mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2302575 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MARC |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juillet et 5 décembre 2023 sous le
n° 2302575, M. C G et Mme B G, représentés par Me Vrignaud, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2023 par lequel le maire de Nîmes a délivré à la société Envol un permis de construire, valant permis de démolir, en vue de l'édification d'un ensemble immobilier comportant dix-huit logements, ainsi que la décision du 10 mai 2023 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes et de la société Envol la somme de
2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- les décisions litigieuses ont été signées par une autorité incompétente ;
- le projet litigieux méconnaît l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il ne respecte pas l'article UD 4 du même règlement ;
- il contrevient à son article UD 7 ;
- il en méconnaît l'article UD 9 ;
- il ne respecte pas son article UD 10 ;
- il méconnaît l'article UD 13 ;
- il contrevient aux prescriptions du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la gestion des risques et le maire de Nîmes a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2023, la commune de Nîmes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens tirés de la méconnaissance de règles de droit privé sont inopérants ;
- les autres moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 6 octobre 2023 et le 30 janvier 2024, la société par actions simplifiée Envol, représentée par Me Marc, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme G au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'une notification du recours gracieux conforme aux exigences de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens invoqués par les requérants sont inopérants ou infondés.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juillet et 5 décembre 2023 sous le n° 2302577, Mme L K, représentée par Me Vrignaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2023 par lequel le maire de Nîmes a délivré à la société Envol un permis de construire, valant permis de démolir, en vue de l'édification d'un ensemble immobilier comportant dix-huit logements, ainsi que la décision du 10 mai 2023 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes et de la société Envol la somme de
2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir ;
- les décisions litigieuses ont été signées par une autorité incompétente ;
- le projet litigieux méconnaît l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il ne respecte pas l'article UD 4 du même règlement ;
- il contrevient à son article UD 7 ;
- il en méconnaît l'article UD 9 ;
- il ne respecte pas son article UD 10 ;
- il méconnaît l'article UD 13 ;
- il contrevient aux prescriptions du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la gestion des risques et le maire de Nîmes a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2023, la commune de Nîmes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens tirés de la méconnaissance de règles de droit privé sont inopérants ;
- les autres moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 6 octobre 2023 et le 30 janvier 2024, la société par actions simplifiée Envol, représentée par Me Marc, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme K au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens invoqués par la requérante sont inopérants ou infondés.
III. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juillet et 5 décembre 2023 sous le n° 2302578, M. A D H et Mme M D H, représentés par Me Vrignaud, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2023 par lequel le maire de Nîmes a délivré à la société Envol un permis de construire, valant permis de démolir, en vue de l'édification d'un ensemble immobilier comportant dix-huit logements, ainsi que la décision du 10 mai 2023 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Nîmes et de la société Envol la somme de
2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- les décisions litigieuses ont été signées par une autorité incompétente ;
- le projet litigieux méconnaît l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il ne respecte pas l'article UD 4 du même règlement ;
- il contrevient à son article UD 7 ;
- il en méconnaît l'article UD 9 ;
- il ne respecte pas son article UD 10 ;
- il méconnaît l'article UD 13 ;
- il contrevient aux prescriptions du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la gestion des risques et le maire de Nîmes a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2023, la commune de Nîmes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens tirés de la méconnaissance de règles de droit privé sont inopérants ;
- les autres moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 6 octobre 2023 et le 30 janvier 2024, la société par actions simplifiée Envol, représentée par Me Marc, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme D H au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence d'une notification du recours gracieux conforme aux exigences de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens invoqués par les requérants sont inopérants ou infondés.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Vrignaud, représentant les requérants, celles de M. I, représentant la commune de Nîmes, et celles de Me Kaci, représentant la société Envol.
Vu les notes en délibéré, enregistrées le 4 avril 2024, présentées par les requérants dans chacune des instances.
