jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2302671 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET ATORI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 12 juillet et 17 aout 2023, la commune de Nîmes, représentée par Me Merland, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert chargé de se prononcer sur l'origine des fissures constatées sur la façade de la construction cadastrée section CZ n°82 à Nîmes, et sur les risques en cas d'enlèvement d'une souche d'arbre implantée dans les fondations de la construction sise sur cette même parcelle.
Elle soutient que :
- l'expertise est utile dès lors qu'une action en responsabilité dirigée contre elle à la suite des travaux de démolition en cours est possible ;
- en effet, avant la réalisation des travaux de démolition prévus dans le cadre du " nouveau projet national de renouvellement urbain ", elle a sollicité du tribunal administratif de Nîmes, la désignation d'un expert aux fins de dresser un constat des bâtiments ;
- l'expert a rendu son rapport le 21 octobre 2022, or la construction sise sur la parcelle cadastrée section CZ 82 étant mitoyenne à la construction voisine sise sur la parcelle cadastrée section CZ 81, l'expert n'a pas pu faire de constat sur l'extérieur du mur de séparation et il s'est avéré, lors de la démolition de la construction sise sur la parcelle cadastrée section CZ 82, que deux fissures étaient présentes sur le mur extérieur de la construction sise sur cette même parcelle ;
- la mesure d'expertise sollicitée est alors le seul moyen d'établir les faits en cause et de déterminer l'étendue des désordres, mais également de connaître les conséquences éventuelles du retrait de la souche d'arbre située dans les fondations de la construction sise parcelle cadastrée section CZ 82.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 et 22 août 2023, la SAS SMA SA et la SAS SETEC International concluent à ce qu'il soit donné acte de leurs plus expresses protestations et réserves sur la demande d'expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 aout 2023, l'Auxiliaire, société d'assurances mutuelles, représentée par Me Vrignaud, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit pris acte de ses plus expresses protestations et réserves quant à la mise en œuvre d'une mesure d'expertise.
Elle soutient que :
- la requête de la commune de Nîmes est irrecevable dès lors qu'elle n'est accompagnée d'aucune délibération justifiant de la capacité du maire en exercice à agir ;
- la demande d'expertise est inutile puisque la commune de Nîmes n'est pas propriétaire de la parcelle CZ n°82, qui appartient à la SCI Zahra, laquelle n'a intenté aucun début de contentieux, et qu'il ressort de l'ordonnance du 20 mai 2022 rendue par le tribunal administratif de Nîmes, notamment de la mission de l'expert pris en son sixième point, que le référé préventif peut encore être mobilisé puisque l'expert peut intervenir lors de l'exécution des travaux ;
- la demande d'expertise est également inutile en l'absence de litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 aout 2023, Tekhne SARL d'architecture, représentée par Me L'Hostis, conclut :
1°) ne pas s'opposer, sous les plus expresses réserves, à la mesure d'expertise sollicitée ;
2°) à ce que la mesure d'expertise soit limitée au seul examen des désordres allégués dans la requête.
Elle soutient que :
- les désordres allégués par la ville de Nîmes n'apparaissent pas imputables à la mission qui lui a été confiée ;
- elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 aout 2023, la SMA SMACL Assurances, représentée par Me Callens, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit pris acte de ses protestations et réserves s'agissant de la mobilisation de sa garantie.
Elle soutient que :
- la mesure d'expertise sollicitée n'est pas utile dès lors que l'ordonnance n°2201249, rendue le 20 mai 2022 par le tribunal administratif de Nîmes, donnait déjà comme mission à l'expert " d'indiquer et décrire, au cours de l'exécution des travaux, les éventuelles mesures nécessaires à prévenir du péril un immeuble ou un ouvrage mitoyen du projet et en évaluer le cout " ;
- il n'y a aucun contentieux éventuel ;
- l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative prévoit que ce n'est que dans le cas de désordres dénoncés qu'un expert peut être désigné en cours de travaux, or en l'espèce, la mission sollicitée est prématurée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Peretti, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la fin de non-recevoir soulevée par l'Auxiliaire, société d'assurances mutuelles :
1. Pour conclure au rejet de la requête, la société d'assurances mutuelles l'Auxiliaire fait valoir qu'à défaut de production de la délibération autorisant son maire à ester en justice, la demande de la commune de Nîmes est irrecevable. Toutefois, il résulte de l'instruction que ladite délibération, en date du 3 juillet 2020, a été produite par la commune de Nîmes le 17 aout 2023. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société d'assurances mutuelles l'Auxiliaire doit être écartée.
