jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2401747 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | GHAEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 avril 2024, Mme E A et M. C A, représentés par Me Ghaemol Sabahy (Ghaem), demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2023 par laquelle la commission départementale de médiation de Vaucluse a rejeté leur demande en vue d'une offre d'hébergement dans les conditions prévues au III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de les reconnaitre comme prioritaire et devant être hébergés dans une structure d'hébergement au titre du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1990 à verser à Me Ghaemol Sabahy sous réserve de la renonciation de celui-ci à percevoir la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.
Ils soutiennent que :
- aucun élément ne permet de s'assurer que Mme D B a été désignée par la préfète de Vaucluse en qualité de présidente de la commission de médiation, il appartient à l'autorité administrative de justifier de cette désignation à la date de la décision querellée ;
- la compétence du préfet en matière d'hébergement n'exclut pas celle du département appelé à intervenir en matière d'aide sociale à l'enfance, il appartient à l'Etat d'assurer, à titre principal, sa mission d'hébergement ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation en ce qu'elle est fondée sur l'absence de situation d'urgence alors même que les époux A font l'objet d'une mesure d'expulsion et cela aura pour conséquence de les placer, avec leurs deux enfants âgés de 4 et 5 ans, à la rue ;
- le fait que le demandeur se trouve en situation irrégulière sur le territoire français ne fait pas, en soi, obstacle à ce qu'il soit fait droit à une demande d'hébergement ;
- la décision est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leur situation dès lors que leur situation est urgente et que n'a pas été prise en compte la vulnérabilité particulière de leur enfant suivi depuis la naissance sur le plan médical.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2024, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 24 juillet 2013 relatif au nouveau formulaire de demande de logement locatif social et aux pièces justificatives fournies pour l'instruction de la demande de logement locatif social ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Chamot, vice-présidente, pour statuer sur les litiges énumérés par l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
En application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique du 17 septembre 2024 :
- le rapport de Mme Chamot, présidente,
- les observations de Me Ghaem, pour M. et Mme A, qui reprend oralement ses conclusions et moyens et ajoute que la mesure d'éloignement visant les requérants a été annulée, qu'ils sont convoqués en préfecture pour remise d'un récépissé et qu'ils résident toujours au CADA, sans proposition en réponse à leur demande d'hébergement, laquelle ne doit pas être analysée au regard du régime de l'hébergement d'urgence.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, de nationalité nigériane, entrée en France avec M. A, son époux, a saisi le 16 novembre 2023 la commission départementale de médiation du droit au logement opposable de Vaucluse d'une demande d'hébergement, pour elle, son époux et leurs deux enfants, sur le fondement des dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Lors de la séance du 14 décembre 2023, par la décision attaquée, la commission départementale de médiation a rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " I. Dans chaque département, une ou plusieurs commissions de médiation sont créées auprès du représentant de l'Etat dans le département. Chaque commission est présidée par une personnalité qualifiée désignée par le représentant de l'Etat dans le département. (). " Aux termes de l'article R. 441-13 du même code : " () La commission élit parmi ses membres un ou deux vice-présidents qui exercent les attributions du président en l'absence de ce dernier. () ". Il résulte de ces dispositions que le président de la commission de médiation n'a pas à justifier d'une délégation de signature mais est habilité de plein droit à signer les décisions de l'organisme collégial qu'il préside en raison de sa nomination à de telles fonctions.
3. Au soutien du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué, Mme A fait valoir qu'il ne ressort ni des visas ni des pièces du dossier que Mme D B, signataire de la décision attaquée, aurait été désignée par le préfet de Vaucluse comme présidente de la commission de médiation. L'arrêté du 27 septembre 2023 fixant la composition de la commission de médiation produit en défense ne comporte pas la désignation nominative de sa présidente, laquelle ne ressort pas davantage de la consultation du recueil des actes administratifs de la préfecture de Vaucluse accessible en ligne tant au juge qu'aux parties. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte est donc fondé. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens, la décision attaquée doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Le présent jugement implique seulement que la commission de médiation réexamine la demande de Mme A. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de Vaucluse de faire procéder à un nouvel examen du recours de la requérante par la commission de médiation de ce département dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : La décision de la commission de médiation de Vaucluse du 14 décembre 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de Vaucluse de faire procéder à un nouvel examen du recours de Mme A par la commission de médiation de ce département dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A, à M. C A, à Me Ghaem et à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.
Copie en sera adressée pour information au préfet de Vaucluse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La magistrate désignée,
C. CHAMOT
La greffière,
F. BELKAÏD
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026