LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2403468

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2403468

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2403468
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL MAILLOT AVOCATS ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 3 septembre 2024 sous le numéro 2403441 par laquelle Mme C et M. B demandent l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Nîmes a désigné Mme Boyer, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 25 septembre 2024 à 10 heures en présence de Mme Kremer, greffière d'audience, ont été entendus :

- le rapport de Mme Boyer, juge des référés ;

- les observations de Me Bounnong, représentant les requérants qui reprend et développe les moyens invoqués dans ses écritures et reprend à l'audience la situation du terrain, l'historique des autorisations de construire accordées, retirées, annulées pour la réalisation du double garage dont les travaux ont été exécutés en 2016 avant le jugement de 2018 annulant le permis délivré sur fond de conflits de voisinage dû à des problèmes de stationnement, la mise en demeure en litige intervenue en 2024 après cinq années d'inaction de la commune est incomprise des requérants qui pensaient leur affaire classée. La commune rajoute des éléments qui ne se trouvent pas dans la mise en demeure au mépris de la procédure contradictoire, la saisine doit être réduite à la mise en demeure assise sur le procès-verbal de 2024.

Sur la condition d'urgence, la mise en demeure de démolir bénéficie d'une présomption d'urgence que la commune ne renverse pas en invoquant un risque inondation qui n'entraîne pas une interdiction générale et absolue de construire et ne vise pas les garages, et ne peut se fonder sur une carte d'aléas sans valeur juridique, les risques liés au stationnement sur le trottoir des voitures des requérants ne sont pas davantage établis, la production de photos démontrent que le stationnement est effectué sur tous les trottoirs, et n'est pas circonscrit aux garages en cause, qu'en cas de dangerosité cela ressortit de la compétence de la police du stationnement ; compte tenu du fait que le jugement annulant le permis de construire est intervenu en 2018, l'intervention de la mise en demeure seulement en 2024 démontre l'absence d'urgence à démolir.

Sur les moyens d'illégalité, la mise en demeure est insuffisamment motivée dès lors qu'elle est motivée par renvoi au procès-verbal de 2024 qui n'a pas été communiqué lors de la procédure contradictoire motivation par renvoi, PV 24 et n' jamais porté à la connaissance des intéressés avant la présente instance, qu'en outre, le procès-verbal de constat est erroné sur la superficie du bâtiment à démolir, la procédure est irrégulière en raison de l'atteinte aux droits de la défense et à l'absence de procédure contradictoire, les nombreuses pièces produites à l'instance n'ayant jamais été portées à la connaissance des requérants lors de la procédure contradictoire, la demande de substitution fondée sur ces pièces ne peut être accordée dès lors que la procédure ne peut plus être régularisée ; s'agissant de la légalité interne, le jugement du tribunal administratif n'a pas été annexé à la procédure alors que les requérants n'y étaient pas présents, (non présent à la procédure), la commune a commis une double erreur de droit en ne prenant pas en compte la circonstance que les travaux ont été réalisés conformément au permis de construire délivré en 2016 puis annulé alors que les travaux étaient achevés, la commune ne démontre pas la non-conformité des travaux. Le Parquet a classé sans suite un procès-verbal de 2019 dressé sur ces irrégularités et porté pour la première fois à la connaissance des requérants lors de cette audience. Il est faux de dire que le garage a été transformé en habitation dès lors que le jugement n'a pas annulé le permis pour changement de destination et qu'en tout état de cause le garage est présumé avoir la même destination que l'habitation. Les éléments non produits au cours de la procédure du contradictoire ne peuvent être pris en compte. La commune qui a défendu le permis de construire devant le tribunal administratif fait état d'une fraude, en raison de la location du logement irrégulièrement édifié en 2024 mais la fraude s'apprécie au moment de l'instruction du permis de construire et qu'en outre elle n'est pas avérée et ne peut être retenue. La modification de façade, n'est évoquée ni par la mise en demeure ni par le procès-verbal de constat. La loi de 2019 est inapplicable au litige dès lors que les travaux ont été exécutés en vertu d'un permis de construire, les requérants géomètres experts de leurs métiers sont conscients de la nécessité d'une autorisation. En l'espèce, seul l'article L.480-13 est applicable mais il est prescrit. La demande de substitution de base légale doit être rejetée dès lors qu'elle repose sur le procès-verbal du 26 août 2019 qui a été classé sans suite et qui n'a pas été porté à la connaissance des intéressés au mépris de la procédure contradictoire. De nombreux garages sont construits il y a donc une disproportion manifeste à demander la démolition.

- les observations de Me Bard pour la commune d'Avignon qui reprend la teneur de ses écritures et donne la chronologie des procédures engagées pour aboutir à l'annulation du permis de construire en 2018, précise que le permis délivré en 2016 était un permis de régularisation les garages étant déjà construits, que le jugement annulant le permis a bien été notifié à M. B. Il ne peut être reproché une inaction de la commune dès lors qu'un procès-verbal d'infraction a été dressé le 26 août 2019, établi en présence du propriétaire, les constations ayant été faites au contradictoire, le procès-verbal de 2024, constate la même chose, la procédure contradictoire est ainsi respectée.

