Le Tribunal administratif de Nîmes, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Le sujet principal est le non-respect des règles de procédure pour le dépôt électronique des pièces, en l'occurrence le défaut de transmission de chaque pièce par un fichier distinct et correctement intitulé. La juridiction applique les articles R. 222-1, R. 414-5 et R. 612-1 du code de justice administrative, après que la requérante, invitée à régulariser sa demande, n'a pas donné suite dans le délai imparti.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2026, Mme C... B... épouse A... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Gard a refusé de lui délivrer une carte de résident ;
2°) d’enjoindre au préfet du Gard de procéder au réexamen de sa demande dans un délai raisonnable et, dans l’attente, de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler.
Le tribunal administratif de Nîmes a, le 10 mars 2026, sur le fondement des dispositions de l’article R. 612-1 du code de justice administrative, invité Mme B... épouse A... à régulariser sa requête en produisant, dans un délai de quinze jours, chacune des pièces jointes à l’appui de sa requête par un fichier distinct et l’informant qu’à défaut, sa requête pourra être rejetée par ordonnance en raison de son irrecevabilité manifeste.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 414-5 du code de justice administrative : « (…) Le requérant transmet chaque pièce par un fichier distinct, à peine d'irrecevabilité de sa requête. (…) Chaque fichier transmis au moyen de l'application mentionnée à l'article R. 414-1 porte un intitulé commençant par le numéro d'ordre affecté à la pièce qu'il contient par l'inventaire détaillé. Lorsque le requérant recourt à la génération automatique de l'inventaire permise par l'application, l'intitulé du fichier décrit également le contenu de cette pièce de manière suffisamment explicite. Chaque pièce transmise au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 414-2 porte un intitulé décrivant son contenu de manière suffisamment explicite. (…) » Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. (…) La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. »
3. A la requête que Mme B... épouse A..., déposée au moyen de l’application Télérecours au greffe du tribunal le 10 mars 2026, était joint l’ensemble des pièces sous la forme de trois fichiers distincts nommés « Acte attaque », « Reponse prefecture depuis 1 an – 1167353099 » et « Reponse prefecture depuis 1 an – 1167353100 ». Par un courrier du 10 mars 2026, dont elle a pris connaissance le même jour, la requérante a été invitée à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours, sous peine d’irrecevabilité du recours. Mme B... épouse A... n’ayant pas produit les pièces jointes conformément aux dispositions de l’article R. 414-5 du code de justice administrative en les déposant dans des fichiers séparés et distincts et avec un inventaire conforme, sa requête est donc manifestement irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions de l’article R. 222-1, 4° précitées de ce code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... épouse A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... épouse A....
Copie en sera adressée au préfet du Gard.
Fait à Nîmes, le 7 avril 2026.
Le président de la 2ème chambre,
G. ROUX
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.