Considérant ce qui suit :
1. La société Envol a déposé, le 12 mai 2022, une demande de permis de construire, complétée le 2 septembre suivant, en vue de la démolition d'une construction existante et de l'édification d'un ensemble immobilier comportant dix-huit logements sur un terrain cadastré section DE n° 235, situé sur le territoire de la commune de Nîmes et classé en secteur UDp de son plan local d'urbanisme. Par un arrêté du 5 janvier 2023, le maire de Nîmes a délivré le permis de construire, valant permis de démolir, ainsi sollicité, en l'assortissant de prescriptions. Cette autorité a, par trois décisions du 10 mai suivant, expressément rejeté les recours gracieux respectivement formés à l'encontre de cet arrêté par M. et Mme G, Mme K ainsi que M. et Mme D H. Par leurs requêtes visées ci-dessus, qui ont fait l'objet d'une instruction commune et qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. et Mme G et autres demandent l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté du 5 janvier 2023 et de la décision du 10 mai 2023 ayant rejeté leurs recours gracieux respectifs.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () ou de démolir () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Le premier alinéa de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales dispose que : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". Les arrêtés du maire consentant des délégations à ses adjoints en application de ces dispositions doivent définir avec une précision suffisante les limites de celles-ci. Par ailleurs, il résulte des dispositions des articles L. 2131-1 et L. 2131-2 du même code que les actes réglementaires du maire, au nombre desquels figurent les arrêtés de délégation, sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé, d'une part, à leur publication ou à leur affichage et, d'autre part, à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département.
3. D'une part, l'arrêté contesté a été signé, pour le maire de Nîmes, par M. F J, premier adjoint au maire délégué à l'urbanisme. Il ressort des pièces des dossiers que, par un arrêté du 8 juillet 2020, lequel a été affiché en mairie, publié au recueil des actes administratifs de la commune du troisième trimestre de l'année 2020 et transmis au représentant de l'Etat le jour de son édiction, le maire de Nîmes a consenti à M. J une délégation de fonctions et de signature en matière d'urbanisme. Cette délégation, qui vise notamment les " actes de construction ", était suffisamment précise et autorisait son bénéficiaire à signer l'autorisation d'urbanisme en litige. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. D'autre part, les requérants ne peuvent utilement soutenir que les décisions du 10 mai 2023 rejetant leurs recours gracieux respectifs auraient été signées par une autorité incompétente, les vices propres d'une décision rejetant un recours gracieux dirigée contre une décision administrative étant sans incidence sur la légalité de celle-ci.
5. En deuxième lieu, l'article UD 3, intitulé " Accès et Voirie ", du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes prévoit, en ce qui concerne les accès, que : " Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation. / Tout accès doit permettre d'assurer la sécurité de ses utilisateurs ainsi que celle des usagers des voies. / Cette sécurité est appréciée compte tenu, notamment, de la position de l'accès, de sa configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / Toute unité foncière doit disposer d'un nombre d'accès automobile limité, compatible avec la sécurité publique () ". Ce même article UD 3 dispose, en ce qui concerne la voirie, que : " Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent ou aux opérations qu'elles doivent desservir () ".
6. D'une part, il ressort des pièces des dossiers, et notamment du plan de masse qui fait apparaître la création sur le terrain d'assiette d'un " cheminement piétonnier () vers le trottoir existant sur la rue Auguste Chabaud ", que l'ensemble immobilier projeté disposera d'un accès principal, localisé dans le chemin de la Montée des Alpins et desservant un parc de stationnement souterrain de vingt-six places, ainsi que d'un autre accès débouchant dans l'impasse du Caporal E et desservant neuf places de stationnement en sous-sol ainsi que deux places réservées aux personnes à mobilité réduite. Les plans relatifs à la " visibilité des véhicules " joints à la demande de permis de la société pétitionnaire font apparaître que la vitesse est limitée à trente kilomètres par heure sur ces deux voies de circulation présentant un caractère pentu et reliées à la rue Auguste Chabaud qui borde la partie sud du terrain d'assiette. L'arrêté contesté est assorti d'une prescription prévoyant que les " accès véhicules seront réalisés en retrait de cinq (5) mètres par rapport au domaine public ". Il ne ressort pas des pièces des dossiers que les deux accès au terrain d'assiette n'offriraient pas une visibilité suffisante, ni plus généralement que ces accès, dont la largeur n'apparaît pas insuffisante, présenteraient une dangerosité particulière en raison notamment des caractéristiques des voies sur lesquelles ils débouchent ainsi que de leur localisation à proximité de la rue Auguste Chabaud.
