mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2304832 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELAS PHILAE ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 22 décembre 2023, 15 mai et 27 août 2024, M. H A, M. D E, M. C G et M. F B, représentés par Me Bronzani, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juin 2023 par lequel le maire de Pertuis a délivré un permis de construire à la société Grand Delta Habitat, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pertuis la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le permis de construire attaqué méconnaît les articles 3 et 4 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il viole les articles 10 et 12 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- il viole les articles UC5, UC7, UC11 du règlement du PLU.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 février 2024, la commune de Pertuis conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- M. G n'a pas intérêt à agir contre le permis de construire en litige ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2024, la société Grand Delta Habitat, représentée par la SELAS Philae, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir contre le permis de construire attaqué ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 18 juin 2024, M. C G déclare se désister de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lahmar,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de Me Bronzani pour les requérants et celles de Me Langevin pour la société Grand Delta Habitat.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 27 juin 2023, le maire de Pertuis a délivré à la société Grand Delta Habitat un permis de construire treize maisons individuelles sur terrain situé chemin des Condamines, parcelle cadastrée section AR n° 85, classée en zone UC du PLU. Les requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 juin 2023, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'ils ont formé à son encontre le 23 août suivant.
Sur le désistement :
2. Par acte, enregistré le 18 juin 2024, M. G a déclaré se désister de sa requête. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la recevabilité de la requête :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. Il ressort des pièces du dossier que MM. A, E et B sont respectivement propriétaires de maisons d'habitation édifiées sur des parcelles limitrophes à celle servant d'assiette au projet. En faisant valoir que le permis de construire litigieux, qui implique la construction de treize maisons individuelles sur un terrain actuellement non bâti, va engendrer des nuisances sonores et visuelles sur leurs propriétés et augmenter le trafic dans le secteur, les requérants démontrent que le projet est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens. La fin de non-recevoir opposée par la société pétitionnaire, tirée de ce que les requérants n'auraient pas intérêt à demander l'annulation de l'arrêté attaqué, doit donc être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.
6. D'autre part, l'article 3 de la section 3 du titre II règlement du PLU, fixant les dispositions communes à tout ou partie des zones, dispose que : " 1 - Accès : () Les accès doivent être aménagés de manière à ne pas créer de difficultés ou de dangers pour la circulation générale. Ils doivent satisfaire aux exigences de la sécurité publique, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. () En outre, les 5 premiers mètres des chemins ou voies localisés sur le terrain d'assiette d'une construction et assurant la desserte automobile interne depuis l'accès doivent présenter une pente maximale de 5 %. () 2 - Voirie : 2 - 1 Définition : La voirie constitue la desserte du terrain sur lequel est projetée l'opération ou la construction. Il s'agit de voies de statut public ou privé ou de l'emprise d'une servitude de passage. / 2 - 2 Règle générale : Les voiries doivent avoir des caractéristiques suffisantes permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité publique, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent et à la destination des constructions projetées. () En outre, la voirie interne de toute opération d'ensemble doit : - bénéficier d'au moins deux accès sur la voirie existante, dont la localisation est déterminée sur le fondement du fonctionnement et de la composition de la trame viaire environnante () Voiries en impasse : l'aménagement de toute voirie en impasse peut être admis : - Pour les opérations de 5 lots ou de 5 constructions au plus, dès lors qu'elles n'excèdent pas 10 logements ; - Pour les opérations réalisées successivement dès lors que les conditions juridiques et techniques de leur raccordement ultérieur sont réunies ; - En cas d'impossibilité technique démontrée ou liée à la configuration des lieux. " Par ailleurs, le règlement du plan local d'urbanisme définit la notion d'opération d'aménagement d'ensemble comme recouvrant " les opérations de constructions et les opérations d'aménagement de terrains destinés à être bâtis, publiques ou privées, prévoyant la création ou l'aménagement de voies propres à la desserte des constructions, d'espaces ou d'équipements communs à plusieurs constructions, indépendamment des procédures opérationnelles et des dispositifs de financement mis en œuvre. Peuvent ainsi notamment constituer des opérations d'aménagement d'ensemble, les zones d'aménagement concerté, les lotissements, les permis valant division, lorsqu'ils répondent aux conditions prévues ci-dessus. "
7. Il ressort des pièces du dossier que, ainsi d'ailleurs que l'a estimé le service départemental d'incendie et de secours dans son avis émis sur le projet le 17 avril 2023, la largeur du chemin des Condamines est suffisante pour en assurer la desserte. Par ailleurs, la seule circonstance que l'accès projeté débouche à proximité d'un ralentisseur de cette voie ne permet pas de considérer qu'il présenterait un risque pour la sécurité publique, d'autant que l'accès en cause est constitué d'une entrée charretière visant à limiter toute gêne sur la voie publique créée par les véhicules entrant ou sortant du terrain. En outre, la pente caractérisant la topographie du terrain dans son état initial ne permet pas, eu égard aux travaux d'aménagement de la parcelle qui seront réalisés dans le cadre du projet, de démontrer que les 5 premiers mètres de la voie interne projetée depuis l'accès à la parcelle présenteront une pente supérieure à 5%. Il n'apparaît pas davantage que la configuration en virage de la voie interne projetée ferait obstacle au croisement des véhicules, d'autant que l'arrêté attaqué est assorti d'une prescription tenant à ce que cette voie présente un rayon intérieur minimum de 11 mètres et d'une surlargeur.
