mardi 4 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2500431 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GIRONDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 7 février 2025 et 18 février 2025, M. A B, représenté par Me Girondon, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 30 novembre 2024 par laquelle le préfet du Gard a implicitement refusé de renouveler son titre de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet du Gard de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour qui ne pourra être inférieure à 6 mois, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie dès lors qu'il s'agit d'un refus de renouvellement de son titre de séjour et, en tout état de cause, justifiée en l'espèce puisqu'il se trouve dans l'incapacité de travailler et privé du bénéfice des aides sociales alors qu'il vit avec son épouse et ses quatre enfants ;
- la décision attaquée méconnait l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il bénéficie de la protection subsidiaire et remplit les conditions de délivrance d'une carte de séjour ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Le préfet du Gard a produit une pièce enregistrée le 17 février 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête à fin d'annulation enregistrée le 7 février 2025 sous le n° 2500448.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Roux pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Kremer, greffière d'audience, M. Roux a lu son rapport et entendu :
- le rapport de M. Roux, juge des référés ;
- les observations de Me Baillet-Garbouge substituant Me Girondon, pour M. B, qui a repris les moyens invoqués dans ses écritures et précisé qu'un dysfonctionnement de l'application numérique de l'ANEF a inversé la photographie déposée pour la demande de son épouse et la sienne, ce qui a compliqué l'instruction de sa demande de renouvellement et que le préfet lui a remis aujourd'hui même un récépissé de demande de carte de séjour ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant syrien né le 4 janvier 1980, a sollicité, le 25 janvier 2023, sur la plateforme dématérialisée de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF), le renouvellement de sa carte pluriannuelle de séjour délivrée au titre de la protection subsidiaire, dont la validité expirait le 31 juillet 2023. Un dysfonctionnement de l'application numérique ayant conduit à clôturer l'instruction de sa demande le 20 avril 2024, il a sollicité de nouveau le renouvellement de sa carte de séjour par un courrier reçu en préfecture le 31 juillet 2024. Du silence gardé par le préfet du Gard durant quatre mois est née, le 30 novembre 2024, une décision implicite de rejet de cette demande de renouvellement de son titre de séjour dont l'intéressé demande la suspension de l'exécution en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Compte tenu de l'urgence à statuer sur la demande de M. B, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. En application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à sa légalité.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. La requête de M. B tend à la suspension de l'exécution de la décision par laquelle lui a été refusé le renouvellement de sa carte de séjour temporaire. En l'absence de tout élément de nature à renverser la présomption d'urgence dont bénéficie un tel recours, cette condition fixée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux :
6. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués par M. B, tirés de ce que la décision en litige méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, sont propres à créer un doute sérieux quant à sa légalité.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. La présente ordonnance qui prononce la suspension provisoire de l'exécution de la décision implicite portant refus de renouvellement du titre de séjour de M. B implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet du Gard de procéder au réexamen de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification de présente ordonnance, sans qu'il soit besoin d'assortir d'une astreinte cette mesure d'exécution. Le préfet ayant délivré à M. B, le 26 février 2025, un récépissé de sa demande de renouvellement de carte de séjour valable jusqu'au 25 août 2025 et prolongeant les droits attachés à ce titre, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à délivrer une autorisation provisoire de séjour d'une durée de six mois doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. M. B ayant été admis provisoirement à l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Girondon, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Girondon de la somme de 500 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 500 euros sera versée à M. B.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision implicite née le 30 novembre 2024 par laquelle le préfet du Gard a refusé de renouveler la carte de séjour de M. B est suspendue jusqu'à l'intervention du jugement statuant sur la requête tendant à son annulation.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Gard de procéder au réexamen de la demande de renouvellement de la carte de séjour de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à Me Girondon, avocate de M. B, la somme de 500 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette avocate renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet du Gard et à Me Girondon.
Fait à Nîmes, le 4 mars 2025.
Le juge des référés,
G. ROUX
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026