LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2401042

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2401042

vendredi 27 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2401042
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantGUENNOUN KARIM

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a annulé l'arrêté préfectoral du 10 janvier 2024 qui retirait à un particulier son droit de détenir des armes et son permis de chasse. La juridiction a estimé que les éléments du dossier, principalement fondés sur des allégations imprécises et non corroborées, ne démontraient pas que le comportement du requérant présentait un danger grave au sens de l'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure. Elle a donc retenu que la décision de la préfète de Vaucluse était entachée d'une erreur d'appréciation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 mars 2024, M. C... A..., représenté par Me Guennoun, demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 10 janvier 2024 par lequel la préfète de Vaucluse lui a ordonné de se dessaisir immédiatement des armes et des munitions dont il était en possession, lui a interdit d’acquérir ou de détenir des armes de toute catégorie, l’a inscrit au fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes (FINIADA), a annulé les autorisations et récépissés de déclaration et d’acquisition de ses armes et lui a retiré la validation de son permis de chasser en lui faisant obligation de remettre son document de validation.

Il doit être regardé comme soutenant que la décision attaquée est entachée d’une erreur d’appréciation dès lors qu’il n’a jamais eu un comportement incompatible avec la détention d’une arme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2024, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le moyen soulevé par le requérant n’est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Hoenen,
- les conclusions de M. Baccati, rapporteur public,
- et les observations de Me Guennoun, représentant M. A....


Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 10 janvier 2024, la préfète de Vaucluse a ordonné la remise immédiate des armes et des munitions dont M. A... était en possession, lui a interdit d’acquérir ou de détenir des armes et munitions de toute catégorie, l’a inscrit au fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes (FINIADA), a annulé les autorisations et récépissés de déclaration et d’acquisition de ses armes et lui a retiré la validation de son permis de chasser en lui faisant obligation de remettre son document de validation. Par sa requête, M. A... demande au tribunal d’annuler l’arrêté de la préfète de Vaucluse du 10 janvier 2024.

2. Aux termes de l’article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure : « Si le comportement ou l’état de santé d’une personne détentrice d’armes, de munitions et de leurs éléments présente un danger grave pour elle-même ou pour autrui, le représentant de l’Etat dans le département peut lui ordonner, sans formalité préalable ni procédure contradictoire, de les remettre à l’autorité administrative, quelle que soit leur catégorie. ».

3. Pour adopter l’arrêté contesté, la préfète de Vaucluse s’est fondée sur le comportement de M. A... manifesté le 29 décembre 2023 et rapporté par un rapport de renseignement administratif établi par la gendarmerie de Pertuis. Ce rapport a été établi à la suite d’un signalement de la directrice du centre communal d’action sociale, selon lequel M. A... se serait rendu au domicile familial, où il aurait commis des dégradations, avant de repartir à bord d’un véhicule muni d’armes et de munitions. Toutefois, le rapport indique également que la mère du requérant n’a pas eu connaissance d’un tel incident concernant son fils, qui vit avec elle et qui, selon ses déclarations, présente des troubles psychologiques avec un dossier auprès de la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) en cours d’instruction. Les gendarmes se sont ensuite déplacés chez Mme B... A..., grand-mère maternelle du requérant, où ce dernier a vécu entre 2012 et 2022. Il apparait que M. A... n’a commis aucune dégradation ni violence au domicile de cette dernière où il est venu la veille du passage des gendarmes, le 28 décembre 2023, récupérer « des affaires », ayant parlé de « cartouches ». Le rapport fait également état de la présence de nombreuses munitions dans la pièce ou séjournait le requérant, comme en atteste les photographies prises. Le rapport conclut en précisant que M. A..., qui n’est pas titulaire du permis de conduire, et qui figure au fichier AGRIPPA des possesseurs d’armes pour un fusil de calibre 12 ainsi qu’une carabine de calibre 22 long rifle, circulerait à bord du véhicule de son père « potentiellement avec des armes et des munitions ». Toutefois, ces éléments, de nature imprécise et parfois contradictoires, reposent principalement sur des allégations de l’entourage du requérant non corroborées par d’autres éléments du dossier et alors même que ce dernier produit de nombreux témoignages de sa bonne moralité et d’un comportement non violent. Dans ces conditions, ces éléments ne paraissent pas révéler, à eux seuls, que le comportement ou l'état de santé de M. A... aurait présenté un danger grave pour lui-même ou pour autrui, ce dernier est ainsi fondé à soutenir que la préfète de Vaucluse a entaché sa décision d’une erreur d’appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède que l’arrêté de la préfète de Vaucluse du 10 janvier 2023 doit être annulé.



D E C I D E :


Article 1er : L’arrêté du 10 janvier 2024 de la préfete de Vaucluse est annulé.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A... et au préfet de Vaucluse.


Délibéré après l'audience du 13 mars 2026, à laquelle siégeaient :

M. Peretti, président,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Hoenen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2026.


La rapporteure,




A-S. HOENEN



Le président,




P. PERETTI




Le greffier,




D. BERTHOD



La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509363

Le Conseil d’État refuse d’admettre le pourvoi de M. B... contre l’ordonnance rejetant sa demande d’hébergement d’urgence et d’allocation pour demandeur d’asile. Le moyen unique de dénaturation, tiré de l’absence d’urgence particulière, est jugé insuffisant pour permettre l’admission. Cette décision confirme le rejet de la requête en référé-liberté.

09/04/2026

← Retour aux décisions