Sur la demande d'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
3. La commune de Nîmes souhaite qu'un expert se prononce sur l'origine des désordres constatés en cours de réalisation des travaux de démolition opérés dans le cadre du " Nouveau projet national de renouvellement urbain ", ainsi que sur les conséquences éventuelles d'enlèvement d'une souche d'arbre implantée sur la parcelle cadastrée section CZ 82.
4. Dès lors que par ordonnance en date du 18 novembre 2022, les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. A C par ordonnance n°220124 ont été liquidés et taxés, ce dernier ne peut plus se prononcer, dans le cadre de la mission qui lui avait été confiée par cette ordonnance, sur les désordres intervenus en cours d'exécution des travaux de démolition. Par suite, les mesures d'expertise demandées par la commune de Nîmes, qui ont pour but de déterminer l'origine des fissures présentes sur le mur extérieur de la construction sise sur la parcelle cadastrée section CZ 82, et de se prononcer sur les risques en cas d'enlèvement d'une souche d'arbre implantée dans les fondations de la construction située sur cette même parcelle, entrent dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B D, domicilié 41 route de Nîmes à Bernis (30620) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de se rendre sur place ; d'entendre tous sachants et de prendre connaissance de tous documents utiles à la bonne fin de l'expertise, et notamment le rapport d'expertise rendu le 21 octobre 2022 par M. A C, expert ;
2°) de décrire les désordres affectant la parcelle cadastrée section CZ 82 et notamment les fissures situées sur la façade extérieure de la construction ; de déterminer leur date d'apparition, leur gravité et leurs conséquences, en rechercher les causes et origines ;
3°) de dire si les travaux qui ont porté sur la démolition de l'immeuble mitoyen sis sur la parcelle cadastrée section CZ 81 sont à l'origine des fissures ;
4°) en cas de causes multiples, de fournir toute précision permettant d'évaluer les proportions de chacune d'elles dans la survenance du dommage ;
5°) de dire si l'abattage de l'arbre dont la souche est située dans les fondations de la construction sise sur la parcelle cadastrée section CZ 81 pourrait porter une atteinte à celle-ci ;
6°) de dire, s'il convient, en cas d'urgence constitutive de réels dangers, de procéder à la réalisation de mesures de sauvegarde de nature à éviter toute aggravation ;
7°) de décrire et chiffrer le coût de reprise des désordres constatés, et évaluer la durée des travaux nécessaires pour remédier à la situation ;
8°) s'il y a lieu, de faire toutes autres constatations nécessaires et d'annexer à son rapport tous documents utiles.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : L'expertise aura lieu en présence de la commune de Nîmes, de la SCI Zahra, de la SA SMACL Assurances, de la SAS Buesa, de la compagnie l'Auxiliaire, de la Tekhne SARL d'architecture, de la MAF mutuelle des architectes français assurances, de SETEC International, de la SA SMA et de IN SITU SAS Jalabert et associés.
Article 4 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe en en deux exemplaires avant le 31 décembre 2023 dont un exemplaire sous format numérique. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 6 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Nîmes, à la SCI Zahra, à la SA SMACL Assurances, à la SAS Buesa, à la compagnie l'Auxiliaire, à la Tekhne SARL d'architecture, à la MAF mutuelle des architectes français assurances, à SETEC International, à la SA SMA, à IN SITU SAS Jalabert et associés et à M. B D, expert.
Fait à Nîmes, le 19 octobre 2023.
Le juge des référés,
P. PERETTI
La République mande et ordonne au préfet du Gard et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026