7. D'autre part, il ne ressort pas davantage des pièces versées aux débats que le chemin de la Montée des Alpins et l'impasse du Caporal E, voies desservant directement le terrain d'assiette du projet ainsi qu'il vient d'être dit, présenteraient des caractéristiques insuffisantes, notamment en termes de largeur, au regard de la nature et de l'importance de l'ensemble immobilier projeté, ni d'ailleurs que le trafic supplémentaire engendré par le projet litigieux, principalement sur la première de ces deux voies, ne pourrait être absorbé dans des conditions de sécurité suffisantes. A cet égard, si les requérants se prévalent du caractère fréquenté et accidentogène de la rue Auguste Chabaud, les conditions générales de la circulation dans le secteur concerné ne peuvent, par elles-mêmes, être utilement invoquées pour établir la dangerosité des conditions de desserte de l'ensemble immobilier projeté, dès lors que les conditions dans lesquelles les constructions projetées sont directement desservies apparaissent suffisantes.
8. Eu égard à ce qui a été dit aux deux points précédents, et alors que le directeur départemental des services d'incendie et de secours du Gard a émis un avis favorable au projet litigieux le 4 juillet 2022 et que l'arrêté contesté est assorti de prescriptions sur ce point, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes doit être écarté en toutes ses branches.
9. En troisième lieu, le 6, intitulé " Prévention et gestion des déchets ", de l'article
UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes dispose que : " Afin d'assurer la salubrité publique, le respect des conditions d'hygiène et d'esthétisme ainsi que la bonne séparation des flux de déchets entre ordures ménagères résiduelles et recyclables, il est nécessaire de prévoir : / - En habitat collectif : / Pour toute construction nouvelle ou réaménagement d'immeuble existant, il doit être prévu des locaux à déchets permettant l'accès et le stockage de conteneurs d'une capacité allant jusqu'à 660 litres (six cent soixante litres) par bac pour les ordures ménagères résiduelles et les recyclables. Ce local doit être pourvu d'une bouche d'eau afin de pouvoir nettoyer les conteneurs ainsi que d'une grille d'évacuation reliée au réseau d'assainissement () ".
10. Il ressort des pièces des dossiers, et notamment de la notice descriptive ainsi que du plan de masse, que le projet litigieux prévoit l'édification d'un local à ordures ménagères à proximité de l'accès situé dans l'impasse du Caporal E et qu'une aire de présentation des conteneurs doit être aménagée devant ce local. Les requérants n'établissent ni même n'allèguent que ce local à ordures ménagères ne permettrait pas de satisfaire aux exigences fixées par les dispositions du 6 de l'article UD 4 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes. Dans ces conditions, et alors même que ce local n'apparaît pas sur certains plans joints au dossier de demande de permis, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ces dispositions auraient été méconnues.
11. En quatrième lieu, aux termes de l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes : " A moins que le bâtiment à construire ne jouxte la limite parcellaire, la distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite séparative qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à 3 m (trois mètres) () ". Le lexique de ce règlement définit les limites séparatives comme les " limites mitoyennes avec une autre propriété et qui ne sont pas riveraines d'une voie ou d'une emprise publique ".
12. Les limites séparatives s'entendent des limites entre la propriété constituant le terrain d'assiette de la construction et la ou les propriétés qui la jouxtent, quelles que soient les caractéristiques de ces propriétés, dès lors qu'il ne s'agit pas de voies ou d'emprises publiques.
13. Il ressort des pièces des dossiers que le terrain d'assiette de l'ensemble immobilier projeté est bordé, au nord, à l'ouest et au sud, par des voies de circulation. Les limites séparant le terrain d'assiette de ces voies publiques ne constituent pas des limites séparatives au sens et pour l'application de l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes. Les requérants ne peuvent, dès lors, utilement soutenir que l'implantation du bâtiment projeté à proximité de la limite de propriété située au nord-ouest méconnaîtrait, en deux points, ces dispositions, la limite de propriété en cause n'étant pas une limite séparative. Par ailleurs, en se bornant à se prévaloir d'incohérences entre le plan de masse et les plans des façades, les requérants n'établissent pas que l'implantation du bâtiment n° 2 par rapport aux limites séparatives avec les parcelles cadastrées section DE nos 272, 529 et 530 ne serait pas conforme, en un ou plusieurs points, aux dispositions citées ci-dessus de cet article UD 7.
