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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2302296

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2302296

mardi 4 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2302296
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantSCP CABANES BOURGEON MOYAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 et le 29 juin 2023, M. E A D, assigné à résidence et représenté par la SCP Cabanes Bourgeon Moyal, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2023 par lequel la préfète du Gard l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2023, par lequel la préfète du Gard l'a assigné à résidence pour une période de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Gard de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de prendre toute mesure propre à mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

* En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ; un titre de séjour aurait pu lui être délivré sur un autre fondement tel que l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour dès lors qu'il justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins 5 ans en France, de ressources stables, régulières et suffisantes et d'une assurance maladie ; il réside sur le territoire français depuis plus de 10 ans et une admission exceptionnelle au séjour aurait donc pu être décidée par les services préfectoraux ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; son état de santé ainsi que celui de sa fille B n'est pas évoqué dans la requête alors pourtant qu'il est bénéficiaire de l'AAH ;

- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

* En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; le risque de fuite n'est pas caractérisé ;

- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; la préfète ne pouvait nullement valablement indiquer qu'il n'établissait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :

- la décision attaquée est dénuée de toute motivation satisfaisante en droit et en fait justifiant une interdiction de retour pour une durée de deux ans ;

- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ; son état de santé ainsi que celui de sa fille B n'est pas évoqué dans la requête alors pourtant qu'il est bénéficiaire de l'AAH ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il détient des liens anciens et profonds avec la France, ses quatre enfants résident sur le territoire français ainsi que sa famille et ses amis ; il n'a jamais eu connaissance qu'il faisait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement ; il n'a pas un comportement qui constitue une menace pour l'ordre public ;

- il appartient au juge de rechercher si une telle décision ne porte pas au droit de l'étranger au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2023, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bala en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après présentation du rapport de Mme Bala, ont été entendues :

- les observations de Me Proix, représentant M. A D, qui maintient les moyens et conclusions de sa requête et soutient en outre qu'il exerce son droit de visite et d'hébergement pour ses enfants, qu'il a payé une contribution alimentaire jusqu'en septembre 2022, qu'il donne toujours de l'argent à la mère de manière mensuelle, qu'il pensait que son titre de séjour était régulier, que la précédente mesure d'éloignement lui a été notifiée à son ancienne adresse et qu'il ne l'a donc jamais réceptionnée, que la police l'a traqué, que son contrôle d'identité est irrégulier, que son casier judiciaire est vierge, qu'il paye ses impôts et qu'en douze années de présence sur le territoire français, il a nécessairement fait preuve d'intégration ;

- les observations de M. A D qui soutient qu'il voit ses enfants régulièrement ;

- la préfète du Gard n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. E A D, ressortissant marocain né le 2 mars 1982, déclare être entré en France en 2011. Par des décisions datées du 21 juin 2023 et dont il demande l'annulation, la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, lui a fait interdiction d'y retourner pour une durée de deux ans et a prononcé son assignation à résidence pour une durée de 45 jours.

Sur la compétence du magistrat désigné :

2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. / Les dispositions du présent chapitre sont applicables au jugement de la décision fixant le pays de renvoi contestée en application de l'article L. 721-5 et de la décision d'assignation à résidence contestée en application de l'article L. 732-8. ". La procédure applicable en cas d'assignation à résidence ou de placement en rétention résulte des articles L. 614-7 à L. 614-13 de ce code. Par ailleurs, en application des dispositions de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, lorsque l'étranger, placé en rétention ou assigné à résidence, a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2 du code, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire français.

3. Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu organiser une procédure spéciale afin que le juge administratif statue rapidement sur la légalité des mesures relatives à l'éloignement des étrangers, hors la décision refusant le séjour, lorsque ces derniers sont assignés à résidence. Dès lors, il n'appartient pas au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'une décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour dont il pourrait être saisi, ainsi que sur les conclusions à fin d'injonction dont elles sont assorties.

4. Par suite, il n'y a pas lieu, en l'espèce, de statuer sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour opposées à M. A D, laquelle relève de la compétence de la formation collégiale du tribunal. Il en va de même des conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que de celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, pour ce qui concerne la partie du litige relevant de la compétence d'une formation collégiale.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application et notamment les articles L. 611-1 3 et L. 411-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle expose par ailleurs les éléments relatifs à la situation personnelle de M. A D en mentionnant notamment que ce dernier a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 15 juin 2021 qu'il n'a pas exécutée et qu'il n'apporte pas la preuve de contribuer effectivement à l'entretien de ses enfants. Dès lors, cette décision, qui n'est pas stéréotypée, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et ne peut donc qu'être écarté.

6. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment de la motivation de la décision attaquée, que la préfète, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments de la situation du requérant, n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa situation. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

7. En troisième lieu, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi ou une convention bilatérale prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'éloignement.

8. D'une part, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont M. C entend se prévaloir : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".

9. Si M. A D, qui n'établit pas la date de son entrée sur le territoire français, soutient résider en France depuis plus de dix ans et y être parfaitement intégré, les pièces versées au dossier ne témoignent que d'une présence ponctuelle sur le territoire notamment pour les années 2011 à 2018 et 2020 à 2022. De plus, si M. A D soutient voir régulièrement ses quatre enfants qui résident à Carcassonne avec leur mère, il n'établit pas qu'il contribuerait effectivement à leur entretien et à leur éducation. Par ailleurs, M. A D, qui se maintient irrégulièrement sur le territoire français, a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement en date du 15 juin 2021 et n'est pas isolé dans son pays d'origine dans lequel résident encore ses parents. Dans ces conditions, alors même qu'il travaille effectivement depuis le 2 janvier 2023 sur la base d'un contrat à durée déterminée de six mois pour " surcroit d'activité " au sein d'une entreprise de construction de maison individuelle, M. A D ne justifie, dans le cadre de la présente instance, d'aucune considération humanitaire ni d'aucun motif exceptionnel susceptible de justifier une admission exceptionnelle au séjour qui ferait obstacle au prononcé de l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet.

10. D'autre part, aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer, sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans. / () ".

11. M. A D qui, ainsi qu'il a été dit précédemment, a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 15 juin 2021 ne justifie pas d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans. Il ne justifie ainsi pas du respect des dispositions précitées.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, M. A D n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels elle a été prise. Cette décision n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A D tendant à l'annulation de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

15. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations utiles de fait et de droit qui en constituent le fondement.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " et aux termes de l'article L. 612-3 " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;".

17. Il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est soustrait à l'exécution d'une mesure d'éloignement précédente. Par suite, la préfète du Gard pouvait, sans commettre d'erreur d'appréciation, refuser d'octroyer à M. A D un délai de départ volontaire.

18. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 13, M. A D n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A D tendant à l'annulation de la décision attaquée refusant de lui accorder un délai de départ volontaire doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

20. En premier lieu, la décision en litige fait mention des motifs utiles de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays à destination duquel M. A D pourra être éloigné. Le requérant n'est donc pas fondé à soutenir que cette mesure serait insuffisamment motivée.

21. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été exposé aux points 9 et 13 que M. A D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi.

22. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 13, M. A D n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

23. En quatrième lieu, si M. A D soutient que la préfète du Gard ne pouvait nullement valablement indiquer qu'il n'établissait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'établit en tout état de cause en effet pas une telle exposition. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

24. Il résulte de ce qui précède que M. A D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :

25. En premier lieu, la décision fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français à deux ans est suffisamment motivée en droit et en fait. Elle vise les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise également que M. A D ne peut se prévaloir d'une intégration particulière en France et qu'il a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas respectée.

26. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment de la motivation de la décision attaquée, que la préfète, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments de la situation du requérant, n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa situation. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

27. En troisième lieu, eu égard à la situation du requérant telle que développée aux points précédents du présent jugement, la préfète du Gard n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en prononçant, à son encontre, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

28. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 et 13, M. A D n'est pas fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels elle a été prise et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

29. Il résulte de ce qui précède que M. A D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée portant interdiction de retour pour une durée de deux ans.

30. Il résulte de tout ce qui précède que M. A D n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions de la préfète du Gard du 21 juin 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination en cas d'éloignement d'office, portant interdiction de retour sur le territoire français et l'assignant à résidence pendant une durée de 45 jours. Les conclusions à fin d'injonction dont sont assorties celles tendant à l'annulation de ces décisions ne sauraient, en conséquence, être accueillies.

Sur les frais d'instance :

31. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. A D présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 21 juin 2023 par laquelle la préfète du Gard a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A D ainsi que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative y afférentes, sont renvoyées à une formation collégiale du tribunal administratif de Nîmes.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A D et à la préfète du Gard.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.

La magistrate désignée,

K. BALA

La greffière,

A. NOGUERO

La République mande et ordonne à la préfète du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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