mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2304612 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELAS PHILAE ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 11 décembre 2023 et 11 mars et 11 juin 2024, M. A B, représenté par Me Molines, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2023 par lequel le maire de Pertuis a délivré un permis de construire à la société Grand Delta Habitat, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pertuis la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- le contenu du dossier de demande de permis de construire est insuffisant ;
- les prescriptions fixées par l'arrêté attaqué sont illégales ;
- le permis de construire en litige méconnaît l'article 3 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- il viole les articles UC7 et UC10 du règlement du PLU ;
- il méconnaît l'article 11 des dispositions communes du règlement du PLU et l'article UC11 de ce règlement.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 février 2024, la commune de Pertuis conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 mars 2024, la société Grand Delta Habitat, représentée par la SELAS Philae, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- le requérant n'a pas intérêt à agir contre le permis de construire attaqué ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Langevin pour la société Grand Delta Habitat.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 27 juin 2023, le maire de Pertuis a délivré à la société Grand Delta Habitat un permis de construire treize maisons individuelles sur un terrain situé chemin des Condamines, parcelle cadastrée section AR n° 85, classée en zone UC du PLU. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 juin 2023, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'il a formé à son encontre le 23 août suivant.
Sur la recevabilité de la requête :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de justice administrative : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. "
3. Il ressort des pièces du dossier que le recours gracieux formé par M. B, reçu par les services de la commune de Pertuis le 23 août 2023, a été notifié à la société Grand Delta Habitat le jour même. La circonstance que le courrier accompagnant cette notification soit daté du 16 août 2023 est sans incidence sur la régularité de cette notification. La fin de non-recevoir opposée sur ce point doit, par conséquent, être écartée.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B est propriétaire d'une maison d'habitation édifiée sur la parcelle cadastrée section AR n° 306, limitrophe au terrain d'assiette du projet. En faisant valoir que le permis de construire litigieux, qui implique la construction de treize maisons individuelles sur un terrain actuellement non bâti, va engendrer des nuisances sonores et visuelles sur sa propriété et augmenter le trafic dans le secteur, le requérant démontre que le projet est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de son bien. La fin de non-recevoir tirée de ce que M. B n'aurait pas intérêt à demander l'annulation de l'arrêté attaqué doit donc être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé pour le maire de Pertuis par M. D C, son adjoint délégué à l'urbanisme, qui dispose en vertu d'un arrêté du maire de Pertuis du 16 octobre 2020, dont la publication n'est pas contestée, d'une délégation de fonctions en matière d'urbanisme, emportant délégation de signature de tout acte à caractère décisoire. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté en litige manque en fait et doit, par suite, être écarté.
7. En deuxième lieu, si le requérant soutient que le contenu du dossier de demande de permis de construire est insuffisant en ce que les indications relatives à l'accès et à la clôture du terrain ne sont pas assez précises, il ne précise pas quelle disposition du code de l'urbanisme déterminant les éléments devant impérativement figurer au sein d'une telle demande aurait été méconnue. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que les insuffisances alléguées auraient été de nature à faire obstacle à l'appréciation portée par le service instructeur sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Le moyen relatif au contenu du dossier de demande de permis de construire doit, dès lors, être écarté.
8. En troisième lieu, l'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
9. Aux termes de l'article 3 de la section 3 du titre II du règlement du PLU, qui fixe les dispositions communes à tout ou partie des zones : " 2 - Voirie : () 2 - 2 Règle générale : () Les voiries nouvelles doivent disposer d'une largeur de chaussée, hors stationnement et trottoir, d'au moins 5 mètres permettant une circulation à double sens. () "
10. La prescription fixée par l'avis émis sur le projet par le centre technique municipal, auquel renvoie l'article 4 de l'arrêté contesté et qui impose que la largeur des cheminements piétons aménagés entre les logements et à l'entrée du projet soit augmentée de 1,25 à 1,40 mètres, n'implique pas une modification du projet telle qu'elle aurait nécessité la présentation d'un nouveau projet. Il n'est, de plus, pas établi que l'élargissement de ces cheminements à ces points précis empiéterait nécessairement sur l'emprise de la voie interne créée dans le cadre du projet et la porterait ainsi à moins de 5 mètres, en méconnaissance des dispositions du point 2-2 de l'article 3 des dispositions générales du règlement du PLU.
11. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'est implanté sur le terrain, au niveau de l'accès projeté, un regard de comptage non circulable du canal de Provence. L'article 5 de l'arrêté en litige renvoie au contenu de l'avis émis sur le projet par la société en charge de cet ouvrage, dans lequel elle a indiqué que n'ayant pas été consultée sur le projet, elle ne pouvait émettre qu'un avis défavorable le concernant et qu'il incombait au pétitionnaire de prendre contact avec ses services afin d'étudier les possibilités techniques et financières du dévoiement de la canalisation en question. Au regard du contenu de cet avis, il n'est pas établi que ces travaux ne pourraient être réalisés, ni que leur exécution entraînerait une modification substantielle du projet.
