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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2400727

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2400727

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2400727
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantGIRONDON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 février 2024, Mme C F épouse A D, représentée par Me Girondon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2023 par lequel le préfet du Gard a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de l'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer, dans cette atteinte, une autorisation provisoire de séjour, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

- elle est signée par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est signée par une autorité incompétente ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité du refus du titre de séjour ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est signée par une autorité incompétente ;

- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, le préfet du Gard conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante sont infondés.

Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Aymard.

Considérant ce qui suit :

1. Mme F, ressortissante algérienne née le 24 septembre 1960, est entrée en France le 26 février 2022 sous couvert d'un visa C " famille de français " valable du 30 janvier 2022 au 27 février 2022. Le 2 mars 2022, l'intéressée a sollicité son admission au séjour. Par un arrêté du 21 décembre 2023, le préfet du Gard a refusé de faire droit à cette demande, a obligé l'intéressée à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. La requérante demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 21 décembre 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :

2. L'arrêté attaqué a été signé pour le préfet du Gard par M. B E, chef du bureau du séjour et des étrangers de la préfecture du Gard. Par un arrêté du 21 août 2023, publié le 22 août 2023 au recueil des actes administratifs de la préfecture du Gard, M. E a reçu délégation de signature à l'effet de signer au nom du préfet du Gard toutes décisions ayant trait au séjour et à l'éloignement des étrangers. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit : a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6-2 et au dernier alinéa du même article ". Aux termes de l'article 6 du même accord : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention ''vie privée et familiale'' est délivré de plein droit : () 2. Au ressortissant algérien marié à un ressortissant de nationalité française à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres d'état civil français . () Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2 est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux ".

4. Dès lors que Mme F n'établit pas que sa demande d'admission au séjour portait sur la délivrance d'un certificat de résidence d'un an, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6-2 de l'accord franco-algérien doit être écarté comme étant inopérant.

5. Il résulte de ce qui précède que, eu égard aux moyens formulés par la requérante, cette dernière n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour en date du 21 décembre 2023 qu'elle conteste.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

6. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision portant refus de séjour étant rejetées, Mme F ne saurait utilement se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision pour soutenir que la décision attaquée serait privée de base légale. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à contester la décision portant obligation de quitter le territoire français en date du 21 décembre 2023 dont elle a fait l'objet.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

7. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français étant rejetées, Mme F ne saurait utilement se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de cette décision pour soutenir que la décision attaquée serait privée de base légale. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à contester la décision fixant le pays de renvoi en date du 21 décembre 2023 dont elle a fait l'objet.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

8. Les conclusions à fin d'annulation de Mme F étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction sous astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

9. Les conclusions présentées par la requérante au titre des frais de l'instance doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F épouse A D, au préfet du Gard et à Me Girondon.

Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Chamot, présidente,

Mme Achour, première conseillère,

M. Aymard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.

Le rapporteur,

F. AYMARD

La présidente,

C. CHAMOT

La greffière,

B. MAS-JAY

La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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