jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-1903092 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCAT BERKOUK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juin 2019, M. B A, représenté par Me Berkouk, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de Toulouse à lui verser la somme de 120 000 euros en réparation de l'aggravation de son préjudice professionnel qu'il impute à une infection nosocomiale contractée lors d'une opération réalisée dans cet établissement le 27 novembre 2002 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- du fait de l'aggravation de son état de santé, l'incidence professionnelle résultant de son infection nosocomiale s'avère plus importante que celle initialement indemnisée ; ne disposant d'aucune formation professionnelle particulière lui permettant d'envisager un travail non manuel, sa contre-indication au port de charges lourdes et à la station debout prolongée reconnue par l'expert en 2017 le prive de toute perspective de retour à l'emploi ;
- avant son opération, il percevait des revenus de 635 euros par mois en moyenne, sa perte de revenus est compensée à hauteur de 92,60 euros par mois par la caisse primaire d'assurance maladie, sa perte nette s'élève donc à 543 euros mensuels ; la perte globale de revenus jusqu'à l'âge de sa retraite est égale à 176 000 euros, sur laquelle 120 000 euros peut être regardée comme suffisamment certaine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2019, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, représenté par Me Cara, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
-la requête est irrecevable, faute d'être assortie d'un inventaire des pièces ;
-la nouvelle expertise ne révèle aucune aggravation de son état de santé ;
-l'incapacité de port de charges lourdes ne signifie pas une incapacité totale à toute activité professionnelle, il a d'ailleurs pu poursuivre une activité professionnelle sur des postes aménagés et exerçait une activité de peintre en intérim lors de sa nouvelle expertise ;
-l'activité professionnelle de M. A avant son opération lui procurait des revenus aléatoires, la perte de gains liée à son invalidité est donc incertaine.
Par ordonnance du 24 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 février 2022.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 17 décembre 2019.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 12 juin 2017, par laquelle le vice-président du tribunal a taxé les frais de l'expertise judiciaire.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Chalbos, rapporteure,
- les conclusions de Mme Nègre Le Guillou, rapporteure publique,
- et les observations de Me Montamat, représentant le centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a été opéré une première fois le 3 novembre 2000 d'une hernie discale L4-L5 gauche, à la suite de quoi il a pu reprendre ses activités professionnelle et sportive. Le 22 octobre 2002, il a été victime d'un accident de travail occasionnant un traumatisme dorsal et des douleurs lombaires. Les examens ont révélé une récidive herniaire ainsi qu'une fibrose cicatricielle L5-S1 pour lesquelles M. A a été opéré une nouvelle fois au centre hospitalier universitaire de Toulouse le 27 novembre 2002. Face à la persistance de douleurs invalidantes, M. A a été à nouveau hospitalisé et une spondylodiscite L4-L5 postopératoire lui a été diagnostiquée. Par un jugement du 20 décembre 2011, le tribunal administratif de Toulouse a reconnu la responsabilité du centre hospitalier universitaire de Toulouse du fait de cette infection nosocomiale et l'a condamné à verser à M. A une indemnité de 33 968,10 euros et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne une indemnité de 79 937,58 euros en remboursement de ses débours et de l'indemnité forfaitaire de gestion de 980 euros. Par un arrêt du 9 avril 2013, la cour administrative d'appel de Bordeaux a ramené ces sommes, respectivement, à 32 600 euros, 44 159,55 euros et 997 euros. Par une ordonnance du 17 juin 2015, le président du tribunal administratif de Toulouse a ordonné une expertise à la demande de M. A, en vue de se prononcer sur une éventuelle aggravation de l'état de santé de ce dernier. L'expert a remis son rapport le 6 juin 2017. Le 25 février 2019, M. A a adressé une demande d'indemnisation complémentaire au centre hospitalier universitaire de Toulouse, estimant que l'incidence professionnelle résultant de son infection nosocomiale s'était aggravée. Sa demande a fait l'objet d'une décision de refus du 10 avril 2019 par la directrice par intérim du centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Dans son jugement du 20 décembre 2011, le tribunal administratif de Toulouse, confirmé sur ce point par la cour administrative d'appel de Bordeaux le 13 mai 2013, a évalué à 11 000 euros l'incidence professionnelle résultant du déficit fonctionnel subi par M. A du fait de son infection nosocomiale, au regard de sa perte de chance de trouver un emploi manuel, de sa dévalorisation sur le marché du travail et de l'accroissement de la pénibilité de ses emplois. M. A soutient que l'incidence professionnelle qu'il subit s'est encore aggravée du fait de la détérioration de son état de santé en lien avec son infection nosocomiale. Il résulte toutefois du rapport d'expertise judiciaire du 18 mai 2017 que si M. A présentait toujours, au jour de l'examen, un syndrome rachidien sévère, il n'existe pour autant pas d'aggravation médico-légale de son état de santé depuis les derniers rapports d'expertise sur la base desquelles la première indemnisation a été faite. Contrairement à ce que soutient M. A, la contre-indication au port de charges lourdes et à la station debout prolongée, relevée par l'expert, n'est pas apparue postérieurement à sa première indemnisation et correspond à la description de l'état du patient au 29 août 2003, date de sa consolidation. M. A n'est donc pas fondé à soutenir que cette constatation de l'expert révèlerait une aggravation de son état de santé ni que ces contre-indications n'auraient pas été prises en compte par le tribunal lors de sa première indemnisation. Dans ces conditions, les conclusions de M. A tendant à l'allocation d'une indemnité complémentaire pour aggravation de son état de santé et de l'incidence professionnelle en résultant doivent, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne les dépens :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Les dépenses qui incomberaient au bénéficiaire de l'aide juridictionnelle s'il n'avait pas cette aide sont à la charge de l'Etat ". Aux termes de l'article 40 de la même loi : " L'aide juridictionnelle concerne tous les frais afférents aux instances, procédures ou actes pour lesquels elle a été accordée, à l'exception des droits de plaidoirie. / () / Les frais occasionnés par les mesures d'instruction sont avancés par l'Etat ". Aux termes de l'article 42 de la même loi : " Lorsque le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle est condamné aux dépens ou perd son procès, il supporte exclusivement la charge des dépens effectivement exposés par son adversaire, sans préjudice de l'application éventuelle des dispositions de l'article 75. / Le juge peut toutefois, même d'office, laisser une partie des dépens à la charge de l'Etat. / Dans le même cas, le juge peut mettre à la charge du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle partielle, demandeur au procès, le remboursement d'une fraction des sommes exposées par l'Etat autres que la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle des avocats et des officiers publics et ministériels ". Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".
4. Par décision en date du 17 décembre 2019, le bureau d'aide juridictionnelle a accordé au requérant le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 %. Les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal, avancés par l'Etat en application des dispositions de l'article 40 de la loi du 10 juillet 1991, ont été mis à la charge provisoire de l'Etat. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu, en application de l'avant-dernier alinéa de l'article 42 de la loi du 10 juillet 1991, de laisser les dépens à la charge de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle, taxés et liquidés à hauteur de 2 160 euros par ordonnance du 12 juin 2017 du vice-président du tribunal.
En ce qui concerne l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Le centre hospitalier universitaire de Toulouse n'étant pas la partie condamnée aux dépens dans le présent litige, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à sa charge une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par le centre hospitalier universitaire.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise sont mis à la charge définitive de l'Etat.
Article 3 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier universitaire sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au centre hospitalier universitaire de Toulouse et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 27 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Chalbos, conseillère,
Mme Jorda, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
La rapporteure,
C. CHALBOS
Le président,
D. KATZ La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef ;
N°190309
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026