Le Tribunal administratif de Nîmes, statuant par ordonnance, a constaté qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur le recours en excès de pouvoir dirigé contre un arrêté préfectoral de rejet d'une demande de séjour et d'obligation de quitter le territoire. Cette solution est motivée par l'abrogation implicite de l'arrêté attaqué, survenue en cours d'instance du fait d'une décision ultérieure devenue définitive. Les conclusions subsidiaires, y compris la demande d'injonction et la prise en charge de frais, ont en conséquence été rejetées, sur le fondement des articles R. 222-1 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 août 2025, M. A... B..., représenté par Me Marcel, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de constater l’abrogation de l’arrêté du 19 mai 2025 par lequel le préfet de Vaucluse a rejeté sa demande d’admission exceptionnelle au séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) à titre subsidiaire d’annuler ces décisions ;
3°) en tout état de cause, d’enjoindre au préfet de Vaucluse de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « salarié » dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du préfet de Vaucluse la somme de 1 500 euros au titre des frais non compris dans les dépens sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 janvier 2026, le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête ; / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».
2. M. B..., ressortissant turc, a présenté le 20 mars 2024 une demande d’admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 3 novembre 2025 dont la légalité a été confirmée par un jugement n°2505181 du 11 février 2026, le préfet de Vaucluse a rejeté sa demande d’admission exceptionnelle au séjour et l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination. Cet arrêté, devenu définitif, a implicitement mais nécessairement abrogé en cours d’instance l’arrêté du 19 mai 2025 ayant le même objet.
3. Par suite, les conclusions de M. B... tendant à l’annulation de cet arrêté sont devenues sans objet et il n’y a pas lieu d’y statuer. Ses conclusions à fin d’injonction ne peuvent dès lors qu’être rejetées.
4. Il n’y a pas lieu de mettre à la charge du préfet de Vaucluse, la somme que M. B..., au demeurant admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle, demande au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l’annulation de l’arrêté du 19 mai 2025 du préfet de Vaucluse.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B... est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., à Me Marcel et au préfet de Vaucluse.
Fait à Nîmes, le 19 mars 2026.
La présidente de la 4ème chambre,
C. CHAMOT
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.