12. Enfin, l'article 6 de l'arrêté fixe des prescriptions hydrauliques s'appliquant au projet, concernant notamment le dimensionnement et la capacité des dispositifs de rétention, dont le respect n'entraîne pas une modification substantielle du projet telle que le dépôt d'une nouvelle demande de permis de construire était requis. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les prescriptions dont est assorti le permis de construire en litige sont illégales.
13. En quatrième lieu, selon l'article 3 de la section 3 du titre II du règlement du PLU, qui fixe les dispositions communes à tout ou partie des zones : " 1 - Accès : () Les accès doivent être aménagés de manière à ne pas créer de difficultés ou de dangers pour la circulation générale. Ils doivent satisfaire aux exigences de la sécurité publique, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. () 2 - Voirie : 2 - 1 Définition : La voirie constitue la desserte du terrain sur lequel est projetée l'opération ou la construction. Il s'agit de voies de statut public ou privé ou de l'emprise d'une servitude de passage. 2 - 2 Règle générale : Les voiries doivent avoir des caractéristiques suffisantes permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité publique, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent et à la destination des constructions projetées. () Les voiries nouvelles doivent disposer d'une largeur de chaussée, hors stationnement et trottoir, d'au moins 5 mètres permettant une circulation à double sens. () Voiries en impasse : l'aménagement de toute voirie en impasse peut être admis : - Pour les opérations de 5 lots ou de 5 constructions au plus, dès lors qu'elles n'excèdent pas 10 logements ; - Pour les opérations réalisées successivement dès lors que les conditions juridiques et techniques de leur raccordement ultérieur sont réunies ; - En cas d'impossibilité technique démontrée ou liée à la configuration des lieux. () "
14. Il ressort des pièces du dossier que, comme exposé au point 10, l'avis émis par le centre technique municipal sur le projet impose que la largeur des cheminements piétons aménagés entre les logements et à l'entrée du projet soit augmentée de 1,25 à 1,40 mètres. Dès lors que cette prescription est reprise à l'article 4 de l'arrêté attaqué, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ce que la largeur des cheminements piétons était initialement insuffisante. Par ailleurs, comme indiqué précédemment, il n'est pas établi que l'élargissement des cheminements piétons impliquerait nécessairement une réduction de l'emprise de la voie interne projetée à moins de 5 mètres. De la même manière, la seule circonstance que le projet est susceptible de générer une augmentation du trafic dans le secteur ne permet pas, à elle seule, de considérer qu'il présenterait un risque pour la sécurité publique.
15. Il ressort, en outre, des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation d'un accès au terrain depuis le chemin des Condamines, lequel sera composé d'une entrée charretière visant à limiter toute gêne sur la voie publique. En se bornant à soutenir que les plans joints au dossier de demande de permis de construire ne permettent pas de déterminer précisément si cet accès permet le croisement des véhicules et le passage des véhicules d'incendie et de secours, le requérant ne démontre pas que le projet présenterait un risque pour la sécurité publique, alors que le service départemental d'incendie et de secours a émis un avis favorable à sa réalisation le 17 avril 2023.
16. En revanche, ainsi que le fait valoir le requérant, il est prévu que la voie interne créée dans le cadre du projet sera aménagée en impasse, alors que le permis de construire en litige implique la création de treize logements et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la configuration des lieux le justifierait. De plus, ni la commune ni la pétitionnaire ne font valoir en défense qu'une impossibilité technique rendrait nécessaire un tel agencement de la voie interne. Le requérant est, dès lors, fondé à soutenir que le permis de construire attaqué méconnaît à cet égard l'article 3 de la section 3 du titre II du règlement du PLU, dont les dispositions sur ce point sont applicables à toute voirie.
17. En cinquième lieu, selon l'article UC7 du règlement du PLU : " 7-1 Règle générale : Les constructions non accolées doivent être implantées les unes par rapport aux autres à une distance (D) au moins égale en tout point de la construction aux deux tiers de la hauteur (H) de la construction dont la hauteur au faîtage est la plus élevée, avec un minimum de 4 mètres (D=2/3 H = 4 m). / 7-2 Règles particulières : Des implantations en retrait inférieur à celui fixé au 7-1 ci-dessus pourront être autorisées dans les cas suivants : - pour l'extension et la surélévation des constructions existantes lorsque celles-ci sont implantées différemment de la règle définie au 7-1 ci-dessus, sous réserve qu'elles n'aient pas pour effet de réduire le recul existant avant travaux ; - pour les constructions annexes, sous réserve que leur hauteur n'excède pas 3 mètres par rapport au niveau naturel de la parcelle qui supporte la construction ; - pour prendre en compte les caractéristiques particulières du terrain d'assiette de la construction telles qu'une configuration atypique du parcellaire, une topographie accidentée ou lorsque le terrain est riverain de plusieurs limites de référence (terrain d'angle) ; - pour les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif, notamment en secteurs UCa et UCg. Des implantations en retrait inférieur à celui fixé au 7-1 ci-dessus pourront être autorisées ou imposées pour assurer la préservation d'un élément ou d'un ensemble végétal de qualité et notamment ceux repérés aux documents graphiques. "
18. Il ressort des pièces du dossier que les constructions projetées ne seront ni accolées, ni séparées par une distance au moins inférieure à 4 mètres. A cet égard, la circonstance que le terrain d'assiette du projet présente un faible dénivelé d'1,80 à 2 mètres et une importante profondeur ne suffit pas, contrairement à ce qui est soutenu par la commune et la pétitionnaire, à considérer que sa topographie est accidentée ou que sa configuration est atypique. Le requérant est, par conséquent, fondé à soutenir que le permis de construire en cause méconnaît l'article UC7 du règlement du PLU.
