mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303137 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUTAHAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 août 2023, M. A B, représenté par Me Boutahar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 juillet 2023 de la préfète de Vaucluse en ce qu'il porte refus de renouveler sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " et l'oblige à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- S'agissant du refus de séjour : la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le dépassement de la durée annuelle de séjour autorisée résulte d'une situation exceptionnelle de force majeure et qu'il remplit toutes les conditions pour voir sa carte de séjour renouvelée ;
- S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français : la décision attaquée est insuffisamment motivée ; elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il remplissait toutes les conditions pour obtenir de plein droit le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle en application de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile.
La préfète de Vaucluse n'a pas produit d'observations en réponse à la communication de la requête.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Achour,
- les conclusions de Mme Bala rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant marocain né le 14 juillet 1980, a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailler saisonnier " expirant le 13 août 2023. Par un arrêté du 13 juillet 2023, le préfet de Vaucluse lui a opposé un refus et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. M. B conteste ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de carte de séjour pluriannuelle :
2. Aux termes de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce un emploi à caractère saisonnier, tel que défini au 3° de l'article L. 1242-2 du code du travail, et qui s'engage à maintenir sa résidence habituelle hors de France, se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " d'une durée maximale de trois ans. Cette carte peut être délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger. Elle autorise l'exercice d'une activité professionnelle et donne à son titulaire le droit de séjourner et de travailler en France pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peuvent dépasser une durée cumulée de six mois par an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. ". Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui exerce un emploi à caractère saisonnier et qui s'engage à maintenir sa résidence habituelle hors de France, se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " qui autorise l'exercice d'une activité professionnelle et donne à son titulaire le droit de séjourner et de travailler en France pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peuvent dépasser une durée cumulée de six mois par an.
3. L'article L. 432-2 du même code dispose que : " Le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à l'étranger qui cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de cette carte dont il est titulaire () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser à M. B le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier ", la préfète de Vaucluse a retenu que l'intéressé n'avait pas respecté la durée maximale annuelle de séjour en France autorisée par ce titre, de 183 jours, notamment en ce qu'il avait séjourné en France 225 jours en 2022 et 259 jours en 2021. M. B ne conteste pas les durées de ses séjours en France ainsi prises en compte. S'il se prévaut de circonstances exceptionnelles liées à l'épidémie de Covid-19 ne lui ayant pas permis de rejoindre le Maroc entre le 18 octobre 2021 et le 8 février 2022, il est constant que M. B, qui avait quitté la France au terme de son contrat de travail saisonnier de six mois le 6 septembre 2021, est entré à nouveau sur le territoire national le 14 octobre 2021 sans que cette nouvelle entrée soit autorisée par la carte de séjour pluriannuelle dont il bénéficiait. Si le requérant fait valoir que ce nouveau séjour devait être de très courte durée et n'avait d'autre fin que de ramener son véhicule immatriculé en France, parvenant au terme de l'autorisation d'admission de moyens de transport par les autorités marocaines, il est constant que cette autorisation ne devait expirer que le 31 décembre 2021. En tout état de cause, la seule circonstance de l'expiration de cette autorisation délivrée par les autorités marocaines n'était pas de nature à autoriser le requérant à entrer et séjourner en France au-delà des conditions fixées par sa carte de séjour pluriannuelle et l'impossibilité d'un retour au Maroc à compter du 18 octobre 2021 en raison de la fermeture des frontières ne saurait en conséquence être regardée comme une situation de force majeure ni une circonstance exceptionnelle. Dans ces conditions, la préfète de Vaucluse a pu, à bon droit, considérer que le requérant n'avait pas respecté les conditions exigées pour la délivrance de la carte dont il était titulaire. Ce seul motif suffisait à fonder le refus de renouvellement de cette carte en application de l'article L. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, par suite, être écartés.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte, dans ses visas et ses motifs, les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde et qui permettent de vérifier que l'administration préfectorale a procédé à un examen complet de la situation particulière du requérant au regard des dispositions applicables. Le moyen tiré d'un défaut de motivation doit, dès lors, être écarté.
6. En second lieu, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation tenant au droit de M. B au renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " doivent, en tout état de cause, être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté de la préfète de Vaucluse du 13 juillet 2023 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Boutahar et à la préfète de Vaucluse.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, président,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
La rapporteure,
P. ACHOUR
La présidente,
C. CHAMOT
Le greffier,
B. GALLIOT
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026