Sur l'urgence : il y a présomption mais des circonstances particulières sont de nature à la renverser. Le risque inondation est établi à partir du porté à connaissance et la mise en balance des intérêts privés et publics, l'intérêt privé étant de ne pas démolir deux garages n'est pas favorable aux requérants. Ainsi la condition d'urgence n'est pas remplie.

Sur le fond : la décision est motivée en droit et en fait, elle n'est pas motivée par référence et la communication du procès-verbal était inutile, l'article 48 de la loi de 2019 renvoie à l'article L.481-1 applicable en l'espèce. La procédure contradictoire a été respectée.

Sur les erreurs de droit qui lui sont reprochées, la commune n'invoque pas la fraude, les requérants contestent se trouver dans une situation de construction irrégulière dans laquelle l'article L.481-1 serait inapplicable mais la construction était irrégulière dès le départ, il n'y a jamais eu de double garage, mais un garage et un studio d'habitation, le PV et le jugement du TA en font état, et la façade nord a été modifiée. Le studio loué sur Airbnb depuis juillet 2018 ainsi qu'en attestent les pièces produites. La conformité des travaux au permis de construire de 2016 n'est de toute façon pas démontrée. La prescription de l'article L.480-13 ne trouve donc pas à s'appliquer.

Sur la substitution de motifs : le procès-verbal du 26 août 2019 a été porté à la connaissance des requérants pendant les constatations, la procédure engagée est indépendante de toute qualification pénale, peu importe le classement sans suite, et lettre du texte de l'article L.481-1 ne fait pas obstacle à procédure suivie qui est bien fondée car la construction n'a jamais été conforme au permis de construire.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du maire d'Avignon du 3 août 2016, M. A B et Mme C ont obtenu un permis de construire régularisant la construction d'un double garage sur la parcelle cadastrée n° IT 384 dont les travaux étaient achevés. Par jugement du 19 juin 2018 n° 1603043, devenu définitif, le tribunal administratif de Nîmes a annulé ce permis en raison de l'implantation de la construction réalisée en méconnaissance de l'article UC6 du plan local d'urbanisme de la commune alors applicable. Un procès-verbal en date du 3 avril 2024 dressé par des agents assermentés de la commune d'Avignon a constaté que postérieurement au jugement, les constructions avaient été maintenues. M. B et Mme C demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la mise en demeure du 17 juillet 2024 par laquelle le maire de la commune d'Avignon a, suite au procès-verbal du 3 avril 2024, ordonné la démolition du bien construit et la remise à nu du terrain situé sur la parcelle IT 384.

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

3. Aux termes de l'article L.481-1 du code de l'urbanisme : " I.- Lorsque des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 et L. 421-5-3 ont été entrepris ou exécutés en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ainsi que des obligations mentionnées à l'article L. 610-1 ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable et qu'un procès-verbal a été dressé en application de l'article L. 480-1, indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées pour réprimer l'infraction constatée, l'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3-1 peut, après avoir invité l'intéressé à présenter ses observations, le mettre en demeure, dans un délai qu'elle détermine, soit de procéder aux opérations nécessaires à la mise en conformité de la construction, de l'aménagement, de l'installation ou des travaux en cause aux dispositions dont la méconnaissance a été constatée, soit de déposer, selon le cas, une demande d'autorisation ou une déclaration préalable visant à leur régularisation. II.- Le délai imparti par la mise en demeure est fonction de la nature de l'infraction constatée et des moyens d'y remédier. Il peut être prolongé par l'autorité compétente, pour une durée qui ne peut excéder un an, pour tenir compte des difficultés que rencontre l'intéressé pour s'exécuter. III.- L'autorité compétente peut assortir la mise en demeure d'une astreinte d'un montant maximal de 500 € par jour de retard.".

4. Il résulte de ces dispositions que l'autorité compétente peut, dans le cadre de ses pouvoirs de police spéciale, mettre en demeure l'intéressé, selon la nature de l'irrégularité constatée et les moyens permettant d'y remédier, le cas échéant sous astreinte, soit de solliciter l'autorisation ou la déclaration nécessaire, soit de mettre la construction, l'aménagement, l'installation ou les travaux en cause en conformité avec les dispositions dont la méconnaissance a été constatée, y compris, si la mise en conformité l'impose, en procédant aux démolitions nécessaires.

5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par les requérants tels qu'analysés dans les visas n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie ni de statuer sur la demande de substitution de motif demandée par la commune d'Avignon, les conclusions à fins de suspension doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune d'Avignon qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, sur leur fondement. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B une somme de 1000 euros à verser à la commune d'Avignon sur le même fondement.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. B et Mme C est rejetée.

Article 2 : M. B et Mme C verseront la somme de 1 000 euros à la commune d'Avignon au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et Mme C, et à la commune d'Avignon.

Fait à Nîmes, le 26 septembre 2024.

La juge des référés,

C. BOYER

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2403468

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions