LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2500950

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2500950

lundi 17 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2500950
TypeDécision
PublicationD
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantBARAKAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mars 2025, M. F E, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Nîmes, représenté par Me Barakat, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 9 mars 2025 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'incompétence dès lors qu'il n'est pas justifié de la délégation consentie à son auteur ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet n'a pas tenu compte de sa situation personnelle ;

- il a commis une erreur manifeste d'appréciation ;

- il a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale, dès lors qu'elle se fonde sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- le préfet a commis une erreur d'appréciation quant au principe et au quantum de cette décision ;

- il a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 mars 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il expose que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Baccati, premier conseiller, dans les fonctions de magistrat chargé du contentieux des mesures d'éloignement.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Baccati,

- et les observations de Me Barakat, avocat de M. E, assisté de M. D, interprète en langue arabe, qui persiste dans ses écritures et fait valoir un moyen nouveau tiré de l'insuffisante motivation de la décision d'éloignement.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, né le 1er août 1998, de nationalité marocaine, a été interpelé le 8 mars 2025 en possession d'une carte nationale d'identité italienne et de 206 grammes de résine de cannabis. Il demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 9 mars 2025 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par Mme G C, sous-préfète chargée de mission auprès du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, préfet de la zone de défense et sécurité sud, préfet des Bouches-du-Rhône, à qui ce préfet a régulièrement délégué sa signature, à l'effet de signer notamment les décisions contestées dans le cadre de permanences préfectorales, par un arrêté du 20 janvier 2025 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture n° 13-2025-027 le même jour. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'une incompétence de son signataire doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions dont il fait application, ainsi que les éléments relatifs à la situation personnelle de M. E. Celui-ci fait valoir à l'audience, au soutien de son moyen tiré de l'insuffisante motivation, que c'est à tort que le préfet a indiqué qu'il n'avait pas sollicité de la délivrance d'un titre de séjour, qu'il ne justifiait pas d'un passeport ni d'un lieu de résidence permanent. Toutefois, la régularité de motivation de la décision ne dépend pas du bien-fondé de ses motifs. Au surplus, contrairement à ce qu'il soutient, M. E présente une simple " confirmation du dépôt d'une pré-demande ", l'arrêté mentionne qu'il détient un passeport en cours de validité, et il se borne à indiquer par ailleurs que l'intéressé ne justifie pas des conditions d'hébergement qu'il allègue. Ainsi, cette motivation, qui ne révèle pas un défaut d'examen particulier de la situation de M. E, présente un caractère suffisant. Le moyen correspondant doit donc être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ".

5. Il résulte de la lecture de l'arrêté que le préfet a pris en compte la durée de la présence en France de M. E et la nature de ses liens avec la France, et examiné sa situation dans son ensemble en notant l'absence de droit au séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté. Il n'est donc pas fondé à soutenir que la décision en litige a été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

6. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

7. M. E, âgé de 26 ans, soutient qu'il séjourne en France depuis 2020, mais n'en justifie pas. S'il est marié depuis le 9 décembre 2023 avec Mme A B, de nationalité française, ce mariage est récent. L'enfant du couple, également de nationalité française, est née le 20 juillet 2024 et seulement âgée de 7 mois. Si M. E se prévaut devant le tribunal de ces attaches familiales, il se borne à produire deux tickets de caisse d'un supermarché correspondant à des achats de fournitures pour bébé d'un montant de 65,53 euros. Lors de son audition de police du 8 mars 2025, il a fait état au contraire de " problèmes familiaux " en précisant qu'il s'apprêtait à quitter la France pour s'installer en Italie. Par ailleurs, il est sans emploi et ne justifie pas de l'exercice actuel d'une activité professionnelle, alors qu'il a indiqué lors, de la même audition de police, avoir cessé d'exercer son activité salariée de boucher. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit donc être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, présenté au soutien de la contestation de la décision fixant le pays de destination, doit être écarté.

9. En second lieu, l'arrêté attaqué vise l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application. Il indique que M. E est de nationalité marocaine et que la décision d'éloignement sera mise à exécution à destination du pays dont il possède la nationalité, ou de tout pays dans lequel il est légalement admissible. Cet arrêté énonce ainsi, avec une précision suffisante et par une motivation qui n'est pas stéréotypée, les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision fixant le pays de destination. Par suite, et alors que M. E n'a fait état, ni devant l'administration, ni devant le tribunal, d'un quelconque risque auquel il serait exposé au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour :

10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

11. L'arrêté en litige prononce à l'encontre de M. E une mesure d'obligation de quitter le territoire sans délai de départ volontaire, ce dont il résulte, conformément aux dispositions citées au point précédent, que l'autorité administrative était tenue d'assortir cette décision d'une interdiction de retour sur le territoire français. M. E n'établit pas ni même n'allègue aucune circonstance humanitaire particulière. Pour prendre à son encontre la décision d'interdiction de retour et fixer sa durée à deux ans, le préfet des Bouches-du-Rhône a tenu compte, notamment, de ce que l'intéressé ne justifie pas de la continuité de son séjour depuis 2020, ni de liens anciens sur le territoire, ni de l'ancienneté de sa relation conjugale, ni enfin de sa contribution à l'entretien ou à l'éducation de son enfant. En se fondant sur ces éléments, le préfet a suffisamment motivé sa décision et n'a commis aucune erreur d'appréciation au regard des critères mentionnés au point 10. Les moyens correspondants doivent donc être écartés.

12. En deuxième lieu, pour les mêmes raisons que celles qui sont exposées au point 7, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour pour une durée de deux ans porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce moyen doit donc être écarté.

13. En troisième et dernier lieu, aucune des circonstances invoquées par M. E n'est de nature à établir qu'en prenant à son encontre une décision d'interdiction de retour pour une durée de deux ans, le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle. Ce moyen doit donc être écarté.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E, ainsi que ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés au litige, doivent être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F E, au préfet des Bouches-du-Rhône et à Me Barakat.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2025.

Le magistrat désigné,

J. BACCATILa greffière,

A. NOGUERO

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA30Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601396

Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant arménien, visant à annuler son arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et l'interdiction de retour d'un an prononcée par le préfet du Gard. La juridiction a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que le requérant, célibataire sans enfant, n'apportait pas d'éléments suffisants pour établir des liens familiaux ou privés stables en France au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a toutefois accordé à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle en raison de l'urgence.

08/04/2026

TA30Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601647

Le Tribunal Administratif de Nîmes rejette la requête de M. D... visant à annuler son arrêté d'éloignement. Le tribunal estime que la décision préfectorale, fondée sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers, est légale, notamment car le signataire était compétent et que le requérant n'apporte pas d'éléments suffisants pour établir une vie privée et familiale en France protégée par l'article 8 de la CEDH. Les autres moyens, concernant le pays de destination et l'interdiction de retour, sont également écartés.

08/04/2026

TA30Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601266

Le Tribunal Administratif de Nîmes a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre des arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière et d'assignation à résidence pris à l'encontre d'un ressortissant algérien. Le tribunal a admis le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Sur le fond, il a examiné la légalité des mesures au regard notamment du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de la Convention européenne des droits de l'homme.

07/04/2026

TA30Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601220

Le Tribunal Administratif de Nîmes a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre plusieurs arrêtés préfectoraux ordonnant la reconduite à la frontière de M. B... Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les moyens soulevés, notamment concernant la légalité de la signature, la motivation des décisions et le respect des droits de l'intéressé, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et de la Convention européenne des droits de l'homme.

07/04/2026

← Retour aux décisions