vendredi 1 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2302877 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GIRONDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 juillet et 17 octobre 2023, Mme B A, représentée par Me Girondon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2023 par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Gard de lui délivrer le titre de séjour demandé dans le délai d'un mois, subsidiairement de réexaminer sa demande en lui délivrant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'arrêté ;
- sa situation n'a pas fait l'objet d'un examen réel et complet ;
- elle justifie, au soutien de sa demande de séjour présentée sur le fondement de l'article 6 §5 de l'accord franco-algérien, d'une résidence continue de plus de quatre ans, de la présence régulière en France de trois de ses enfants, de ses multiples problèmes de santé, de la présence indispensable de tierces personnes à ses côtés, des liens tissés en France et de ce que ses enfants demeurant en Algérie se trouvent dans l'impossibilité de la prendre en charge ;
- elle entend se prévaloir de la circulaire Valls ;
- les circonstances qu'elle invoque sont constitutives de considérations humanitaires et exceptionnelles ;
- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français elle est illégale, dès lors qu'elle est fondée sur un refus de séjour illégal ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale, dès lors qu'elle est fondée sur une décision d'éloignement illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2023, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Baccati,
- et les observations de Me Girondon, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne née le 2 juillet 1944, est entrée en France le 31 janvier 2019 en possession d'un visa " C " valable 30 jours. Le 23 mai 2023, elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article 6 §5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, elle demande l'annulation, pour excès de pouvoir, de l'arrêté du 22 mai 2023 par lequel la préfète du Gard a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par Mme Chloé Demeulenaere, secrétaire générale adjointe de la préfecture du Gard, qui disposait d'une délégation de signature consentie par un arrêté de la préfète du Gard du 11 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 30-2022-060 du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de Mme A n'aurait pas fait l'objet d'un examen réel et complet.
4. En troisième lieu, la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012, relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comporte des orientations générales destinées à éclairer les préfets dans l'exercice de leur pouvoir de prendre des mesures de régularisation des étrangers en situation irrégulière, mesures de faveur au bénéfice desquelles ceux-ci ne peuvent faire valoir aucun droit. Mme A ne peut donc utilement se prévaloir de telles orientations.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit :() 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".
6. Si Mme A est entrée en France au mois de janvier 2019, plus de quatre ans avant la décision attaquée, elle était alors âgée de 74 ans et avait passé la plus grande partie de son existence dans son pays d'origine. Si trois de ses enfants résident en France, dont une fille qui l'héberge, en situation régulière et mère d'un enfant français, deux autres de ses enfants résident en Algérie. Mme A est entrée en France sous couvert d'un visa de court séjour qui expirait le 24 mars 2019, mais s'est maintenue sur le territoire au-delà de cette date, et après s'être vu refuser une admission au séjour pour raison de santé, elle a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, par un arrêté du 23 juin 2020, dont la contestation a été rejetée par le tribunal administratif de Nîmes le 16 octobre 2020 sous le n° 2002056, mais elle s'est maintenue sur le territoire. Ni les attestations de proches, d'un médecin et de plusieurs infirmières, qui montrent que son âge et son état de santé nécessitent des soins et une présence à ses côtés, ni les attestations des enfants demeurés en Algérie, par lesquelles ceux-ci déclarent, pour les besoins de la cause, ne pas être en mesure de s'occuper de leur mère, ne permettent de considérer que Mme A aurait transféré en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dans l'ensemble de ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le refus de séjour porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
7. En cinquième lieu, Mme A fait état de " considérations humanitaires et exceptionnelles ". En admettant même qu'elle entende, ce faisant, reprocher à la préfète de ne pas avoir envisagé son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sa situation, telle que rappelée au point 6, ne caractérise ni des considérations humanitaires, ni des motifs exceptionnels au sens et pour l'application de ces dispositions. Dès lors, en n'examinant pas une admission au séjour sur ce fondement, la préfète n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation.
8. En sixième lieu, il résulte de ce qui a été exposé aux points 2 à 7 que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de séjour, présenté au soutien de la contestation de la décision d'éloignement, doit être écarté.
9. En septième et dernier lieu, il résulte de ce qui a été exposé au point précédent que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision d'éloignement, présenté au soutien de la contestation de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A, en ce comprises celles présentées à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Girondon et au préfet du Gard.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Peretti, président,
M. Parisien, premier conseiller,
M. Baccati, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.
Le rapporteur,
J. BACCATI
Le président,
P. PERETTILe greffier,
D. BERTHOD
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026