14. En cinquième lieu, aux termes de l'article UD 9 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes : " Pour l'ensemble de la zone, à l'exception du secteur UDa : / L'emprise au sol des constructions, y compris les annexes de toutes natures, ne peut excéder
40 % de la surface totale de l'unité foncière () ".
15. Il ressort des pièces des dossiers que la parcelle d'assiette du projet présente, au vu d'un relevé de géomètre, une superficie réelle de 2 088 mètres carrés, laquelle est notamment mentionnée dans la notice descriptive du projet. Les requérants, qui se bornent à se référer à la contenance cadastrale de cette parcelle, n'établissent ni même n'allèguent que sa superficie réelle ne correspondrait pas à celle, mesurée par un géomètre-expert, ainsi déclarée par la société pétitionnaire. Il ressort des indications non contestées de la notice descriptive que l'ensemble immobilier projeté présentera une emprise au sol totale de 828,36 mètres carrés, inférieure à
40 % de la superficie réelle de la parcelle d'assiette du projet. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UD 9 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes doit être écarté.
16. En sixième lieu, aux termes de l'article UD 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes : " Les hauteurs maximales définies correspondent aux distances comprises entre le terrain naturel et l'égout de la toiture ou le bas de l'acrotère à l'aplomb du bâtiment. Le toit, les ouvrages techniques, les cheminées et autres superstructures en sont exclus. / Pour l'ensemble de la zone, à l'exception du secteur UDa : / La hauteur maximale d'une construction est fixée à 7 m (sept mètres) à l'égout de couverture () ".
17. La notice descriptive du projet indique que le bâtiment n° 1 présente une hauteur à l'égout de couverture inférieure à sept mètres et une hauteur au faîtage inférieure à dix mètres par rapport au terrain naturel. En se bornant à se référer à cette dernière mention de la notice descriptive relative à la hauteur au faîtage et à relever que les dispositions de l'article UD 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes fixent uniquement une hauteur maximale à l'égout de couverture, les requérants n'établissent pas en quoi le projet litigieux méconnaîtrait ces dispositions. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces des dossiers, et il n'est d'ailleurs pas allégué, que les deux bâtiments projetés présenteraient une hauteur à l'égout du toit non conforme à cet article UD 10. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne saurait être accueilli.
18. En septième lieu, le 3, intitulé " Bassins de rétention ", de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes dispose que : " Les bassins de rétention auront une forme et des pentes permettant de s'intégrer au paysage et faciliter leur entretien. / Ils devront faire l'objet d'un aménagement paysager périphérique. / Les bassins collectifs créés de toutes pièces et en surface : / Ils devront être accessibles grâce à une rampe d'accès dont la pente sera inférieure à 20 % afin de pouvoir en assurer le contrôle et l'entretien / De plus, ces dispositifs de rétention devront : d'une part être clôturés à partir d'une hauteur d'eau maximale de 1 m, clôture qui doit être transparente pour l'écoulement des eaux lorsqu'elle est située en zone inondable, et d'autre part selon les situations, comporter des talus de pentes 3/1 maximum. / Les abords immédiats et talus feront l'objet d'un aménagement paysager pouvant intégrer le minéral et le végétal () ".
19. Premièrement, aux termes du dernier alinéa de l'article A. 424-8 du code de l'urbanisme : " Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ".
20. Si les requérants soutiennent que l'un des bassins de rétention dont l'aménagement est prévu empiètera sur la parcelle cadastrée section DE n° 529 et que l'implantation des bassins de rétention en limite de propriété est de nature à mettre en péril les murs séparant le terrain d'assiette du projet des parcelles attenantes, ces circonstances, à les supposer même établies, ne seraient, en tout état de cause, pas de nature à démontrer que le permis litigieux, délivré sous réserve du droit des tiers, méconnaît les dispositions citées ci-dessus du 3 de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes.
