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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400707

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400707

vendredi 27 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400707
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantPARRACONE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes rejette la requête de la SCI Bentimo qui demandait l'annulation d'une amende administrative de 4 000 euros. L'amende avait été infligée par la préfète de Vaucluse pour la mise en location d'un logement sans l'autorisation préalable requise dans une zone délimitée par la métropole d'Aix-Marseille-Provence. Le tribunal a jugé que le manquement était caractérisé, en application des articles L. 635-1, L. 635-3 et L. 635-7 du code de la construction et de l'habitation, et que la circonstance que le logement soit ultérieurement vide ou en vente n'effaçait pas l'infraction.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 février 2024, la société civile immobilière (SCI) Bentimo, représentée par Me Parracone, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 2 décembre 2023 par lequel la préfète de Vaucluse lui a infligé une amende administrative d’un montant de 4 000 euros sur le fondement de l’article L. 635-7 du code de la construction et de l’habitation ;

2°) de la décharger de « toute amende ou pénalité » mise à sa charge ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat les entiers dépens.

Elle soutient que le logement concerné était, à la date de l’arrêté contesté, vide depuis plusieurs mois et que ce logement étant actuellement en vente et non ouvert à la location, aucune infraction à la délibération du conseil de la métropole d’Aix‑Marseille‑Provence instaurant une autorisation préalable de mise en location n’est caractérisée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen invoqué par la société requérante n’est pas fondé.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Mouret,
- et les conclusions de M. Baccati, rapporteur public.


Considérant ce qui suit :

1. La SCI Bentimo est notamment propriétaire d’un appartement situé 12 rue de l’Eglise sur le territoire de la commune de Pertuis, lequel a été donné en location par un bail conclu le 30 décembre 2022. Par un arrêté du 2 décembre 2023, la préfète de Vaucluse a infligé à cette société une amende administrative d’un montant de 4 000 euros en raison du non-respect de l’obligation d’obtention d’une autorisation préalable à la mise en location de ce logement. La SCI Bentimo demande au tribunal d’annuler cet arrêté et de la décharger de « toute amende ou pénalité » mise à sa charge.

2. Aux termes du I de l’article L. 635-1 du code de la construction et de l’habitation, dans sa rédaction applicable au présent litige : « L'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat (…) peut délimiter des zones soumises à autorisation préalable de mise en location sur les territoires présentant une proportion importante d'habitat dégradé. Ces zones sont délimitées au regard de l'objectif de lutte contre l'habitat indigne et en cohérence avec le programme local de l'habitat en vigueur et le plan départemental d'action pour le logement et l'hébergement des personnes défavorisées (…) ». L’article L. 635-3 du même code dispose que : « La mise en location d'un logement situé dans les zones soumises à autorisation préalable de mise en location est subordonnée à la délivrance d'une autorisation par le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat ou, à défaut, par le maire de la commune (…) ». Par une délibération du 16 décembre 2021, le conseil de la métropole d’Aix‑Marseille‑Provence a instauré, pour une durée de vingt-quatre mois à compter du 1er juillet 2022, le régime de l’autorisation préalable à la mise en location de logements vides ou meublés à usage de résidence principale dans certains secteurs de la commune de Pertuis. L’article 3 de cette délibération prévoit que les demandes d’autorisation préalable à la mise en location doivent être adressées à la commune de Pertuis.

3. Aux termes de l’article L. 635-7 du code de la construction et de l’habitation, dans sa rédaction applicable au présent litige : « Lorsqu'une personne met en location un logement sans avoir préalablement déposé la demande d'autorisation prévue au présent chapitre auprès de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'habitat ou, à défaut, de la commune, le représentant de l'Etat dans le département peut, après avoir informé l'intéressé de la possibilité de présenter ses observations dans un délai déterminé, ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 5 000 €. En cas de nouveau manquement dans un délai de trois ans, le montant maximal de cette amende est porté à 15 000 €. (…) / L'amende est proportionnée à la gravité des manquements constatés et ne peut être prononcée plus d'un an à compter de la constatation des manquements ».

4. Ainsi qu’il a été dit au point 1, la SCI Bentimo est notamment propriétaire d’un logement situé dans un immeuble implanté 12 rue de l’Eglise sur le territoire de la commune de Pertuis, lequel logement a été donné en location par un bail conclu le 30 décembre 2022. Il résulte de l’instruction que, par un courrier du 16 mars 2023, le maire de Pertuis a rappelé à la SCI Bentimo que ce logement était inclus dans une zone soumise à autorisation préalable de mise en location. Les mentions, non contestées, de l’arrêté litigieux font en outre apparaître que, par un courrier du 1er juin 2023 reçu le 20 juin suivant, la préfète de Vaucluse a informé cette société de ce que le logement en cause avait été mis en location sans demande d’autorisation préalable de mise en location et l’a invitée à présenter ses observations ou à régulariser sa situation dans un délai d’un mois. Si la société requérante, qui ne se prévaut au demeurant d’aucune démarche accomplie dans ce délai d’un mois, indique que le logement en cause n’était plus loué à la date d’édiction de l’arrêté contesté, avant de préciser qu’il est actuellement en vente, ces circonstances ne sont pas de nature à remettre en cause la matérialité du manquement constaté. Dans ces conditions, la préfète de Vaucluse n’a commis aucune erreur d’appréciation en retenant que le logement alors loué par la SCI Bentimo n’avait pas fait l’objet d’une demande préalable de mise en location et en décidant, pour ce motif, de lui infliger la sanction prévue par les dispositions citées ci-dessus de l’article L. 635-7 du code de la construction et de l’habitation.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par la SCI Bentimo doivent être rejetées. Il en va de même, sans qu’il soit besoin d’examiner leur recevabilité, de ses conclusions à fin de décharge. En outre, en l’absence de dépens, les conclusions présentées à ce titre par la société Bentimo ne peuvent qu’être rejetées.


D É C I D E :


Article 1er : La requête de la SCI Bentimo est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Bentimo et au ministre de la ville et du logement.

Copie en sera adressée au préfet de Vaucluse.

Délibéré après l’audience du 13 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Hoenen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2026.

Le rapporteur,





R. MOURETLe président,





P. PERETTI
Le greffier,





D. BERTHOD
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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