jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2302093 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LAURENT-NEYRAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juin 2023, M. B A, représenté par Me Laurent-Neyrat, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 8 novembre 2022 matérialisée par un procès-verbal de l'officier de police judiciaire par laquelle la préfète du Gard a retiré son titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cet acte ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Gard de lui restituer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la décision de retrait de son titre de séjour préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à ses intérêts, et qu'elle compromet sa vie professionnelle ;
- sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision les moyens tirés de ce que :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise en violation du principe du contradictoire prévu aux articles L.121.1 et L.121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les articles R. 432-3 et L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Des pièces complémentaires ont été enregistrées le 23 juin 2023 par la préfète du Gard.
Le président du tribunal a désigné Mme Corneloup, présidente de la 2ème chambre, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 19 mai 2023 sous le numéro n° 2301834 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 juin 2023 à 10h :
- le rapport de Mme Corneloup, juge des référés,
- les observations de Me Laurent-Neyrat, représentant de M. A, qui reprend ses écritures par les mêmes moyens. Elle ajoute que la décision de retrait du 22 juin de la préfète du Gard n'a pas encore été notifié à M. A qui n'avait d'ailleurs pas reçu le courrier de la préfète du Gard du 25 novembre 2022 l'informant de son intention de retirer son titre de séjour ; que le tribunal correctionnel a prononcé un non lieu dans la procédure et qu'il attend la décision du tribunal ; que la décision expresse du 22 juin ne respecte pas le principe du contradictoire ; que sa situation est stable ; que la préfète ne peut remettre en cause ses précédentes décisions ; que la préfète n'a jamais remis en cause sa minorité alors qu'il s'agit de son troisième renouvellement de titre de séjour et que rien n'a changé : il a toujours produit les mêmes documents d'état civil.
- la préfète du Gard, n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Vu la note en délibéré enregistrée le 26 juin 2023 présentée par la préfète du Gard.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, né le 20 novembre 2001, dispose d'un titre de séjour portant " vie privée et familiale " valable jusqu'au 19 mai 2023. Dans le cadre d'une enquête de police sur les documents d'identité du requérant, un officier de police lui a retiré son titre de séjour, le 8 novembre 2022, sur demande de la préfète du Gard. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés la suspension de la décision par laquelle la préfète du Gard a retiré son titre de séjour, décision matérialisée par un procès-verbal de l'officier de police judiciaire. Par un arrêté du 22 juin 2023 produit le 23 juin 2023, la préfète du Gard a pris un arrêté de retrait de titre de séjour de M. A. M. A doit être regardé comme demandant la suspension de cet arrêté de retrait de titre de séjour du 22 juin 2023 formalisant le retrait " physique " du titre de séjour de M. A le 8 novembre 2022 comme en atteste l'attestation de retrait du titre de séjour en date du même jour signé par un officier de police judiciaire.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ".
3. Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
5. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Si la condition d'urgence est en principe constatée dans le cas du retrait ou du refus de renouvellement d'un titre de séjour, il appartient en revanche au requérant, dans les autres cas, de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
6. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision, M. A soutient que la décision portant retrait de titre attaquée lui porte un préjudice grave et immédiat dès lors qu'elle a pour effet de le maintenir en situation irrégulière sur le territoire français, le prive de travailler et compromet sa vie professionnelle. L'urgence est présumée en cas de retrait d'un titre de séjour. Toutefois, au cas d'espèce, l'arrêté portant retrait est daté du 22 juin 2023 alors que le titre de séjour de M. A expirait le 19 mai 2023. M. A n'est dès lors plus titulaire d'un titre de séjour en cours de validité sans même avoir à examiner la décision expresse de retrait de son titre de séjour. La condition d'urgence au sens des dispositions de l'article L.521-1 du code de justice administrative ne peut être regardé comme remplie.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de la requête à fin de suspension, en ce compris les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Laurant-Neyrat.
Une copie sera adressée à la préfète du Gard.
Fait à Nîmes, le 29 juin 2023.
La juge des référés,
F. CORNELOUP
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026