mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2400231 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BREUILLOT - VARO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 janvier 2024, Mme B A, représentée par Me Breuillot de la SELARL Breuillot et avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2023 par lequel la préfète de Vaucluse a refusé de lui renouveler son titre de séjour en qualité d'étudiant, et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours ;
2°) d'enjoindre à la préfète de Vaucluse de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à reprendre ses études et à travailler, dans un délai de cinq jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
* sur la légalité du refus de séjour :
- l'arrêté méconnaît son droit fondamental d'être entendu protégé par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et révèle ainsi un défaut d'un examen sérieux de sa demande de titre de séjour ;
- le refus de séjour est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit alors qu'il devait être tenu compte de son état dépressif pour évaluer le suivi et le sérieux de ses études ;
* l'obligation de quitter le territoire doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision refusant le séjour et dès lors qu'elle remplit les conditions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée à la préfète de Vaucluse, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 19 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Galtier.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante béninoise née le 8 septembre 2001, est entrée sur le territoire français le 26 septembre 2021 sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiante. Elle a bénéficié ensuite d'un titre de séjour d'un an en qualité d'étudiante, valable jusqu'au 23 août 2023. Par un arrêté du 28 septembre 2023, dont Mme A demande l'annulation, la préfète de Vaucluse a refusé de renouveler ce titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ".
3. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour.
4. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est pas même allégué par Mme A, qu'elle aurait sollicité, sans réponse, un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'elle ait été empêchée de présenter ses observations avant que ne soit prise la décision litigieuse. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été privée de son droit à être entendu, notamment énoncé au paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. () ". Il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement de titre de séjour présentée en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies. A cet égard, le caractère réel et sérieux des études est subordonné à une progression régulière de l'étudiant et à la cohérence de son parcours.
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, inscrite en première année de licence " droit économie gestion " à l'université d'Avignon au titre des années universitaires 2021/2022 et 2022/2023, a été déclaré défaillante à l'issue de chacune de ces années universitaires. Il ressort de ses relevés de notes que l'intéressée, d'une part, a obtenu des notes très faibles dans plusieurs matières, d'autre part, ne s'est pas présentée à des examens du dernier semestre 2023 sans fournir de justificatif d'absence. Si la requérante impute ses échecs à un état dépressif dont elle souffre depuis l'année 2023, en produisant à cet égard un certificat de suivi d'une psychologue depuis mai 2023 pour des symptômes dépressifs et anxieux, ainsi qu'un certificat établi par un médecin généraliste indiquant qu'elle fait l'objet d'un suivi médical régulier avec traitement au long cours, ces certificats n'établissent toutefois pas que l'état de santé dont elle se prévaut aurait eu une influence décisive sur sa scolarité, alors même que cet état ne l'a pas empêchée de continuer son activité à temps partiel puis à temps plein dans la restauration d'avril 2022 à août 2023. Enfin, si la requérante soutient qu'elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour afin de se réorienter vers un BTS à la rentrée scolaire 2023, cette réorientation n'est pas justifiée par les documents généraux d'information produits dans le cadre de la présente instance, et alors qu'elle ne conteste pas avoir, à l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour, présenté une inscription pour une nouvelle première année de " droit économie gestion " à l'université d'Avignon au titre de l'année universitaire 2023/2024. Dans ces conditions, la préfète de Vaucluse n'a pas entaché sa décision d'erreur d'appréciation ou d'erreur de droit en estimant que le caractère réel et sérieux des études de Mme A n'était pas établi et lui a refusé, pour ce motif, le renouvellement de son titre de séjour.
8. Il s'ensuit que Mme A ne justifie pas d'un droit au séjour en application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour étant rejetée, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision l'obligeant à quitter le territoire en raison de l'illégalité du refus de séjour doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté qu'elle conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de Vaucluse et à Me Breuillot.
Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Galtier, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
La rapporteure,
F. GALTIER La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026