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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2403413

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2403413

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2403413
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantALLOUCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 août et 12 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Allouch, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 30 juillet 2024 par laquelle le préfet de Vaucluse l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a inscrit aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen (fichier SIS) ;

3°) d'enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le même délai ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- cette décision méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi, la décision est privée de base légale, par suite de l'illégalité du refus de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.

S'agissant de l'interdiction de retour :

- la décision est illégale par la voie de l'exception à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- cette décision méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2024, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête sont infondés.

Un mémoire a été produit pour M. A par Me Allouch le 12 novembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ensemble le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cambrezy, rapporteur ;

- les observations Me Allouch, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant marocain, né le 29 novembre 1977 au Maroc, a travaillé sur le territoire français de 2008 à 2015 puis de 2017 à 2020. En 2021, il a déposé une demande d'admission au séjour auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône laquelle a été rejetée par un arrêté du 6 juillet 2021 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. Il s'est maintenu sur le territoire où il a continué à travailler d'octobre 2021 à 2024. Il a été interpellé lors d'un contrôle par les agents de la police aux frontières le 30 juillet 2024 et s'est vu notifier le même jour un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans. Le 28 août 2024, il a demandé au préfet de Vaucluse, par l'intermédiaire de son avocat, l'abrogation de l'arrêté contesté et son admission exceptionnelle au séjour. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2024.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle, au plus tard lors de l'introduction de son recours ". Aux termes de l'article 37 du décret du 28 décembre 2020 : " L'aide juridictionnelle et les aides à l'intervention de l'avocat qui relèvent du deuxième alinéa de l'article 11-1 et du 1° de l'article 11-2 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée sont demandées au moyen d'un formulaire homologué CERFA ".

3. En l'absence de dossier de demande d'aide juridictionnelle joint à la requête ou de preuve du dépôt d'un tel dossier au plus tard lors de l'introduction de celle-ci, il n'y a pas lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :

4. En premier lieu, d'une part, l'arrêté attaqué a été signé pour le préfet de Vaucluse par

Mme Roussely, secrétaire générale de la préfecture, qui disposait, aux termes d'un arrêté préfectoral n° 84-2024-03-04-00005 du 4 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 84-2024-036 de la préfecture du même jour, d'une délégation à l'effet de signer tous arrêtés. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté manque en fait et ne peut, dès lors, qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine () ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. A est présent sur le territoire depuis septembre 2019 et qu'en dépit du rejet de sa demande d'admission au séjour et de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre par un arrêté du 6 juillet 2021, il s'est maintenu sans autorisation de séjour sur le territoire où il ne conteste pas avoir été interpellé le 30 juillet 2024 en possession de faux documents italiens. Les circonstances qu'il ait travaillé comme saisonnier en tant que travailleur étranger agricole entre les années 2008 à 2020 puis, sans autorisation de travail, entre 2021 et 2024 et qu'il dispose d'une promesse d'embauche ne suffisent pas à établir l'ancienneté et la stabilité de ses liens en France. S'il justifie de la présence régulière de plusieurs membres de sa famille, notamment de ses parents et frères, il n'établit pas que sa présence à leurs côtés serait indispensable ni qu'il serait isolé au Maroc où il a vécu la majeure partie de sa vie. Il ressort, en outre, des pièces du dossier qu'il est divorcé depuis août 2022 et qu'il est père de deux enfants mineurs vivant au Maroc, à l'égard desquels il dispose d'un droit de visite et d'hébergement et d'une obligation d'entretien. Ainsi, eu égard à la durée et aux conditions de séjour en France de l'intéressé, le préfet de Vaucluse n'a pas, en obligeant

M. A à quitter le territoire français, porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dès lors, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

7. En troisième lieu, M. A, qui n'a pas présenté de demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de cette disposition. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Vaucluse aurait procédé d'office à l'examen d'un éventuel droit au séjour de l'intéressé au titre de cette disposition. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En quatrième et dernier lieu, la décision attaquée expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A tenant tant à ses activités professionnelles qu'à sa situation administrative et familiale en France au Maroc ainsi que celle de ses proches. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l'intéressé. Ce moyen doit donc être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à contester la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

10. En l'absence d'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour.

Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

12. Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.

13. En premier lieu, il ressort de ce qui a été dit aux points 4 à 9 qu'en l'absence d'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être écarté.

14. En second lieu, pour prononcer à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet de Vaucluse s'est fondé sur les circonstances que M. A ne peut se prévaloir d'une présence effective et continue sur le territoire national depuis 2008, qu'il était en possession de faux documents italiens au moment de son interpellation, qu'il ne justifie pas avoir exécuté la précédente mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 6 juillet 2021 et qu'il n'établit pas avoir fixé ses centres d'intérêts en France. Au regard des éléments énoncés au point 6 et compte tenu du comportement et des conditions de séjour de l'intéressé en France, en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de circuler en France faite au requérant, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation au regard de sa situation personnelle ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

15. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à contester la décision d'interdiction de circulation sur le territoire français attaquée.

En ce qui concerne l'inscription dans le fichier de signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

16. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ". En vertu de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour prise en application de l'article L. 613-5 sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription au fichier des personnes recherchées.

17. Les conclusions tendant à l'annulation de l'inscription dans le fichier SIS ne sont assorties d'aucun moyen permettant d'en apprécier le bien-fondé. Au surplus, lorsqu'elle prend, à l'égard d'un étranger, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français et n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Il suit de là que les conclusions du requérant tendant à l'annulation de cette mesure doivent être rejetées.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A contre l'arrêté du 30 juillet 2024 par laquelle le préfet de Vaucluse l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans doivent être rejetées. Par conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

20. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance la partie perdante la somme demandée par M. A.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Vaucluse.

Délibéré après l'audience du 20 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Chamot, présidente,

Mme Sarac-Deleigne, première conseillère,

M. Cambrezy, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le rapporteur,

G. CAMBREZY

La présidente,

C. CHAMOT

La greffière,

B. MAS-JAY

La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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