vendredi 28 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2501146 |
| Type | Décision |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | HAMZA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 et 26 mars 2025, M. E B A, représenté par Me Hamza, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2025 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit d'y retourner pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa situation et, dans cette attente, de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil, Me Hamza, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation au regard de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
- cette décision est illégale par la voie de l'exception à raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa durée qui est disproportionnée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 mars 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a délégué à Mme Vosgien les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vosgien,
- les observations de Me Hamza, représentant M. B A, qui conclut aux mêmes fins que dans ses écritures par les mêmes moyens et précise maintenir le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte dans la mesure où il n'est pas justifié qu'il était de permanence ce jour-là, le préfet n'a pas tenu compte de son état de santé alors qu'une expertise médicale a été réalisée relevant qu'il est gravement malade rendant nécessaire la poursuite d'un suivi régulier et des soins par injonction en France alors qu'il encourt un risque en cas de retour dans son pays d'origine où sa pathologie n'est pas correctement prise en charge, la décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi méconnaissent donc l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales applicables aux maladies mentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas justifiée et est disproportionnée dans la mesure où elle est égale à la durée de son séjour en France mais également compte tenu de son état de santé et de la nécessité de pouvoir revenir régulièrement pour se soigner alors qu'il ne représente pas de menace pour l'ordre public ;
- le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent ni représenté ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien né le 6 avril 1989, entré en France à une date indéterminée, a été interpellé le 21 mars 2025 pour transport, offre ou cession, acquisition détention de stupéfiants. A l'issue de son audition par les services de police, il a été placé en centre de rétention administrative le 22 mars 2025. Par sa requête il demande l'annulation de l'arrêté du même jour par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit d'y retourner pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. Par arrêté n° 13-2025-01-20-00016 du 20 janvier 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Bouches-du-Rhône du même jour, M. C D, en qualité de directeur de cabinet, a reçu délégation du préfet de ce département lorsqu'il assure la permanence préfectorale débutant à compter de dix-huit heures les vendredis et les veilles de jours fériés et prenant fin le lundi ou le lendemain du jour férié à huit heures, à l'effet notamment de signer les décisions attaquées qu'il énumère en son article 2. Il appartient à la partie qui conteste la qualité de délégataire pour signer l'arrêté contesté d'établir que l'autorité délégataire n'était pas de permanence. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D n'aurait pas été de permanence le 22 mars 2025, date de signature de l'arrêté attaqué, qui est un samedi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées manque en fait et doit être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () " et aux termes de l'article
L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ".
4. L'arrêté attaqué, après avoir visé notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ses articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-6, mentionne plusieurs éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de M. B A et précise que celui-ci ne justifie pas être entré régulièrement en France, être titulaire d'un titre de séjour ni satisfaire aux conditions requises pour prétendre à une régularisation de sa situation dans la mesure où il ne rentre dans aucune des catégories de plein droit définies aux articles 6 et 7 bis de l'accord susvisé, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale compte tenu qu'il est célibataire, sans enfant à charge, et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, il existe un risque qu'il se soustraie à l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français dans la mesure où il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire depuis deux ans, il ne présente pas de garantie de représentation suffisante en l'absence notamment d'un passeport en cours de validité et de lieu de résidence permanent, enfin il ne justifie pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Cet arrêté comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions en cause. Il satisfait ainsi aux exigences de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français () est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. ". Ces dispositions sont issues en dernier lieu, dans leur rédaction applicable au litige, de l'article 37 de la loi du 26 janvier 2024 susvisée pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration. Il ressort des travaux parlementaires ayant précédé son adoption que le législateur a notamment entendu codifier le principe selon lequel un étranger devant se voir attribuer de plein droit un titre de séjour ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il a ainsi entendu imposer au préfet, avant l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français, de vérifier, compte tenu des informations en sa possession, si un étranger peut prétendre à se voir délivrer de plein droit un titre de séjour et, dans le cas contraire, si la durée de sa présence en France et la nature et l'ancienneté des liens qu'il y entretient ou des circonstances humanitaires justifient qu'il se voit délivrer un tel titre.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B A ne justifie pas être entré régulièrement en France et qu'il s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Si l'intéressé soutient que le préfet n'a pas tenu compte de son état de santé alors qu'une expertise médicale a été réalisée relevant qu'il est gravement malade rendant nécessaire la poursuite d'un suivi régulier et des soins par injonction en France et qu'il encourt un risque en cas de retour dans son pays d'origine où sa pathologie ne serait pas correctement prise en charge, il ne produit aucun élément attestant d'un suivi et d'un traitement régulier, dont il ne pourrait bénéficier en Algérie, nécessités par les troubles psychiques dont il souffre, certes, attestés par l'examen médical dont il a fait l'objet durant sa garde à vue, mais concluant uniquement à des troubles objectivables dans le contact et l'échange, des tics buccaux, des bizarreries et une instabilité comportementales sans dangerosité avérée nécessitant son hospitalisation en milieu spécialisée ni de traitement particulier à l'exception d'un anxiolytique afin de diminuer une éventuelle irritabilité ou tension ponctuelle en lien avec un syndrome de sevrage médicamenteux. Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. B A ne justifie pas de la date de son entrée sur le territoire ni de la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France où il indique résider depuis deux ans ni de considérations humanitaires de par son état de santé justifiant un droit au séjour, alors qu'il est célibataire, sans enfant à charge et ne remplit pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour de plein droit sur le fondement des stipulations des articles 6 et 7 bis l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. M. B A n'est, ainsi, pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation au regard de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de celle-ci sur sa situation personnelle.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
8. Ainsi qu'il a été dit au point 6, M. B A, célibataire, sans enfant à charge, ne justifie pas de la date de son entrée en France ni de sa résidence habituelle sur le territoire depuis deux ans ni d'une quelconque forme d'intégration sociale ou professionnelle. Il n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie. Par suite, eu égard à la durée et aux conditions de son séjour en France, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'ayant ni pour objet ni pour effet de déterminer un pays de destination, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant et ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne pays de renvoi :
10. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. ". Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Ces dispositions font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un Etat pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.
11. Si M. B A fait valoir qu'il ne peut retourner en Algérie en raison des risques encourus du fait de son état de santé lié à ses troubles psychiques qui ne seraient pas correctement suivis et pris en charge, il n'apporte, ainsi qu'il a été dit au point 6, aucun élément probant de nature à établir la réalité de ces risques. Par suite, les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont pas été méconnues. La décision fixant le pays de renvoi précisant que le requérant sera éloigné à destination du pays dont il a la nationalité ou qui lui a délivré un titre de voyage en cours de validité ou enfin tout autre pays dans lequel il est légalement admissible, n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
12. Il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. B A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de celle portant interdiction de retour sur le territoire français.
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
14. Ainsi qu'il a été précédemment, M. B A, ne justifie ni de la date de son entrée sur le territoire ni de sa résidence habituelle en France depuis deux ans, ni de la nature et de l'ancienneté de ses liens, étant célibataire, sans enfant à charge, et à défaut de toute forme d'intégration sociale ou professionnelle. Il ne conteste pas ne pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine et ne fait état d'aucune circonstances humanitaire en dépit des troubles psychiques dont il souffre pour lesquels il n'établit pas faire l'objet d'un suivi ou d'un traitement particulier. Dans ces conditions, le préfet des Bouches-du-Rhône a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle, prononcer à l'encontre de M. B A une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français et fixer la durée de cette interdiction à deux ans sans commettre d'erreur d'appréciation. Le requérant n'est, enfin, pas fondé à soutenir que cette décision ne serait pas justifiée ni disproportionnée.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. B A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 mars 2025 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit d'y retourner pour une durée de deux ans. Ses conclusions tendant à ces fins doivent, ainsi, être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées à titre principal par M. B A n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
17. M. B A ayant bénéficié de l'assistance d'un avocat commis d'office, l'intéressé ne justifiant pas avoir exposé des frais pour assurer sa défense, il n'y a pas lieu, en tout état de cause, de faire droit aux conclusions de l'intéressé tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B A, au préfet des Bouches-du-Rhône et à Me Hamza.
Fait à Nîmes le 28 mars 2025.
La magistrate désignée,
S. VOSGIEN
La greffière,
M-E. KREMERLa République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601396
Le Tribunal Administratif de Nîmes a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant arménien, visant à annuler son arrêté d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et l'interdiction de retour d'un an prononcée par le préfet du Gard. La juridiction a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que le requérant, célibataire sans enfant, n'apportait pas d'éléments suffisants pour établir des liens familiaux ou privés stables en France au sens de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a toutefois accordé à titre provisoire le bénéfice de l'aide juridictionnelle en raison de l'urgence.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601647
Le Tribunal Administratif de Nîmes rejette la requête de M. D... visant à annuler son arrêté d'éloignement. Le tribunal estime que la décision préfectorale, fondée sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers, est légale, notamment car le signataire était compétent et que le requérant n'apporte pas d'éléments suffisants pour établir une vie privée et familiale en France protégée par l'article 8 de la CEDH. Les autres moyens, concernant le pays de destination et l'interdiction de retour, sont également écartés.
08/04/2026
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601266
Le Tribunal Administratif de Nîmes a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre des arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière et d'assignation à résidence pris à l'encontre d'un ressortissant algérien. Le tribunal a admis le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Sur le fond, il a examiné la légalité des mesures au regard notamment du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nîmes — N° TA30-2601220
Le Tribunal Administratif de Nîmes a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre plusieurs arrêtés préfectoraux ordonnant la reconduite à la frontière de M. B... Le tribunal a rejeté la requête, considérant que les moyens soulevés, notamment concernant la légalité de la signature, la motivation des décisions et le respect des droits de l'intéressé, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026