mercredi 4 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2303161 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | CETINKAYA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistré le 24 août 2023, M. B A, représenté par Me Cetinkaya, demande au tribunal :
- l'annulation de l'arrêté n°23/84/504Q du 22 août 2023 par lequel la préfète de Vaucluse l'oblige à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, lui interdit d'y retourner pour une durée d'un an et fixe son pays de renvoi ;
- d'enjoindre la préfète de lui délivrer un titre de séjour portant la mention "vie privée et familiale" dans le délai d'un mois, suivant la notification de la décision à intervenir puis sous astreinte de 100 euros par jour de retard, conformément à l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
- d'enjoindre la préfète de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir puis sous astreinte de 100 euros par jour de retard, conformément à l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire d'enjoindre la préfète de réexaminer sa situation ;
- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à payer à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de l'acte ;
- la motivation est insuffisante ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision est prise en violation de l'article 8 de la CEDH ;
- la décision est prise en violation de l'article L. 611-3 5° du CESEDA ;
- il remplit toutes les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour salarié sur le fondement de l'article L. 313-10 du CESEDA ;
- des circonstances humanitaires faisaient obstacle à l'interdiction de retour ;
- la décision est prise en violation de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il réunit les conditions de la circulaire du 28 novembre 2012 pour être régularisé au titre de l'article L. 435-1 alinéa 1.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Abauzit, président honoraire, pour statuer sur les requêtes instruites selon les dispositions des L. 614-5, L. 614-6 et L. 614-9, L. 352-4, L. 754-4 et L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
A été entendu au cours de l'audience publique du 4 octobre 2023 :
- le rapport de M. Abauzit.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A ressortissant turc né le 1er janvier 1972 à Akçaabat (Turquie) demande l'annulation de l'arrêté du 22 août 2023 par lequel la préfète de Vaucluse l'oblige à quitter le territoire français sans délai, fixe le pays de destination et prononce une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. L'intéressé avait fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 13 mars 2020. L'arrêté a été pris après que le requérant eut été interpellé le 22 août 2023 dans le cadre de faits détention et usage de faux documents administratifs, en l'occurrence une fausse carte d'identité bulgare.
2. Par un arrêté du 9 décembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, la préfète de Vaucluse a accordé à M. Christian Guyard, secrétaire général de la préfecture, délégation à l'effet de signer l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté.
3. L'arrêté du 22 août 2023 comporte, dans ses visas et motifs, les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde, et qui permettent de vérifier que l'administration préfectorale a procédé à un examen de la situation particulière de M. A au regard des stipulations et dispositions législatives et réglementaires applicables à chacune des trois décisions attaquées. Le moyen tiré d'une insuffisance de motivation ne peut dès lors être qu'écarté. Il ne ressort pas par ailleurs des pièces du dossier ou de l'examen de l'arrêté contesté que la préfète de Vaucluse n'aurait pas procédé, pour prendre chacune des décisions attaquées, à un examen sérieux et complet de la situation du requérant.
Sur l'obligation de quitter le territoire :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; ". M. A est entré en France en 2018 sous couvert d'un visa désormais périmé et n'est pas titulaire d'un titre de séjour. La préfète pouvait dès lors ordonner son éloignement sur le fondement du 2° précité.
5. Aux termes de l'article L. 611-3 " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; ". M. A ne justifie pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de son enfant de nationalité française né en 2013, dont il ignore d'ailleurs où il se trouve.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. En l'espèce le requérant est entré en France récemment mais fait valoir qu'il a vécu avec une ressortissante française, avec laquelle il a eu un enfant de nationalité française. Il est toutefois constant que cette relation a été rompue, M. A ignorant d'ailleurs où se trouvent son ancienne compagne et son enfant, né en 2013, à l'éducation et à l'entretien duquel il ne justifie pas contribuer. Il doit dès lors être regardé comme célibataire sans charge de famille. S'il se prévaut de sa présence en France, où il exerce une activité professionnelle, c'est en dépit d'une mesure d'éloignement qu'il n'a pas respectée, et d'un travail non autorisé. Le moyen tiré de la violation de ces stipulations ne peut être qu'écarté. Pour les mêmes motifs la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
7. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, qui a pour objet la protection de l'intérêt supérieur des enfants, ne peut être qu'écarté.
8. M. A ne peut utilement invoquer la circulaire du 28 novembre 2018 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par les étrangers en situation irrégulière, dite circulaire " Valls ". Quant aux dispositions de l'article L. 313-10 du même code, elles n'instituent pas non plus un droit à régularisation de nature à faire obstacle à la mesure d'éloignement.
Sur l'interdiction de retour :
9. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". M. A ne justifie pas de l'existence de circonstances humanitaires de nature à faire obstacle à la prise d'une interdiction de retour, qui n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 août 2023 de la préfète de Vaucluse. Par suite ses conclusions présentées aux fins d'injonction et de condamnation de l'État sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent elles-aussi être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète de Vaucluse et à Me Cetinkaya.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
F. ABAUZIT
La greffière,
M-E. KREMER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026