8. En revanche, au regard de la définition fixée par le règlement du plan local d'urbanisme, le projet litigieux constitue une opération d'ensemble pour l'application de ses dispositions, qui imposent donc que sa voirie interne bénéficie de deux accès sur la voie publique, alors que le permis de construire attaqué n'en prévoit qu'un seul. Enfin, la commune et la société pétitionnaire n'établissent pas que la configuration des lieux imposait la réalisation d'une voie interne en impasse, alors que celle-ci desservira treize maisons individuelles. Les requérants sont, dès lors, fondés à soutenir qu'une telle configuration est contraire aux dispositions précitées, qui s'appliquent sur ce point à toute voirie. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la section 3 du titre II du règlement du PLU doit être accueilli en ce qui concerne le nombre d'accès sur la voie publique créés et la configuration en impasse de la voie interne. Ces irrégularités sont, en revanche, insuffisantes à caractériser l'existence d'un risque pour la sécurité publique tel qu'en délivrant le permis de construire, le maire aurait commis une erreur manifeste dans l'application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
9. En deuxième lieu, l'article 4 des dispositions communes du règlement du PLU dispose que : " () De manière générale, l'évacuation des eaux ménagères et des effluents non traités dans les fossés, les égouts pluviaux et les cours d'eau est interdite () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que les eaux utilisées pour l'entretien du local à ordures ménagères seront reversées dans le réseau public d'eaux usées via un avaloir, conformément aux dispositions précitées de l'article 4 des dispositions communes du règlement du PLU. Par ailleurs, la circonstance que le local à ordures ménagères prévu par le projet soit à ciel ouvert n'est pas de nature à créer un risque pour la salubrité publique au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme précité.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article 10 de la section 3 du titre II du règlement du PLU, fixant les dispositions communes à tout ou partie des zones : " 1- Aspect général : Conformément aux dispositions de l'article R. 111-21 du code de l'urbanisme, l'aspect extérieur des constructions nouvelles ainsi que les adjonctions ou modifications de constructions existantes ne doit pas être de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Une attention particulière doit être portée sur les bâtiments anciens pour lesquels les exigences sont renforcées. Les constructions devront présenter une simplicité de volume. Leurs gabarits doivent être adaptés à l'échelle générale des constructions avoisinantes. 2- Adaptation au terrain : Dans la mesure du possible, la construction devra s'adapter à la topographie originelle du terrain d'assiette de l'opération. Dès lors qu'ils sont autorisés dans le règlement des zones et des PPRI, les terrassements, déblais et remblais seront limités au strict nécessaire, compte tenu que les fondations de la construction ne peuvent s'implanter sur un remblai. Les règles suivantes s'appliqueront : - Pour les terrains dont la pente naturelle est inférieure ou égale à 15 % : les déblais et remblais ne peuvent en aucun cas dépasser 1 mètre () ".
12. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la parcelle servant d'assiette au projet est située dans un secteur ne présentant aucun intérêt architectural ou paysager particulier, caractérisé par une urbanisation pavillonnaire d'une densité moyenne. Le projet litigieux vise à la construction de treize maisons individuelles groupées sur une unité foncière d'une superficie de 3 119 mètres-carrés. S'il implique une densité d'urbanisation supérieure à celle des terrains alentours, le gabarit et les volumes des constructions prévues demeurent similaires à ceux des bâtiments avoisinants, de même que les matériaux et coloris utilisés. Il s'ensuit que, contrairement à ce qui est soutenu, le permis de construire attaqué est conforme aux dispositions du 1- de l'article précité.
