or, il ne résulte d’aucune des stipulations de l’accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, ni des dispositions de l’article L. 435-1 précitées, que la délivrance de la carte de séjour temporaire délivrée sur le fondement du paragraphe 42 précité, en vue spécifiquement de l’exercice d’une activité salariée dans l’un des métiers énumérés à son annexe IV, soit subordonnée au visa de long séjour requis par les stipulations générales de l’article 6 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 pour l’exercice d’une activité professionnelle sur le territoire de l’autre Etat. Toutefois, il résulte de l’instruction que, sur le fondement du seul motif avéré relatif au défaut de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, la préfète de Vaucluse aurait pris la même décision.

Il résulte des points 9 à 11 que le requérant n’est pas fondé à soutenir que la préfète de Vaucluse aurait méconnu les stipulations du paragraphe 42 de l’article 4 de l’accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 et les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En deuxième lieu, le requérant ne peut pas utilement se prévaloir de la circulaire du 26 novembre 2012, dès lors que cette dernière est dépourvue de toute valeur réglementaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cette circulaire doit être écarté.

En troisième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».

S’il ressort des pièces du dossier que M. A... a suivi à l’université d’Avignon des études supérieures au cours de l’année universitaire 2019-2020 et a exercé une activité professionnelle de préparateur de commandes au sein de la société U Proximité France d’avril 2020 à février 2023, la résidence habituelle en France du requérant présente toutefois un caractère récent. En outre, le requérant est célibataire et sans charges de famille et n’établit pas être dépourvu d’attaches privées et familiales dans son pays d’origine. Enfin, l’intégration socio-professionnelle de M. A..., bien que réelle, ne revêt pas de caractère notable, étant précisé que l’intéressé n’établit pas avoir exécuté la mesure d’éloignement dont il a fait l’objet en octobre 2021. Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, la décision attaquée n’a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A... une atteinte disproportionnée aux buts d’intérêt public en vue desquels elle a été prise. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que le requérant n’est pas fondé à contester la décision portant refus de titre de séjour « salarié » en date du 12 avril 2023 dont il a fait l’objet.

En ce qui concerne l’obligation de quitter le territoire français :

En premier lieu, les conclusions à fin d’annulation de la décision portant refus de titre de séjour étant rejetées, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision attaquée, en raison de l’illégalité du refus de titre de séjour, doit être écarté.

En deuxième lieu, aux termes de l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. / Le récépissé n'est pas remis au demandeur d'asile titulaire d'une attestation de demande d'asile. ».

Le requérant fait valoir que la préfecture de Vaucluse lui a délivré le 24 mars 2023 un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu’au 23 juin 2023. Toutefois, la circonstance qu’un récépissé ait été délivré à l’intéressé pendant la durée d’instruction de cette demande de titre de séjour ne saurait faire obstacle à ce que l’autorité administrative prenne, après avoir examiné le droit au séjour de l’intéressé, une décision portant obligation de quitter le territoire français.

En troisième lieu, aux termes de l’article L. 611-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / (…) / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. »

Le requérant, qui se prévaut de son état de santé, doit être regardé comme invoquant les dispositions précitées du 9° de l’article L. 611-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Toutefois, eu égard à l’état de santé du requérant, tel qu’analysé précédemment au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

En quatrième lieu, pour les motifs retenus précédemment au point 15, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Il résulte de ce qui précède que le requérant n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision l’obligeant à quitter le territoire français en date du 12 avril 2023 qu’il conteste.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Les conclusions à fin d’annulation de M. A... étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d’injonction doivent l’être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d’exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

Les conclusions de la requête au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées, l’Etat n’étant pas la partie perdante dans la présente instance.




D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la préfète de Vaucluse.




Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2023.


Le rapporteur,




F. AYMARD

La présidente,




C. CHAMOT

La greffière,




F. DESMOULIÈRES



La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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