mardi 18 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2302101 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | ALLOUCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2023, M. C F, représenté par Me Allouch, demande au tribunal :
- l'annulation de l'arrêté n°23/84/313G du 11 mai 2023 par lequel la préfète de Vaucluse l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et fixe son pays de renvoi,
- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- le droit d'être entendu a été violé alors qu'il avait des informations importantes à indiquer aux services de la préfecture ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée au droit de mener une vie privée et familiale normale en violation des stipulations de l'article 8 de la CEDH ; ses démarches de régularisation n'ont pu aboutir pour des retards liés à la constitution de son dossier ; il est parfaitement intégré à la société française ; son épouse, qui dispose d'un emploi stable en France en qualité d'assistante de vie aux familles, et dont le père, la mère et les frères et sœurs résident en France, ne saurait reconstituer sa cellule familiale au Maroc ; son épouse qui attend la naissance d'un enfant au mois de juin 2023, et dont toutes les attaches familiales résident régulièrement en France, ne saurait subir une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et il en va pareillement de son époux ; le rétablissement mental et physique de son épouse après son accouchement commande la présence de son époux,
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- la motivation est insuffisante ;
- la décision viole les stipulations de l'article 8 de la CEDH.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Abauzit, président honoraire, pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions des L. 614-5, L. 614-6 et L. 614-9, L. 352-4, L. 754-4 et L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
A été entendu au cours de l'audience publique du 12 juillet 2023 le rapport de M. Abauzit.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C F, né le 23 août 1996 à Ain Taoujdate (Maroc), ressortissant marocain, a bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle de " travailleur saisonnier ", délivrée par la préfecture du Gard, valable du 24 juin 2019 au 24 juin 2022. Il s'est marié à Avignon le 28 mai 2022 avec Mme B A, ressortissante marocaine titulaire d'une carte de résident. Interpellé lors d'un contrôle routier il n'a pu justifier de la régularité de son séjour et par arrêté du 11 mai 2023, qui est la décision attaquée, la préfète de Vaucluse l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi.
2. L'arrêté en litige a été signé par M. E D en sa qualité de directeur de cabinet en vertu d'une délégation de signature du 9 décembre 2022 régulièrement publiée au recueil spécial des actes administratifs n° 84-2022-127 du 14 décembre 2022. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte manque dès lors en fait et doit être écarté.
3. L'arrêté du 11 mai 2023 comporte, dans ses visas et motifs, les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, et qui permettent de vérifier que l'administration préfectorale a procédé à un examen de la situation particulière de M. F au regard des stipulations et dispositions législatives et réglementaires applicables à chacune des décisions attaquées. Le moyen tiré d'une insuffisance de motivation ne peut dès lors être qu'écarté. Il ne ressort pas par ailleurs des pièces du dossier ou de l'examen de l'arrêté contesté que la préfète de Vaucluse n'aurait pas procédé, pour prendre chacune des décisions attaquées, à un examen sérieux et complet de la situation du requérant.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aux termes duquel : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré () s'est maintenu sur le territoire français () sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ". En l'espèce le requérant, qui avait sollicité un rendez-vous en préfecture fixé au 22 mars 2023 ne s'y est pas rendu, et n'a pas demandé le renouvellement de son titre de saisonnier, et la mesure d'éloignement pouvait être fondée sur le 2° précité.
5. M. F, qui ne s'est pas rendu au rendez-vous au cours duquel il aurait pu faire toutes observations utiles, puis qui a été auditionné par la gendarmerie, n'est pas fondé à faire valoir la violation de son droit à être entendu.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. En l'espèce le requérant, qui bénéficiai d'un titre de travailleur saisonnier, n'avait pas vocation à se maintenir sur le territoire français pour y établir sa vie privée et familiale. Se prévalant de son mariage et de la naissance prochaine d'un enfant, il entend nécessairement mettre les autorités devant le fait accompli, et dans un tel cas ce n'est que dans des circonstances exceptionnelles que l'éloignement du membre de la famille ressortissant d'un pays tiers peut être jugé incompatible avec les dispositions de l'article 8 (CEDH, 3 oct. 2014, aff. 12738/10, grande ch., Jeunesse c/ Pays-Bas, § 96). Tel n'est pas le cas en l'espèce. Par ailleurs les stipulations de l'article 8 ne peuvent s'interpréter comme comportant pour un État l'obligation générale de respecter le choix, par les couples, de leur pays de résidence, a fortiori dans le cas d'un séjour irréguliers d'un membre du couple, cette situation conférant d'emblée un caractère précaire à la poursuite d'une vie familiale sur le territoire français. Pour ces motifs le moyen tiré de la violation de la convention européenne ne peut être qu'écarté.
7. M. F fait valoir qu'il entend réaliser son intégration professionnelle après la réalisation de sa situation administrative, qu'il dispose d'un logement, que depuis son entré en France il a paisiblement exercé son activité professionnelle et qu'il a après son mariage tenté de régulariser sa situation sur le fondement du droit au respect de la vie privée et familiale. Toutefois ainsi que le mentionne l'arrêté attaqué, M. F s'était engagé pour bénéficier d'un titre de saisonnier à ne pas fixer sa résidence habituelle en France et à ne séjourner sur le territoire français que dans le cadre d'une autorisation de travail de six mois maximums par an, et ces conditions n'ont pas été respectées. La préfète de Vaucluse a pu dès lors, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, ordonner l'éloignement de M. F.
Sur la décision fixant le pays de destination :
8. M. F et son épouse étant de nationalité marocaine, le requérant ne justifie pas en quoi un retour dans son pays d'origine serait de nature à porter une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée été familiale, par rapport au but de la décision de maîtrise de l'immigration irrégulière.
9. Il résulte de tout ce qui précède, que M. F n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 11 mai 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C F, à la préfète de Vaucluse et à Me Allouch.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
F. ABAUZIT
La greffière,
E. PAQUIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2302101
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026