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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2304675

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2304675

mardi 19 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2304675
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantEKAIZER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 décembre 2023 et 6 février 2024, Mme C D épouse F, représentée par Me Ekaizer, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel le préfet du Gard a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de l'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet du Gard de réexaminer sa situation afin que lui soit délivré le titre de séjour auquel elle pourrait prétendre ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;

- l'arrêté attaqué est signé par une autorité incompétente ;

- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de son droit à présenter des observations ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen particulier ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;

- le motif tiré de ce qu'elle n'est pas titulaire d'un titre de séjour délivré par les autorités espagnoles est entaché d'erreur de fait ;

- l'appréciation portée par le préfet du Gard sur les ressources dont dispose son mari est erronée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2024, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête sont infondés.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2023-340 du 4 mai 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Aymard,

- et les observations de Me Ekaizer représentant Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C D, ressortissante marocaine née le 21 juin 1989, a épousé le 30 janvier 2006 M. E F, ressortissant espagnol né le 29 décembre 1979. L'intéressée, qui déclare être entrée en France le 28 juin 2022, a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 200-4, L. 233-1 et L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 6 décembre 2023, le préfet du Gard a rejeté cette demande de titre de séjour, a obligé l'intéressée à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de l'éloignement. Mme D demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 6 décembre 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé pour le préfet du Gard par M. Frédéric Loiseau, secrétaire général de la préfecture du Gard. Ce dernier disposait, aux termes de l'arrêté du préfet du Gard du 21 août 2023, publié le 22 août 2023 au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer notamment tous arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département du Gard, à l'exception des réquisitions prises en application du code de la défense, de la réquisition des comptables publics régie par le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, et des arrêtés de conflit. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet du Gard s'est fondé pour édicter à l'encontre de Mme D les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et fixation du pays de destination. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ".

5. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour.

6. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.

7. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D aurait sollicité, sans réponse, un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'elle aurait été empêchée de présenter ses observations, avant que ne soit prise la décision portant refus d'admission au séjour. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir, à l'encontre du refus du titre de séjour, qu'elle aurait été privée de son droit à être entendue, notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Par ailleurs, en ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français que conteste Mme D, cette décision a été prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de sorte que la requérante n'est pas fondée, eu égard à ce qu'il a été dit aux points 5 à 6, à soutenir que son droit à être entendue aurait été méconnu.

8. En quatrième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision en litige et de sa motivation circonstanciée que le préfet du Gard a procédé à un examen complet et particulier de la demande et de la situation de Mme D. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; / 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; / 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3° ". Aux termes de l'article L. 233-2 du même code : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. / Il en va de même pour les ressortissants de pays tiers, conjoints ou descendants directs à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées au 3° de l'article L. 233-1 ". Aux termes de l'article R. 233-1 de ce code : " Les ressortissants qui remplissent les conditions mentionnées à l'article L. 233-1 doivent être munis de leur carte d'identité ou de leur passeport en cours de validité. / L'assurance maladie mentionnée à l'article L. 233-1 doit couvrir les prestations prévues aux articles L. 160-8, L. 160-9 et L. 321-1 du code de la sécurité sociale. / Lorsqu'il est exigé, le caractère suffisant des ressources est apprécié en tenant compte de la situation personnelle de l'intéressé. En aucun cas, le montant exigé ne peut excéder le montant forfaitaire du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles. / La charge pour le système d'assistance sociale que peut constituer le ressortissant mentionné à l'article L. 233-1 est évaluée en prenant notamment en compte le montant des prestations sociales non contributives qui lui ont été accordées, la durée de ses difficultés et de son séjour ". Le décret du 4 mai 2023 portant revalorisation du montant forfaitaire du revenu de solidarité active a fixé le montant forfaitaire mensuel du revenu de solidarité active à 607,75 euros à compter des allocations dues au titre du mois d'avril 2023.

10. En l'espèce, pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par Mme D, le préfet du Gard a notamment considéré que l'époux de l'intéressée, qui déclare un total des salaires et assimilés de 6 030 euros pour l'année 2021 et de 13 108 euros pour l'année 2022, ne dispose pas, pour lui, son épouse et leurs quatre enfants, des ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale. La requérante conteste l'appréciation portée par le préfet du Gard sur les ressources de son époux.

11. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier que de l'union des époux F sont issus quatre enfants nés respectivement les 18 juin 2008, 16 juin 2011, 16 avril 2014 et 16 février 2021. Ensuite, si le couple F a perçu en novembre 2023 des allocations familiales avec conditions de ressources et une allocation de logement, ces revenus ne sauraient, en application des dispositions précitées de l'article R. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, être pris en compte pour apprécier le caractère suffisant des ressources, dès lors que, s'agissant de prestations sociales non contributives, ils constituent une charge pour le système d'assistance sociale. Enfin, eu égard à l'exclusion de ses revenus, les pièces produites par la requérante quant aux revenus professionnels de son époux et des indemnités perçues de Pôle Emploi au titre du mois d'août 2023 font état d'un montant de ressources inférieur au minimum requis de 1 762,49 euros par mois qui correspond au montant forfaitaire de solidarité active applicable à une famille composée d'un couple et de quatre enfants mineurs. Par suite, le préfet du Gard a pu, sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation, retenir que M. F ne disposait pas pour lui, son épouse et leurs quatre enfants des ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, et ainsi rejeter la demande de titre de séjour présentée par Mme D.

12. En sixième lieu, alors que l'arrêté en litige mentionne que les autorités espagnoles ont confirmé que Mme D n'était pas inscrite au fichier des étrangers comme titulaire d'un titre de résidence en vigueur en Espagne et que son dernier titre de séjour était périmé depuis le 28 janvier 2023, la requérante fait valoir que ce motif est entaché d'erreur de fait. Si la requérante produit à l'instance la carte de résident valable du 3 avril 2023 au 28 janvier 2033 que les autorités espagnoles lui ont délivrée, il résulte toutefois de l'instruction que le préfet du Gard aurait pris à l'encontre de Mme D le même arrêté s'il n'avait retenu que le motif tiré de l'insuffisance des ressources de son époux.

13. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

14. Comme indiqué précédemment, la requérante a épousé le 30 janvier 2006 M. E F, ressortissant espagnol né le 29 décembre 1979, et quatre enfants, nés respectivement les 18 juin 2008, 16 juin 2011, 16 avril 2014 et 16 février 2021, sont issus de ce mariage. Alors que la requérante indique dans ses écritures être entrée en France le 28 juin 2022, la résidence en France de l'intéressée, dont le caractère habituel n'est pas établi par les pièces du dossier, présente en tout état de cause un caractère récent à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, la requérante, qui produit à l'instance une attestation d'inscription et de présence, à compter du 7 novembre 2023, à des ateliers de français à visée d'insertion professionnelle, ne justifie d'aucune insertion socio-professionnelle notable en France. Enfin, la requérante n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales en Espagne ou au Maroc, et il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale qu'elle compose avec son époux et leurs quatre enfants ne pourrait pas se reconstituer au Maroc ou en Espagne, la requérante ne justifiant d'ailleurs pas de la régularité du séjour en France de son époux. Enfin, si la requérante fait valoir que son fils, prénommé A, né le 16 février 2021, est atteint d'une pathologie chronique nécessitant un suivi médical régulier, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que cet enfant, dont la pathologie n'est pas précisée dans le certificat médical du docteur B produit à l'instance, ne pourrait pas être pris en charge médicalement en Espagne ou au Maroc. Au regard de l'ensemble de ces éléments, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme D une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision en litige sur la situation personnelle et professionnelle de la requérante doit également être écarté, l'intéressée n'exerçant aucune activité professionnelle à la date de la décision attaquée.

15. En huitième lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

16. En l'espèce, la mesure contestée ne fait pas obstacle à ce que la cellule familiale composée des époux F et de leurs quatre enfants puisse se reconstituer au Maroc ou en Espagne et à ce que leurs enfants y soient scolarisés, la scolarisation en France de ces enfants étant récente. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 6 décembre 2023 qu'elle conteste.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

18. Les conclusions à fin d'annulation de Mme D étant rejetées, ses conclusions aux fins d'injonction doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

19. Dès lors que l'Etat n'est pas dans la présente instance la partie perdante, les conclusions présentées par Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D épouse F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D épouse F et au préfet du Gard.

Délibéré après l'audience du 27 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ciréfice, président,

Mme Achour, première conseillère,

M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 mars 2024.

Le rapporteur,

F. AYMARD

Le président,

C. CIRÉFICE

La greffière,

B. MAS-JAY

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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