mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2302356 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | BARAKAT |
Vu la procédure suivante :
I) Par une requête n°2203668, enregistrée le 26 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Barakat, demande au tribunal :
1°) de prononcer l'annulation de la décision implicite de rejet opposée à sa demande de titre de séjour présentée le 11 février 2022 ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Gard de lui délivrer le titre de séjour demandé, subsidiairement une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 15 jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision implicite demeure dépourvue de motivation malgré sa demande de communication de ces motifs ;
- eu égard à sa situation de mineur isolé pris en charge avant l'âge de 16 ans, la préfète devait examiner sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non celui de l'article L. 435-3 du même code ;
- il satisfait à toutes les conditions posées par ces dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus qui lui a été opposé porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les autres décisions sont illégales dès lors qu'elles ont été prises sur le fondement d'un refus de séjour illégal.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 septembre 202II) Par une requête n° 2302356, enregistrée le 23 juin 2023, M. A B, représenté par Me Barakat, demande au tribunal :
1°) de prononcer l'annulation de l'arrêté du 22 mars 2023, par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours, a fixé le pays a destination duquel il pourra être reconduit d'office, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Gard de lui délivrer le titre de séjour demandé, subsidiairement une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué, qui comporte des énonciations incomplètes ou erronées, superficielles est stéréotypées, est insuffisamment motivée ;
- eu égard à sa situation de mineur isolé pris en charge avant l'âge de 16 ans, la préfète devait examiner sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non celui de l'article L. 435-3 du même code ;
- il satisfait à toutes les conditions posées par ces dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le refus qui lui a été opposé porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les autres décisions sont illégales dès lors qu'elles ont été prises sur le fondement d'un refus de séjour illégal.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 mars et 28 juillet 2023, la préfète du Gard conclut au non-lieu à statuer et au rejet de la requête dirigée contre la décision implicite de rejet née du silence gardé sur la demande du 11 février 2022, et au rejet de la requête dirigée contre l'arrêté du 22 mars 2023.
Elle soutient que :
- une décision explicite s'est substituée, le 22 mars 2023, à la décision implicite née du silence gardé sur la demande du 11 février 2022, et qu'ainsi, le recours dirigé contre cette décision implicite doit être rejeté comme irrecevable ;
- les moyens ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Baccati,
- et les observations de Me Barakat, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 10 janvier 2004, de nationalité pakistanaise, entré en France au mois d'octobre 2019 puis pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, conteste, d'une part, la décision implicite de rejet opposée à sa demande de titre de séjour présentée le 11 février 2022, et, d'autre part, l'arrêté du 22 mars 2023, par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours, a fixé le pays a destination duquel il pourra être reconduit d'office, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur la jonction :
2. Les requêtes, enregistrées sous les nos 2203668 et 2302356, concernent la situation de M. B au regard de ses conditions de séjour en France. Il y a lieu de joindre ces requêtes, qui présentent à juger des questions similaires, pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation et les conclusions accessoires :
En ce qui concerne le refus de séjour :
3. En premier lieu, lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première. En l'espèce, les conclusions de M. B doivent être regardées comme uniquement dirigées contre l'arrêté du 22 mars 2023.
4. En deuxième lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que le moyen, tiré du défaut de motivation de la décision implicite, doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à l'étranger confié à l'aide sociale à l'enfance : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Selon l'article L. 435-3 du même code, relatif à l'admission exceptionnelle au séjour " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ".
6. M. B ne conteste pas qu'il présenté sa demande, comme la préfète du Gard l'a relevé dans l'arrêté attaqué, sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives à l'admission exceptionnelle au séjour. Il ne peut donc utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 423-22 du même code, qui constituent un fondement distinct de celui au titre duquel il a présenté sa demande. En tout état de cause, M. B, qui est né le 10 janvier 2004 comme il a été dit, a été confié à l'aide sociale à l'enfance par une ordonnance de placement provisoire du 3 juillet 2020 alors qu'il était âgé de plus de seize ans, et ainsi, sa situation n'entre pas dans le champ des dispositions invoquées de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
8. M. B, entré en France en 2019 et pris en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance, a mis un terme à sa scolarisation après avoir été ajourné au terme de la préparation du certificat d'aptitude professionnelle mention " production et service en restauration ". Il ne fait valoir aucun élément probant ne nature à établir des liens personnels ou familiaux tissés en France, ni davantage l'isolement qu'il allègue dans son pays d'origine. Par suite, son moyen, tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
9. En cinquième et dernier lieu, M. B se borne à invoquer en des termes généraux les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, sans faire valoir aucun élément de nature à établir des risques auxquels il serait personnellement exposé. Par suite son moyen, en tout état de cause inopérant à l'encontre de la décision portant refus de séjour, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les autres décisions :
10. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de séjour, présenté au soutien de la contestation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire ainsi que le pays de destination, doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions des requêtes de M. B présentées à fin d'annulation, à fin d'injonction et tendant au remboursement des frais liés aux litiges, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la M. A B, à Me Barakat et au préfet du Gard.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Baccati, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
Le rapporteur,
J. BACCATI
Le président,
P. PERETTI
La greffière,
I. MASSOT
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2203668
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026