19. En sixième lieu, en application de l'article UC10 du règlement du PLU : " 10-4 Clôtures et murs de soutènement : Lorsqu'elles sont envisagées, les clôtures maçonnées seront enduites sur les deux faces. Elles devront être de préférence réalisées avec des maçonneries identiques aux constructions. Les portes et portails seront peints. Les couleurs vives et blanches sont à proscrire. La hauteur totale de la clôture ne doit pas excéder 2,50 mètres (cette hauteur ne comprend pas les murs de soutènement). Lorsqu'elles sont réalisées sur un mur de soutènement, à créer ou existant à la date d'approbation des présentes dispositions, dont la hauteur est supérieure à 2 mètres, les clôtures devront obligatoirement être réalisées par des grilles de dessin simple ou des grillages sur supports métalliques doublées d'une haie vive. "
20. Il ressort des indications de la notice descriptive du projet que la clôture réalisée sera traitée en grillage et présentera une hauteur de 1,80 mètres au plus, conformément à l'article UC10 précité. Le moyen tiré de la violation de ces dispositions doit donc être écarté.
21. En dernier lieu, l'article 11 de la section 3 du titre II du règlement du PLU, qui fixe les dispositions communes à tout ou partie des zones, dispose que : " Chaque place de stationnement pour un véhicule motorisé de type voiture doit présenter une dimension minimale de 2,5 mètres de largeur et 5 mètres de longueur. " Par ailleurs, l'article UC11 de ce règlement impose de créer, pour tout projet d'immeuble d'habitation, a minima une place de stationnement vélo par logement, laquelle doit être aménagée dans un espace sécurisé commun ou individuel.
22. D'une part, en se bornant à soutenir que la largeur des places de stationnement prévues n'est pas expressément indiquée sur les plans du dossier de demande de permis de construire, alors que cette information n'avait pas nécessairement à y être mentionnée, le requérant ne démontre pas que la largeur en cause serait inférieure à celle exigée par les dispositions précitées. En outre, il n'est pas établi que l'élargissement des cheminements piétons, requise par l'article 3 de l'arrêté attaqué, impliquerait nécessairement la réduction de la largeur des places de stationnement. D'autre part, il résulte de la rédaction même de l'article UC11 que celui-ci autorise l'aménagement des places de stationnement pour vélo dans un espace sécurisé individuel. Un tel espace n'avait pas obligatoirement à être matérialisé sur les plans du dossier de demande de permis de construire, de sorte que l'arrêté attaqué ne méconnaît pas l'article UC11 du règlement du PLU sur ce point.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
23. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire (), estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux () ".
24. Les vices relevés aux points 16 et 18, tirés de la méconnaissance de l'article 3 de la section 3 du titre II du règlement du PLU et de l'article UC7 de ce règlement, n'affectent qu'une partie identifiable du projet et peuvent faire l'objet d'une mesure de régularisation. Par suite, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de limiter à ces vices la portée de l'annulation prononcée et de fixer à deux mois le délai dans lequel la société Grand Delta Habitat pourra en demander la régularisation.
25. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est fondé à demander l'annulation du permis de construire attaqué qu'en tant qu'il méconnaît, d'une part, l'article 3 de la section 3 du titre II du règlement du PLU au regard de l'aménagement en impasse de la voie interne projetée et, d'autre part, l'article UC7 de ce règlement en raison de la distance insuffisante prévue entre les constructions. La décision implicite de rejet de son recours gracieux doit être annulée dans cette mesure.
Sur les frais liés au litige :
26. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Pertuis la somme de 1 000 euros à verser au requérant.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de Pertuis du 27 juin 2023 et la décision implicite rejetant le recours gracieux formé par M. B sont annulés dans la mesure précisée au point 25 du présent jugement.
Article 2 : Le délai imparti à la société Grand Delta Habitat pour solliciter la régularisation de son projet est fixé à deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Pertuis versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la société Grand Delta Habitat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la société Grand Delta Habitat et à la commune de Pertuis.
Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Avignon.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024 où siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026