21. Secondement, le permis de construire, sous réserve des prescriptions dont il peut être assorti, n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, l'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire n'a pas à vérifier l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme. La circonstance que ces plans et indications pourraient ne pas être respectés ou que les immeubles risqueraient d'être ultérieurement transformés ou affectés à un usage non conforme aux documents et aux règles générales d'urbanisme n'est pas, par elle-même, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande, de nature à affecter la légalité de celui-ci.
22. Il ressort des pièces des dossiers que le permis de construire en litige est assorti de prescriptions relatives à la gestion des eaux pluviales et qu'il est notamment prévu, au titre de ces prescriptions, l'aménagement, sur le terrain d'assiette du projet, de neuf bassins de rétention à ciel ouvert et à infiltration, lesquels devront être accessibles afin de pouvoir en assurer le contrôle et l'entretien. D'une part, les requérants, qui ne se prévalent pas du caractère irréalisable de ces prescriptions et se bornent à arguer de l'existence de contradictions entre différents éléments joints à la demande de permis de construire, et en particulier entre la note hydraulique et le plan de gestion des eaux pluviales - lesquels ne sont au demeurant pas au nombre des éléments devant obligatoirement être joints à une telle demande -, n'établissent pas en quoi le permis de construire en litige, compte tenu des prescriptions relatives à la gestion des eaux pluviales dont il est assorti, méconnaîtrait les dispositions citées au point 18 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes. D'autre part, les neuf bassins d'infiltration présentant une hauteur d'eau inférieure à un mètre, ils n'avaient pas, en vertu des termes mêmes des dispositions du 3 de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes, à être clôturés. Enfin, alors que la société pétitionnaire soutient, sans être contredite sur ce point, que la mention de talus de pentes " 3/2 " sur le plan de gestion des eaux pluviales résulte d'une erreur matérielle, il n'est pas sérieusement contesté que les dispositifs de rétention projetés présenteront, ainsi que l'indique la note hydraulique, des pentes de talus de " 3/1 ", conformément aux exigences du 3 de l'article UD 13. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne saurait être accueilli.
23. En huitième et dernier lieu, l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Par ailleurs, le préambule du règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes comporte un 4 intitulé " Zones de risques et de nuisances " dont le 4.1 rappelle que le plan de prévention des risques d'inondation applicable sur le territoire communal est annexé au plan local d'urbanisme. Son 4.4 comporte un 4.4.1 intitulé " Glissement de terrain ", lequel indique que : " Les zones à risque ainsi que les différentes dispositions à observer lors de projet de construction figurent en annexe (voir annexe 3-4c Risques majeurs naturels) ".
24. Il ressort des pièces des dossiers que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la parcelle d'assiette du projet n'est pas incluse dans une zone exposée à un risque important d'inondation identifié par le plan de prévention des risques d'inondation applicable sur le territoire de la commune de Nîmes. Par ailleurs, il est constant que la parcelle en cause a été identifiée comme étant exposée à un aléa " moyen à fort " de glissement de terrain. Toutefois, le porter à connaissance du préfet du Gard relatif à ce dernier risque, figurant au c) de l'annexe 3-4 au règlement du plan local d'urbanisme de Nîmes, précise, s'agissant des zones exposées à un tel aléa, que, dans les parties urbanisées de la commune, au nombre desquelles figure le secteur UDp dans lequel s'inscrit la parcelle litigieuse, " la constructibilité est possible ". Dans ces conditions, et compte tenu notamment des prescriptions relatives à la gestion des eaux pluviales édictées dans l'arrêté contesté, il ne ressort pas des pièces des dossiers qu'en délivrant le permis de construire en litige, le maire de Nîmes aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Eu égard à ce qui précède, le moyen, au demeurant imprécis, tiré de la méconnaissance des " règles relatives à la gestion des risques " ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
25. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les requêtes visées ci-dessus doivent être rejetées, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
26. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la société Envol au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes visées ci-dessus sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Envol au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C et B G, à Mme L K, à M. et Mme A et M D H, à la commune de Nîmes et à la société par actions simplifiée Envol.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
Le rapporteur,
R. MOURETLe président,
G. ROUX
La greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2302575, 2302577, 2302578
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026