13. D'autre part, la notice relative aux voies et réseaux du projet indique que, suite aux travaux de terrassement du terrain, " les terres extraites peuvent être conservées sur le site, dans la mesure où ils sont recouverts de terre végétale, d'enrobés ou d'une dalle béton " et que " les matériaux issus des travaux de terrassement seront conservés sur site, sous l'emprise des bâtiments surélevés par rapport au terrain naturel existant ". Il ne ressort pas de ces indications que des travaux de remblais seraient prévus et que les fondations des bâtiments projetés seraient réalisées sur leur emprise. Les requérants ne sont, dès lors, pas fondés à soutenir que les plans du dossier de demande de permis de construire, dans la mesure où ils ne font pas apparaître de tels remblais, seraient incohérents vis-à-vis de ces informations, et que le service instructeur n'aurait pas été mis à même d'apprécier la conformité du projet aux dispositions du 2- de l'article 10 des dispositions communes du règlement du PLU. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté en toutes ses branches.
14. En quatrième lieu, en application de l'article UC5 du règlement du PLU : " Les constructions seront édifiées en retrait minimum de 4 mètres de la limite de référence. " Par ailleurs, l'article 5 des dispositions communes du règlement du PLU dispose que : " Les dispositions des articles 5 du règlement régissent l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises en se référant à la notion de limite de référence. Dans les développements suivants, la notion de limite de référence correspond à la limite entre les voies et emprises publiques existantes, à créer ou à modifier ci-après désignées et le domaine privé : - les voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique, - les places et jardins publics, - les emprises des voies ferrées du domaine ferroviaire, - les emplacements réservés nécessaires à la création, à l'élargissement ou l'extension desdites voies, places et emprises. "
15. Il ressort des pièces du dossier que le chemin des Condamines fait l'objet, dans sa portion située au droit de la parcelle servant d'assiette au projet, d'un emplacement réservé prévu par le plan local d'urbanisme en vue de son élargissement. La distance entre les constructions projetées et la limite de référence devait donc, au regard des dispositions précitées, être calculée par rapport à l'emprise de cet emplacement réservé. Il ressort cependant des pièces du dossier que l'emprise de l'emplacement réservé est, au niveau de la limite du terrain d'assiette du projet, quasiment identique à celle de l'emprise actuelle du chemin des Condamines. Les requérants, qui ne contestent pas que l'implantation des bâtiments projetés est prévue à plus de 4 mètres de l'emprise du chemin des Condamines, n'établissent donc pas qu'ils seraient, en revanche, situés à moins de 4 mètres de l'emprise de l'emplacement réservé en question. Ils ne sont, dès lors, pas fondés à soutenir que le permis de construire en litige méconnaît l'article UC5 du règlement du PLU sur ce point.
16. En cinquième lieu, selon l'article UC7 du règlement du PLU : " 7-1 Règle générale : Les constructions non accolées doivent être implantées les unes par rapport aux autres à une distance (D) au moins égale en tout point de la construction aux deux tiers de la hauteur (H) de la construction dont la hauteur au faîtage est la plus élevée, avec un minimum de 4 mètres (D=2/3 H = 4 m). / 7-2 Règles particulières : Des implantations en retrait inférieur à celui fixé au 7-1 ci-dessus pourront être autorisées dans les cas suivants : - pour l'extension et la surélévation des constructions existantes lorsque celles-ci sont implantées différemment de la règle définie au 7-1 ci-dessus, sous réserve qu'elles n'aient pas pour effet de réduire le recul existant avant travaux ; - pour les constructions annexes, sous réserve que leur hauteur n'excède pas 3 mètres par rapport au niveau naturel de la parcelle qui supporte la construction ; - pour prendre en compte les caractéristiques particulières du terrain d'assiette de la construction telles qu'une configuration atypique du parcellaire, une topographie accidentée ou lorsque le terrain est riverain de plusieurs limites de référence (terrain d'angle) ; - pour les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif, notamment en secteurs UCa et UCg. Des implantations en retrait inférieur à celui fixé au 7-1 ci-dessus pourront être autorisées ou imposées pour assurer la préservation d'un élément ou d'un ensemble végétal de qualité et notamment ceux repérés aux documents graphiques. "
17. Il ressort des pièces du dossier que les constructions projetées ne seront ni accolées, ni séparées par une distance au moins inférieure à 4 mètres. A cet égard, la circonstance que le terrain d'assiette du projet présente un faible dénivelé d'1,80 à 2 mètres et une importante profondeur ne suffit pas, contrairement à ce qui est soutenu par la commune et la pétitionnaire, à considérer que sa topographie est accidentée ou que sa configuration est atypique. Les requérants sont, par conséquent, fondés à soutenir que le permis de construire en cause méconnaît l'article UC7 du règlement du PLU.
18. En sixième lieu, selon l'article 12 des dispositions communes du règlement du PLU : " () Les voiries et les cheminements piétons devront être arborés d'arbres de haute tige () ".
19. D'une part, contrairement à ce qui est soutenu, il apparaît sur le plan de masse paysager du projet que des arbres de haute tige seront plantés le long de la voie interne et des cheminements piétons. D'autre part, il ressort de ce même plan que des végétaux de petite taille seront plantés sous les pergolas des constructions projetées au sud-est du terrain. La circonstance que ces plantations apparaissent de taille plus importante sur les documents d'insertion n'a pu faire obstacle à l'appréciation portée par le service instructeur sur la conformité du projet à la réglementation applicable, qui ne prévoit pas d'obligation particulière sur ce point. Le moyen doit donc être écarté en toutes ses branches.
20. En septième lieu, l'article UC11 du règlement du PLU impose de créer, pour tout projet d'immeuble d'habitation, a minima une place de stationnement vélo par logement, laquelle doit être aménagée dans un espace sécurisé commun ou individuel.
21. Il résulte de la rédaction même de l'article UC11 que celui-ci autorise l'aménagement des places de stationnement pour vélo dans un espace sécurisé individuel. Un tel espace n'avait pas obligatoirement à être matérialisé sur les plans du dossier de demande de permis de construire. En outre, si les requérants font valoir que les dimensions des garages créés pour chacune des maisons individuelles projetées ne permettent pas le stationnement simultané d'un véhicule et d'un vélo, ils ne le démontrent pas. Il s'ensuit que l'arrêté attaqué ne méconnaît pas l'article UC11 du règlement du PLU sur ce point.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
22. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire (), estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux () ".
23. Les vices relevés aux points 8 et 17, tirés de la méconnaissance de l'article 3 de la section 3 du titre II du règlement du PLU et de l'article UC7 de ce règlement, n'affectent qu'une partie identifiable du projet et peuvent faire l'objet d'une mesure de régularisation. Par suite, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, de limiter à ces vices la portée de l'annulation prononcée et de fixer à deux mois le délai dans lequel la société Grand Delta Habitat pourra en demander la régularisation.
24. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont fondés à demander l'annulation du permis de construire attaqué qu'en tant qu'il méconnaît, d'une part, l'article 3 de la section 3 du titre II du règlement du PLU au regard de l'aménagement en impasse de la voie interne projetée et du nombre d'accès sur la voie publique créés et, d'autre part, l'article UC7 de ce règlement compte tenu de la distance insuffisante prévue entre les constructions. La décision implicite de rejet de leur recours gracieux doit être annulée dans cette mesure.
Sur les frais liés au litige :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Pertuis la somme de 1 000 euros à verser aux requérants.
D É C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. C G.
Article 2 : L'arrêté du maire de Pertuis du 27 juin 2023 et la décision implicite rejetant le recours gracieux formé par les requérants sont annulés dans la mesure précisée au point 24 du présent jugement.
Article 3 : Le délai imparti à la société Grand Delta Habitat pour solliciter la régularisation de son projet est fixé à deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : La commune de Pertuis versera aux requérants une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions présentées par la société Grand Delta Habitat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. H A, premier dénommé dans la requête, à la commune de Pertuis et à la société Grand Delta Habitat.
Copie en sera transmise au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Avignon.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024 où siégeaient :
- Mme Boyer, présidente,
- Mme Lahmar, conseillère,
- Mme Hoenen, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
L. LAHMAR
La présidente,
C. BOYERLa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N° 230461
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026